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Mai 2019 : Armement

Cotes archives : 3H8, 3H10, 3H13, 3H14, 3H15

Dès les premières années d’exercices de la Garde nationale, la loi de 1791 interdit à tout garde national, qu’il soit gradé ou non, de prendre les armes sans l’ordre direct de l’autorité municipale, c’est-à-dire du maire de la ville.
Par ailleurs, le service ordinaire s’effectue sans distribution de cartouches. Ainsi, les gardes armés qui accomplissent leur devoir en temps normal n’ont pas de munitions pour éviter tout incident.

Mai 2019 : Affiche instruction des armes portativesVoir l'image en grand Affiche sur l’Instruction sur l’entretien et la conservation des armes portatives. Extrait du Manuel de l’Infanterie du 24 septembre 1826, imprimé par l’imprimerie royale en décembre 1830. Papier, 48x60,5 cm. Cote archives 3H10

En tout temps, l’Etat se charge de fournir les fusils et les mousquets aux communes. À Troyes, en 1826, une caisse de 24 fusils est retrouvée dans un ancien local de la Préfecture. Supposant que cette caisse est à destination du service de la Garde nationale, le Préfet décide de la remettre à la Garde nationale de la ville de Troyes pour que celle-ci soit entreposée avec les autres armes au dépôt, au sein de la mairie.
La Ville possède également de l’artillerie et se ravitaille régulièrement. En 1828, elle souhaite demander à Son Excellence ministre de la Guerre, deux bouches à feux calibre 4 montées sur affût et son avant-train. Ce genre de pièces nécessite tout un équipement spécifique pour son bon fonctionnement (levier de pointage, écouvillon, tire-bourre, dégorgeoir emmanché et à vrille, doigtier, sac à étoupilles et à cartouches, étui à lance à feu, boule-feu, porte-lance, seau et coffret à cartouches).

L’entretien des armes dites portatives est très important et reste à la charge de chaque garde national. Le Manuel de l’Infanterie, publié le 24 septembre 1826, consacre tout un passage à leur entretien. Ce manuel permet d’instruire les gardes nationaux pour qu’ils s’occupent de leurs armes correctement et qu’ils apprennent, étape par étape, à démonter et remonter un fusil, à le nettoyer en fonction de son état d’usure (avec notamment de l’émeri et de l’huile d’olive) et pour prévenir toutes dégradations.  

Suite aux divers bouleversements politiques qui ont eu lieu en 1830 et au remaniement de la Garde nationale en 1831, la ville de Troyes réalise, le 6 février 1832, un inventaire de son armurerie. Il permet de constater qu’entre 1830 et 1831, l’État, souhaitant répondre favorablement à une demande formulée par le Commandant de la Garde nationale de Troyes, met à sa disposition un nombre important de fusils. Sur les 1500 demandés, l’Etat ne peut lui fournir que 1280 fusils d’infanterie modèle 1816 rectifié. Ceux-ci, expédiés par la Garde d’artillerie de la Place de Vincennes, proviennent à l’origine, des fabriques de Charleville et de Maubeuge. Tous ces fusils sont équipés de baguettes, de baïonnettes, de pierres à feu et de tire-balles. Au début des années 1830, le colonel commandant reçoit également 105 mousquetons et 70 pistolets.

Mai 2019 : Affiche garde nationale - inspection des armesVoir l'image en grand Affiche sur la Garde nationale pour l’inspection des armes et équipements. Publiée par le maire, Troyes, le 26 mai 1849. Papier, 36,5x47 cm. Cote archives 3H13

La distribution de ces armes s’effectue rapidement et sur les 1280 fusils nationaux, 1027 sont destinés aux gardes nationaux, 13 aux pompiers et les 240 fusils restant sont maintenus en dépôt au magasin municipal. L’artillerie reçoit 80 mousquetons et les sapeurs en récupèrent 25 alors que les 70 pistolets sont délivrés à la Garde nationale à cheval. La Ville de Troyes met également à disposition de la Garde nationale un équipement bien précis : 400 sabres et fourreaux, 450 gibernes et tout autant de porte-gibernes et de fourreaux à baïonnettes ainsi que 450 corps de chasse et grenades.

