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Mars 2020 : Bâtiments

Cotes archives : 1D29, 1D30, 1D34, 1D115, 3H35, 3H58, 3H66, 1M19, 1M20, 1M21, 1M23, 1M24, 1M35, 1M105, 1M109, 1M331, 1M332, 1M333, 1M334, 1M335, 1M336, 1M337, 1M343, 1185W32,

Les dépôts à travers la ville

 

Soumis à des inspections annuelles supervisées par le Maire de Troyes, les pompiers sont responsables de l’entretien et du bon fonctionnement du matériel, des 16 pompes à incendie et des 11 dépôts qui, le 27 décembre 1807, sont réparties ainsi : 5 pompes et paniers à l’Hôtel-de-Ville, 2 pompes au dépôt Saint-Nicolas et au dépôt Saint-Jean puis 1 pompe dans chacun des dépôts suivants : Trinité Saint-Jacques, Saint-Nizier, Saint-Pierre, Hospice, Lavoirs, Croncels, Trinité.
Ces dépôts peuvent être créés aussi bien dans des établissements communaux que chez des particuliers, dont l’habitation est située à un emplacement permettant une intervention rapide en cas d’incendie.

En 1833, les dépôts évoluent. Placés dans les quartiers de La Trinité, des Faux-Fossés, de Saint-Nicolas, de La Rave, du Pétal, de Saint-Jean, de Saint-Nizier (situé dans l’Ecole Normale), de Saint-Jacques, de L’Hospice, de Saint-Loup, de La Comédie et du Faubourg Croncels, certains dépôts sont conservés alors que d’autres sont délaissés au profit de locaux plus stratégiques. C’est dans ce contexte qu’un dépôt rue de la Grande Tannerie est envisagé. Beaucoup de séchoirs, de teintureries et d’apprêteurs sont installés dans cette partie de la ville et y établir un dépôt permettrait d’intervenir rapidement sur un sinistre. Ce projet se concrétise d’ailleurs en janvier 1835, par la location, auprès d’un particulier, d’un édifice utilisé pour la fermentation des vendanges. Situé au 80 bis rue de la Grande Tannerie, ce local, une fois transformé et aménagé correctement, permettra le stockage du matériel incendie.

La peur des incendies touche tous les quartiers de la ville, même ceux situés extra-muros. Ainsi dès 1831, certains habitants du quartier de la Vacherie rédigent deux pétitions pour obtenir un dépôt près de chez eux, d’autant plus que des pompiers habitent déjà sur place. Il faudra attendre que le quartier des Tauxelles soit doté de son propre dépôt pour, qu’en 1838, la Vacherie obtienne un dépôt et le matériel adéquat.

A partir de juin 1836, la ville constate vite que l’évolution technologique doit être prise en compte dans la gestion de chaque dépôt. Avec la modernisation du matériel, les dépôts deviennent parfois inadaptés pour le conserver.
De plus, l’installation de dépôt chez les particuliers, entrainant souvent le paiement d’un loyer, est contraignante et coûteuse. Il est donc fréquent que ces dépôts changent de place au bout d’une ou plusieurs dizaines d’années, tout en restant toujours dans le même quartier.

En 1865, un dépôt de pompe à incendie est envisagé rue des Marots. Le terrain, acquis en 1876 auprès d’un habitant du quartier, est à l’angle de la rue des Marots et d’un passage privé. En dehors du dépôt situé à l’Hôtel-de-Ville, c’est l’un des seuls bâtiments pour lequel un corps de garde est prévu sur place.

Plan à l’échelle 0.004 pm d’un terrain cédé par Louis Baudin-Marot à la Ville de Troyes pour l’établissement du dépôt de la pompe de la rue des Marots. Dressé par l’agent voyer, le 27 avril 1876, Troyes. Papier, 17,8×25,1 cm. Cote archives 1M337

Plan à l’échelle de 0.02 pm du dépôt de pompe prévu rue des Marots et comportant notamment la réserve de paniers et le corps de garde. Dressé par l’architecte de la ville, le 3 juin 1865, Troyes. Calque sur papier, 34×43 cm. Cote archives 1M337

Affiche pour l’adjudication des travaux de construction d’un dépôt de sureté à l’Hôtel-de-Ville et d’un dépôt de pompe rue Gautherin. Publiée par le maire, le 8 janvier 1873, Troyes. Papier, 37×47 cm. Cote archives 1M105

Effectivement, un autre poste de garde de Sapeurs-pompiers est installé dans la cour de la Caisse d’Epargne en 1870. Dix ans plus tard, une partie du grenier est transformé en dépôt pour y stocker des armes et l’habillement.

