Septembre 2019 : Compagnies particulières – Cavalerie, Artillerie et Francs-tireurs

Cotes archives : 1D12, 1D20, 3H3, 3H14, 4H82
Source bibliographique
Loi relative à l’organisation de la Garde nationale : donnée à Paris le 14 octobre 1791, The Newberry Library, consulté le 30 juillet 2019, fichier PDF consultable ici : https://ia601607.us.archive.org/3/items/loirelative00unse_20/loirelative00unse_20.pdf


Cavalerie :

Très vite après la création de la Garde nationale, il est autorisé, grâce à la loi du 14 octobre 1791, de mettre en place une ou deux compagnies de gardes nationaux à cheval. En province, son mode d’organisation (formation et nomination des officiers) est calqué sur le fonctionnement de la Garde nationale à pied. Sa composition, quant à elle, se base sur la Garde parisienne à cheval, dont l’uniforme sert également de modèle, excepté les boutons, mentionnant l’appartenance géographique de la compagnie. Par ailleurs, il est demandé à chaque homme de fournir sa monture.

En octobre 1814, la réorganisation des gardes nationaux prévoit, par une circulaire du Ministre d’Etat, la création éventuelle d’une compagnie de gardes à cheval pour les communes possédant suffisamment d’hommes. S’équipant toujours à leurs frais, ils sont répartis dans une compagnie de 2 pelotons, 4 sections, 8 brigades d’a minima 5 hommes, encadrés respectivement par un capitaine, un lieutenant, 2 sous-lieutenants, ainsi que 8 brigadiers. Leur uniforme est, cette fois-ci, similaire à celui des gardes nationaux à pied.
Suite à cette réorganisation, des officiers et sous-officiers de la garde à cheval sont rapidement nommés en janvier 1815 pour les patrouilles en dehors de l’enceinte de la ville.
En avril 1817, cette compagnie troyenne à cheval compte 44 gardes, 14 sous-officiers et 4 officiers.

La nature de son service nécessite, avec le temps, de bâtir une écurie. Le 23 décembre 1830, le conseil municipal vote sa construction et l’établie au sein de la cour de l’Hôtel-de-Ville, dans un emplacement situé derrière le dépôt de pompes à incendie.

Désarmée et dissoute en 1852, elle est brièvement réorganisée en 1870 pour combattre la Prusse. Armée et équipée par la ville de Troyes, la compagnie de gardes nationales à cheval disparait définitivement à la fin de la guerre.

Artillerie :

A l’image de la cavalerie, la loi de 1791 autorise, pour les villes en possession de pièces d’artillerie, la création d’une ou deux sections de canonniers par bataillon. Composée de 12 hommes, soit gardes sédentaires soit volontaires, la section est attachée à la compagnie de grenadiers, et commandée par un officier, deux sergents et deux caporaux. Leur uniforme se compose d’une veste, d’un pantalon et d’un habit bleu-de-roi.

A Troyes, la Garde nationale sédentaire étant réorganisée sous l’impulsion du Préfet de l’Aube, le 3 décembre 1800, celle-ci se voit adjoindre une compagnie de canonniers volontaires dont la mission est de garder et gérer les pièces d’artillerie appartenant à la ville. Tous les mois, la compagnie d’artillerie doit se présenter en uniforme et en armes pour passer en revue et réaliser des exercices de manœuvres.

Affiche de l’extrait de l’arrêté du règlement de la Garde nationale. Signée par le préfet de l’Aube, à Troyes, le 12 frimaire an IX. Papier, 35,6×45 cm. Cote archives 3H3

En janvier 1814, le roi Louis XVIII a l’intention de créer des compagnies d’artillerie de Garde nationale à Troyes. Celles-ci prennent forme rapidement et obtiennent un cadre plus formel avec la circulaire d’octobre 1814 qui, à l’instar de la possible création d’une compagnie à cheval, prévoit également la mise en place d’une compagnie de canonniers pour les communes désignées comme places de guerre ou militaires. Les hommes intéressés pour en faire partie doivent, d’une manière ou d’une autre, soit avoir servi dans l’artillerie militaire, soit avoir une profession les rendant aptes à suivre une formation. Leur uniforme est le même que celui porté par les soldats engagés dans l’artillerie de l’armée, exception faite des boutons blancs de la Garde nationale.

Dissoute, comme toute la Garde nationale, en 1852, la compagnie d’artillerie, regroupant une centaine d’hommes, est désarmée.

Francs-tireurs :

L’urgence du conflit franco-prussien de 1870-1871 entraîne la création de compagnies de Corps-Francs avec l’apparition, dans l’Aube, d’une compagnie de Francs-Tireurs.
Celle-ci n’est pas considérée comme faisant partie de la Garde nationale sédentaire, bien qu’elle soit placée sous les ordres du capitaine du 1er Bataillon de la Garde nationale de Troyes. Cette compagnie, d’un effectif de 150 hommes minimum, porte d’ailleurs le nom de ce capitaine qui les forme et les commande : La Compagnie Senet.
Suite à leur engagement volontaire, ces hommes sont rayés des contrôles de la garde mobilisée pour mener, le temps de la guerre uniquement, une guerre dite de partisans.
Leurs objectifs consistent, souvent dans des conditions difficiles voire extrêmes, à harceler l’ennemi et à ralentir sa progression, de toutes les manières que ce soit (interception des convois de vivres et de munitions, attaque des éclaireurs). Un conseil de discipline est normalement chargé de constituer la compagnie en choisissant des hommes déterminés, solidaires, avec un dévouement sans faille.

Formation des Corps-Francs. Rédigé par R. de Lignerolles Vallot, L. Tisserant, sans date. Papier, 27,6×43,8 cm. Cote archives 4H82