Mars 2019 : Bâtiments de la Garde nationale

Cotes archives : 1D5, 1D6, 1D12, 1D14, 1D19, 1D29, 2H32, 3H9, 3H11, 3H14, 1M115, 1M117, 1M118, 1M119, 1M330, 3R22


Plusieurs bâtiments à travers la ville sont mis à la disposition de la Garde nationale pour permettre son bon fonctionnement.

Place d’armes

La Révolution de Juillet 1830 et les changements politiques qui s’en suivent, donnent un nouveau souffle à la Garde nationale, qui regagne en prestige. Le conseil municipal de Troyes profite alors de ce nouvel élan patriotique pour augmenter les effectifs de sa Garde, dont l’exercice et l’instruction étaient devenus irréguliers. Au début du mois d’août 1830, la Garde à pieds passe de 1643 à 2223 hommes (service ordinaire et service de réserve confondus) et la Garde à cheval de 44 à 65 hommes.

Six mois plus tard, en février 1831, le Colonel de la Garde nationale expose alors au maire la nécessité absolue de trouver une autre place d’armes, plus adaptée pour effectuer les manœuvres des compagnies.

Jusqu’ici, la Garde nationale troyenne réalisait ses manœuvres d’entrainement sur la place de la Préfecture. Malheureusement, celle-ci se trouve dans un état d’encombrement tel que les gardes nationaux ne peuvent y recevoir une instruction correcte. Régulièrement occupée par les foires de mars et de septembre, la place de la Préfecture n’est pas toujours disponible lorsque la garde en a besoin. Par ailleurs, leur effectif nouvellement accru rend l’espace trop étroit pour le bon déroulement des exercices et des divers rassemblements tels que les revues et les inspections générales.

Les grands espaces étant peu nombreux dans et hors la ville, seuls deux emplacements peuvent prétendre à recevoir la Garde nationale : la place devant la porte Saint-Jacques et la place des Charmilles.

Le premier s’étend sur une superficie de 9820 m² et se trouve divisé en deux par une voie publique très fréquentée. Par ailleurs, la nouvelle loi du 22 mars 1831 impose à la Garde nationale des exercices réguliers : la nécessité de bénéficier d’un endroit dès le mois d’avril devient pressante. Or, l’espace situé à Saint-Jacques ne serait disponible que dans un délai d’au moins un an, après la démolition de la porte des remparts, la construction de deux pavillons d’octroi près du pont et le déblaiement des matériaux restants.

Le second emplacement, situé au lieu-dit des Charmilles, est une surface triangulaire d’un seul tenant de 11 235 m², bordé d’un côté par la Seine et de l’autre par des promenades et des rangées d’arbres. De plus, la suppression des arbres en son centre permet d’aménager suffisamment le lieu pour faire manœuvrer 1000 à 1200 hommes, l’équivalant de deux bataillons, et de les mettre en ligne de bataille sur 260 mètres de long. Le 5 avril 1831, l’abattage des 167 arbres centraux étant voté, la place d’arme est mise rapidement à disposition de la Garde nationale troyenne.

Champs de tir, tir à la cible

Après 1852, la place d’armes qui permet à la Garde nationale de s’exercer perd son utilité. Ce n’est qu’en 1870 que la Garde doit impérativement reprendre du servir et s’entrainer au tir. La ville qui loue, depuis plusieurs années, un terrain situé à Saint-Parres-aux-Tertres pour les exercices de la garnison, le met également à la disposition de la Garde nationale. Cependant, pour des questions pratiques, le conseil municipal acquiert, entre octobre et décembre 1870, plusieurs terrains au lieu-dit « Les Grèves », sur la commune de La Chapelle-Saint-Luc. D’une superficie de 55,30 ares et d’une longueur de piste de 250m, les objectifs de cette acquisition sont de transformer les terrains en un champ de tir pour la Garde nationale, de faire réduire voire de suspendre le montant de la location versé à la commune de Saint-Parres-aux-Tertres et d’occuper les ouvriers au chômage en temps de guerre. Quelques années après la dissolution définitive de la Garde nationale en 1871, ce terrain communal sera aliéné.

Écurie

La ville possédant une compagnie de Garde nationale à cheval, il est nécessaire de lui construire une écurie. Le 23 décembre 1830, le conseil municipal vote sa construction et l’établie au sein de la cour de l’Hôtel-de-Ville, dans un emplacement situé derrière le dépôt de pompes à incendie.

Après la dissolution de la Garde nationale en 1852, ces écuries ont probablement été mises en location. Une nouvelle Garde nationale à cheval est constituée pour les besoin de la guerre en 1870 mais celle-ci n’entraine aucun aménagement particulier.

Casernement et postes

Les gardes nationaux patrouillent à travers la ville et stationnent à divers points plus ou moins stratégiques, tel que le poste de factionnaire pour garder la caisse du trésor impérial, les portes des remparts ou encore l’Hôtel-de-Ville.

Des réfections sont régulièrement demandées pour lutter contre la vétusté des lieux mais ce n’est que le 19 mai 1835 que la mairie aménage un nouveau bureau pour la Garde nationale dans ses locaux.En 1815, le corps-de-garde aménagé au sein de la mairie est entièrement mis à la disposition de la Légion de l’Aube, obligeant les gardes nationaux à s’installer en hiver dans les bureaux municipaux et entrainant une gêne à la fois pour les employés et pour le public. Fin janvier 1816, la ville engage alors dans l’urgence des travaux pour établir un corps-de-garde au sein du grand magasin de la mairie, donnant sur la rue des Bûchettes (actuelle rue Claude Huez). En avril de la même année, un autre corps-de-garde, celui-ci réservé à l’officier de garde, est également envisagé.