En 1873, la révision annuelle fait état de nombreux travaux à réaliser pour remettre à neuf l’ensemble des dépôts devenus insatisfaisants. Les travaux au dépôt de la Halle aux vins, du Faubourg Croncels, de Pétal, de la Rave, de Saint-Jacques, de la Vacherie, de la Bibliothèque, de l’Abattoir, des Tauxelles, de Preize, de Saint-Martin, des Marots, des Faux-Fossés Sainte-Savine, de Saint-Nicolas et celui des Jacobins-Halle aux blés engendrent un coût estimatif de 3 940 francs, à la charge de la ville. Celle-ci décide également, en 1873, d’installer un dépôt de pompe rue Gautherin, destiné au fonctionnement du poste de garde situé à l’Hôtel-de-Ville.

En décembre 1878, en pleine réorganisation de la compagnie des Sapeurs-Pompiers, la ville récupère la gestion et l’entretien du matériel incendie et décide alors de modifier le fonctionnement des dépôts. Les 10 pompes portatives étaient conservées jusqu’alors dans 7 dépôts : 3 à l’Hôtel-de-Ville, 1 à la Bibliothèque et 6 chez des particuliers situés rue de la Grande Tannerie, rue de Jaillard, rue Jacques Julyot, rue de la Trinité et rue Saint-Martin. Avec la nouvelle organisation, la ville de Troyes décide de supprimer tous les dépôts chez les particuliers pour rapatrier les pompes dans ses propres réserves. Ainsi, plusieurs dépôts sont créés au sein de locaux dit publics comme le musée, les écoles, la Halle aux grains mais également l’usine des eaux et fontaines. En 1888, on retrouve 24 dépôts à travers la ville, celle-ci n’ayant pas d’autres choix que de faire de nouveau appels aux particuliers pour maintenir des dépôts sur l’ensemble du territoire communal.

Hôtel-de-Ville

 

Le poste de pompiers, situé à l’Hôtel-de-Ville a toujours existé. D’abord corps de garde, il lui est adjoint divers locaux. Autonome, il est souvent remisé dans des petits bureaux au gré des changements de destination des locaux. C’est ainsi qu’en 1865, le poste de sapeurs-pompiers aménage, à ses frais, l’ancienne prison de la Garde Nationale désaffectée depuis sa dissolution en 1852, et la transforme en bureau d’administration et en magasin d’équipement et d’habillement.  De manière générale, le poste de l’Hôtel-de-Ville bénéficie rarement d’amélioration. Quelques travaux sont quand même réalisés mais sans changement majeur : en 1871 des travaux pour lutter contre le froid, en 1879 des réparations sur les tuyaux de gaz pour permettre à l’éclairage, très vétuste, de fonctionner sans intermittences ni irrégularités. Toutefois, en 1894, d’importants travaux sont mis en œuvres. Les grands incendies qui ont ravagés le Cirque, la Préfecture, la Filature des Moulins Brûlés et surtout celui de la rue Voltaire, ont permis de mettre en avant les difficultés de mobiliser  à temps la pompe à vapeur. Jusque-là stockée à l’usine des eaux, ce site trop excentré entrainait l’arrivée de la pompe allant jusqu’à 1h de retard après les premières alertes incendie. Le Conseil municipal décide alors d’aménager une écurie avec une chambre au sein de l’Hôtel-de-Ville (dans l’ancienne écurie militaire, servant à ce moment-là de bûcher, et dont l’entrée se fait au 23 rue Claude Huez). L’objectif est d’y installer cette pompe à vapeur ainsi que deux chevaux et un homme chargé de s’occuper d’eux et de transporter la pompe.

Plans à l’échelle de 0.01 pm pour le projet de construction d’un abri à destination de magasin, avec poste de pompiers. Dressé par l’architecte en chef, le 11 mai 1897, Troyes. Calque, 50,3×30,4 cm. Cote archives 1M20

En 1897, la Ville souhaite aménager des magasins au sein de la cour de l’Hôte-de-Ville et compte y aménager un poste de pompiers supplémentaire.

Deux ans plus tard, des travaux de restauration sont réalisés dans la remise du matériel à incendie pour pouvoir y loger la nouvelle échelle aérienne. En 1911, un hangar à bicyclette est installé à l’Hôtel-de-Ville pour l’Etat-major des Sapeurs-pompiers et en 1925, de nouveaux travaux d’aménagement dans le local du matériel sont encore réalisés pour pouvoir accueillir la nouvelle pompe automobile et pour stocker la grande échelle dans un local plus adapté.