Les gardes nationaux sont responsables du bon entretien de leurs armes et équipement et doivent subir des inspections, par les officiers d’artillerie et le Contrôleur d’armes. Lors de ces inspections, les gardes nationaux détenteurs d’armes de guerre doivent prendre leurs dispositions pour les présenter en bon état.

Affiche sur la remise des armes de guerreVoir l'image en grand Affiche sur la remise des armes de guerre. Publiée par le maire de Troyes, à Troyes, le 20 janvier 1852. Papier, 49,5x64,1 cm. Cote archives 3H13

Le 11 janvier 1852, Louis-Napoléon Bonaparte décrète la dissolution des gardes nationales sur l’ensemble du territoire. Confirmé, dans l’Aube, par l’arrêté préfectoral du 16 janvier, le maire de Troyes met fin à la Garde nationale sédentaire sur la commune et organise son désarmement. Ainsi, entre le 26 janvier et le 2 février 1852, les 6 compagnies de chacun des trois bataillons, de même que la compagnie d’artillerie, celle des sapeurs porte-hache et enfin celle de la cavalerie, déposent les armes. Également désarmée, la compagnie des sapeurs-pompiers reste cependant en activité exceptionnelle en cas d’incendies et de manœuvres d’exercices.

Non seulement obligé de rendre les armes (fusils, tire-balles, sabres-briquets, poignards, mousquetons, pistolets), chaque garde national, qu’il soit gradé ou non, doit redonner également tout son équipement tel que la giberne, le porte-giberne, le baudrier de sabre et le fourreau de baïonnette.

Cette opération de désarmement étant très encadrée, la détention d’armes de guerre, au-delà de la date prévue, est passible de peines formulées dans la loi du 24 mai 1834 (article 3) allant d’un mois à deux ans de prison et de 16 à 1 000 francs d’amende.

Mai 2019 : Affiche présentant 3 actes administratifsVoir l'image en grand Affiche présentant trois actes administratifs : un décret sur la Défense Nationale, pris par Léon Gambetta, membre du gouvernement ministre de l’Intérieur et de la guerre, à Tours, le 14 octobre 1870 ; un arrêté pris par le Capitaine de vaisseau Lafont déclarant le département de l’Aube en état de guerre, à Troyes, le 19 octobre 1870 ; un arrêté de Lignier, préfet de l’Aube sur l’armement des gardes nationaux, à Troyes, le 19 octobre 1870. Imprimée par la Préfecture, Troyes, octobre 1870. Papier, 52,5x69,5 cm. Cote archives 3H14

Toutefois, une fois la guerre terminée, les gardes nationaux mobilisés sont licenciés et leurs équipements sont retournés à la caserne de l’Oratoire. Les 40 revolvers de la Garde à cheval sont vendus en 1872 et en juillet 1873, un inventaire du dépôt d’armes et de munitions situé à l’Hôtel-de-Ville est réalisé : 10 fusils à percussion, 226 fusils à silex sans baïonnettes ou incomplets, 31 canons de fusils, 134 baïonnettes de diverses grandeurs, 83 sabres-briquets avec fourreaux, 1 sabre de sous-officier, 103 boulets de canons avec leurs sabots en bois sont stockés à la mairie en attendant d’être remis, mi-juillet, dans l’arsenal de Vincennes appartenant à l’Etat.

Cette même année, l’Etat réclame une somme de 2280,99 francs pour frais de réparation des armes redonnées en mauvais état voire complètement détériorées. La ville de Troyes pensant ne pas être dans l’obligation de rembourser cette somme, réfute cette réclamation. En 1875, l’Etat revoit sa position et tient compte de la situation financière de la ville, abaissant sa réclamation à 1140 francs. Malgré tout, le conseil municipal refuse toujours de payer. Le préfet prend donc la décision, en 1876, d’inscrire d’office cette somme au budget additionnel de la Ville de Troyes qui est donc obligée, en vertu de la loi du 13 juin 1851 et du décret du 11 janvier 1852, de rembourser l’Etat.

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