Les gardes nationaux surveillent également les dépôts de poudrières disséminés à travers la ville. C’est le cas de celui installé près de la caserne de l’Oratoire en 1830 et à celui des Charmilles, rénové et aménagé en 1848.

Au fil des décennies, le nombre de postes en faction à l’intérieur de la ville évolue peu. En 1870, il en existe sept. Chaque jour, 80 hommes se répartissent entre le poste de l’Hôtel-de-Ville, du faubourg Croncels, à l’octroi du faubourg Saint-Jacques, du pont vert au faubourg de Preize, du faubourg de Sainte-Savine, de la Préfecture et enfin au poste de la Poudrière des Charmilles.

Le bureau situé à l’Hôtel-de-Ville est occupé uniquement par la Garde nationale sédentaire. Très vite, sont état de délabrement avancé alerte le Commandant et dès septembre, il bénéficie d’un grand nettoyage et réaménagement, le lit de camp qualifié « d’infect » est restauré et un petit espace accolé au corps-de-garde est transformé pour devenir le bureau du chef de poste. Tous les autres postes extérieurs, qui n’ont aucun aménagement particulier hormis des matelas et des traversins pour les gardes de nuit, sont exclusivement occupés par les gardes mobiles de passage à Troyes. Leur rôle est de surveiller les entrées et les sorties des personnes et d’arrêter celles qui leurs semblent suspectes.

Les gardes nationaux non sédentaires sont incorporés à l’armée et nécessitent un casernement au sein de la ville, chose jusque-là réservés aux militaires. Une bonne partie vit chez l’habitant et sont à leur charge. Ce procédé a plusieurs inconvénients : il est financièrement lourd à porter pour la population et la municipalité, il est source de problème d’hygiène publique et surtout il favorise l’indiscipline et le relâchement des troupes, qui sont moins réactives aux appels de ralliements lancés par leurs officiers.

Prison de la Garde nationale

À partir du 8 novembre 1831, le maire de Troyes met à disposition de la Garde nationale une petite prison, installée au sein de l’Hôtel-de-Ville et qui diffère de la maison d’arrêt. En effet, ce petit local est réservé à la détention des gardes nationaux qui enfreignent le règlement et qui, suite à leur passage devant le conseil de discipline, doivent purger un à trois jours d’emprisonnement. Les peines encourues étant courtes, il est décidé, pour éviter tout inconvénient aux gardes nationaux qui représentent quand même l’autorité locale, qu’ils effectuent leurs sanctions dans un lieu éloigné des détenus condamnés à des peines plus lourdes.

La fonction de geôlier est alors confiée au concierge de l’Hôtel-de-Ville, qui est rétribué pour cette nouvelle mission.

En 1832, des premiers aménagements sont prévus pour se conformer à la directive du maire. Ainsi, des réparations sont prévues dans une des caves de l’Hôtel-de-Ville avec sa remise en état et la construction d’une fosse d’aisance, afin qu’elle puisse servir de salle de police.

Une adjudication de travaux est réalisée le 26 septembre 1834 pour l’établissement de deux violons, soit deux cellules, attenants au corps-de-garde et destinés à des peines d’emprisonnement temporaire.

En activité jusqu’en 1852, cette prison sert pour divers usages après la dissolution de la garde. Toutefois, à partir de 1865, le local est mis à disposition de la compagnie des sapeurs-pompiers et devient à la fois bureau d’administration et magasin d’habillement et d’équipement.

Hôpital

En temps normal, les gardes nationaux n’ont pas besoin d’un hôpital qui leur soit réservé. Effectivement, majoritairement sédentaires et civils, ils peuvent être soignés en-dehors de leur service dans l’hôpital local. Cependant, dans le contexte exceptionnel de la guerre franco-prussienne de 1870, une partie de la Garde nationale devient mobilisée. Ce détachement, transféré sous l’autorité militaire, part en campagne en tant que troupes de passage et bénéficie des mêmes soins que les soldats.

À Troyes, dès le 18 octobre, de nombreux malades appartenant à la Garde mobile affluent chaque jour à l’hôpital, atteignant le chiffre total de 150 patients. À ce chiffre, il convient d’ajouter les 50 à 60 hommes soignés chez les habitants. Puisque normalement l’hôpital doit être affecté en premier lieu à la population, le maire tente de mettre à la disposition de l’Intendance militaire et des troupes de passage, soit la caserne, soit un bâtiment spacieux pour recevoir les soldats malades. Une partie des ambulances installées dans les établissements scolaires ayant fermé suite à la rentrée des classes, il devient donc urgent de trouver des locaux réservés aux gardes mobiles. À cela s’ajoute un problème de salubrité publique car les hommes logés et soignés chez l’habitant sont souvent atteints de fièvre et multiplient les foyers de contagion.

La ville sollicite le préfet pour réquisitionner auprès l’autorité diocésaine et l’administration du Lycée, le petit séminaire et le Lycée pour y établir d’un côté une caserne et de l’autre un hôpital militaire.

Hotel de Ville
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