Juillet/Août 2019 : Compagnie de musique

Cotes archives : 1D6, 1D19, 2D1, 3H11, 3H14, 1R438
Source bibliographique : « Jean-Claude-Policarpe Munier. Trompette-major du 8e Régiment de Hussards puis Trompette-major de la ville de Troyes », Carnet de la Sabretache, Ed. J. LEROY et Cie, Paris, 1911, n°225, tirage à part
MEIGNIEN Jean-Marie, « Musique et sociétés musicales dans l’Aube du XIXe siècle », La Vie en Champagne, n°10, avril-juin 1997, Troyes, p. 10-26
Base de données Léonore, Notice MUNIER Claude Jean Policarpe, Archives nationales, consulté le 12 juin 2019 et consultable ici :
http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/leonore_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=NOM&VALUE_1=MUNIER


Dès la fin du XVIIIe siècle, la Garde nationale de Troyes se dote d’une compagnie de musique.
Les instruments et l’habillement de cette compagnie ne sont pas à la charge des hommes mais sont inclus dans le budget de la Garde nationale. Ces musiciens reçoivent un traitement qui est également intégré dans le budget.

Au début des années 1800, le revenu annuel d’un tambour-major est de 288 francs alors que celui d’un tambour est de 144 francs. Cette rémunération est cependant dépendante du nombre de prestations réalisées à l’année.

Entre 1814 et 1817, une nouvelle organisation de la Garde nationale de Troyes voit le jour, répartissant les hommes entre deux bataillons, chacun composé d’une compagnie de grenadiers, une de chasseurs et de quatre compagnies du centre. Une compagnie de garde à cheval est également créée en marge des bataillons. Cette nouvelle répartition a une incidence sur le rattachement des postes de musiciens. Ainsi, dans chaque compagnie de grenadiers se trouve deux tambours, dans celle de chasseurs il y a deux cornets, un tambour est présent dans chaque compagnie du centre et une trompette dans la compagnie de garde à cheval. Dans l’ensemble, 17 hommes sont soldés sur le budget de la garde, chacun d’eux recevant 72 francs. Le tambour-major reçoit également une gratification, s’élevant à 144 francs.

Leurs équipements n’étant pas renouvelés tous les ans, les commandes sont réalisées pour le plus grand nombre. En 1832, une demande est mise en œuvre pour que l’uniforme des tambours soit semblable à celui de la garde nationale, c’est-à-dire un habit avec 9 boutons droits estampillés de l’arme à laquelle il appartient et un pantalon bleu de forme droite et large avec un passepoil rouge. Le galon en laine doit être de 25 millimètres sur le collet et les retroussis doit être également ornés soit de grenades soit de cors de chasse. Le bonnet est également bleu avec un passepoil rouge doublé en peau, sans galon et avec une houppe rouge.
L’habit du tambour-maitre est similaire à celui du tambour, à ceci près qu’il possède un galon aux manches et des épaulettes de sergent de grenadiers. Les boutons et les galons sont en argent.
Quant à l’uniforme du tambour-major, celui-ci reste inchangé et est exact au modèle validé par le Général Commandant en chef des Gardes nationales du Royaume, le marquis de Lafayette.

Extrait du cahier des charges pour l’habillement de la Garde nationale de Troyes. Anonyme, Troyes, 1832. Papier, 17,4×22 cm. Cote archives 3H11

En 1848, l’ajout d’un bataillon supplémentaire à la Garde nationale troyenne augmente le nombre de tambours, passant ainsi de 20 à 36. Cet accroissement nécessite par ailleurs l’acquisition de 16 caisses pour les nouveaux nommés, qui se voient également octroyer une solde.

En 1850, le traitement du tambour-major est passé à 125 francs alors que celui des deux caporaux-tambours est de 115 francs chacun. Le poste de la grosse caisse obtient 80 francs tout comme les deux caisses claires et les 32 tambours. La compagnie d’artillerie possède deux postes de trompettes soldés à 97 francs chacun alors que le poste de trompette de la garde à cheval reçoit 250 francs par an, ainsi qu’une indemnité de loyer pour son cheval. Leur habillement, l’entretien et la réparation de leurs instruments sont toujours inclus dans le budget de la garde.
La compagnie de musique, à l’instar de toute la garde nationale troyenne, disparait en 1852.

Biographie de Claude Jean Policarpe Munier

Né le 24 janvier 1772 à Troyes, il est marié à Marie Anne Charlotte Gauthier, avec laquelle il aura deux fils, Victor Édouard Adolphe, né le 13 juillet 1805 et Jules, né le 28 janvier 1809.
Militaire de formation et de carrière, Claude Jean Policarpe Munier s’est illustré en tant que trompette-major dans de nombreux conflits avec le 8e Régiment de Hussards. Il en ressort souvent blessé, jusqu’au jour où une balle lui fracture la jambe gauche, le rendant inapte au service. Après 8 campagnes militaires il est mis à la retraite en 1801 et, une fois guéri de ses blessures, devient trompette-major dans la police de la ville de Troyes. Quelques années plus tard, en 1805, il est intégré en tant que trompette-major dans la garde d’honneur formée à l’occasion du passage de Napoléon 1er dans la ville. En 1814, la campagne de France est marquée par l’invasion du pays dont le département de l’Aube. Alors qu’il était toujours employé par la mairie, Claude Munier a fait preuve d’un dévouement sans faille.

État de services et campagnes du Sieur Claude Jean Policarpe MUNIER, ex trompette-major au 8e Régiment de Hussards. Dressé par le sous-intendant militaire, copie conforme à celle rédigée par les membres du conseil d’administration, le 23 février 1809, Strasbourg. Papier, 35,8×23 cm. Cote archives 1R438

Parallèlement, et ce, dès le début de la Garde nationale, Claude Munier occupe le poste de trompette-major de la Garde nationale à cheval, dès sa démobilisation et jusqu’à ce que sa santé ne le lui permette plus.

Portrait de Claude Jean Policarpe MUNIER en uniforme de garde nationale (description de l’uniforme page 7). Extrait du Carnet de la Sabretache, Paris, 1911. Papier, 16×24,9 cm. Cote bibliothèque 923MUN

 

 

Ayant rendu de nombreux services et pour récompenser ses actes de bravoure, il reçoit diverses médailles et est nommé chevalier de la légion d’honneur le 30 avril 1833.
Agé de 88 ans, il décède le 5 mars 1860 à son domicile troyen.

Exception thrown

Operation timed out after 10000 milliseconds with 0 bytes received