Caserne et logements

 

Affiche pour l’adjudication des travaux d’aménagement prévus pour l’immeuble 3 place de la Préfecture en caserne de pompiers et de la Halle aux Grains en dépôt de matériel d’incendie. Publiée par le maire, le 4 août 1928, Troyes. Papier, 36,2×46,1 cm. Cote archives 1M331
A la fin de l’année 1927, avec la création d’un service permanent de sapeurs-pompiers, la ville n’a pas d’autre choix que de pourvoir aux logements de ces hommes et de leur matériel. Jusqu’ici en poste à l’Hôtel-de-Ville et logés dans des habitations avoisinantes, le conseil municipal décide d’aménager une caserne dans un immeuble appartenant à la ville, situé au n°3 place de la Préfecture et qui servait autrefois de dispensaire. Parallèlement, l’ancienne Halle aux grains, également située place de la Préfecture, est aménagée en dépôt de matériel d’incendie. Tous les travaux sont enclenchés et dès 1928, la caserne et la Halle aux grains bénéficient d’une remise à neuf de la plomberie, des parquets, de la toiture et de toutes les huisseries, de l’installation du gaz et du raccordement au réseau de tout à l’égout. En 1929, ce sont l’électricité et le téléphone qui sont établis dans les deux bâtiments.
Extrait du plan à l’échelle de 0.01 pm de l’aménagement de l’immeuble 3 place de la Préfecture en caserne de pompiers. Rez-de-chaussée. Dressé par l’architecte en chef, le 31 janvier 1928, Troyes. Papier, 88×45,3 cm. Cote archive 1M332
La caserne de la place de la Préfecture est un immeuble, reposant sur une cave et aménagé pour qu’au rez-de-chaussée on puisse y installer le bureau de la compagnie, trois logements, des remises et un point d’eau, le tout articulé autour d’une cour. Le premier étage est dédié au logement du capitaine tandis que le deuxième étage est destiné à accueillir trois logements supplémentaires. Un grenier vient terminer la structure.

Cependant, les travaux souhaités ne permettent de rendre viables uniquement 4 logements, en plus de celui du capitaine.

Plan à l’échelle de 0.005 pm pour un projet d’agrandissement de la caserne de pompiers situé place de la Préfecture. Anonyme, sans date, Troyes. Papier, 40,3×30,8 cm. Cote archives 1M333
Ce nombre restant donc très insuffisant pour loger tous les pompiers du service permanent, voire du service semi-permanent, la ville envisage très rapidement un agrandissement de la caserne en souhaitant construire de nouveaux logements sur les propriétés annexes. La ville, déjà détentrice du n°2 et 4 rue Saint-Paul, acquiert la propriété située au n°6 pour y édifier une nouvelle construction. Le projet, finalisé entre 1936 et 1937, prévoit donc la construction d’un immeuble de 12 logements répartis entre le rez-de-chaussée et trois étages.
La ville se renseigne également, en 1938, pour une nouvelle extension de la caserne et projette de construire sur la propriété située au n°1 et 3 rue Perdue mais également au n°5 place de la Préfecture, des logements, un lavoir, une salle de réunion et une remise pour du petit matériel.
Plans à l’échelle de 0.005 pm et à 0.02 pm du séchoir à tuyaux et du bâtiment d’exercice pour la caserne des pompiers. Dressé par le directeur des services techniques, le 11 octobre 1937, Troyes. Papier, 64×46,9 cm. Cote archives 1M343
Un séchoir à tuyaux et un bâtiment d’exercices pour les sapeurs-pompiers sont aussi à l’étude en 1938. L’installation d’un dispositif de séchage à air chaud pour les tuyaux est d’autant plus nécessaire que ceux-ci étaient séchés, depuis la fin des années 1870, à l’ancienne usine des eaux, dans de mauvaises conditions, les abimant. Une tour de séchage de 12m de haut est donc mise en chantier pour permettre de sécher des tuyaux de 20m pliés en 2, grâce à une chaufferie possédant un système de chaudière à air chaud et ventilateur. Le bâtiment d’exercice, accolé à la tour de séchage, se compose de 3 étages et doit permettre la réalisation d’exercices de sauvetage extérieurs à l’échelle et dans des puits profonds. L’ensemble doit être aménagé dans la cour de la caserne.
Afin de parachever le rassemblement des secours situés place de la Préfecture, un garage est construit en 1939 pour y entreposer quatre voitures au profit du service des ambulances qui doit être transféré à la charge des sapeurs-pompiers dès le début de l’année 1940.

A partir des années 1970, il est projeté de construire une nouvelle caserne et un bâtiment de logements dédiés aux pompiers. Le terrain est dans un premier temps acheté par la ville de Troyes. Situé à l’angle de la rue Jean Nesmy et de la Chaussée du Vouldy, il est finalement cédé, en 1971, au Syndicat Intercommunal à Vocation Multiple de l’Agglomération Troyenne, qui commencera la construction de la caserne peu de temps après.