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Louis Cointre, judoka - Musée d’Art Moderne de Troyes

Louis Cointre, judoka - Musée d’Art Moderne de Troyes

Louis Cointre - JudokaVoir l'image en grand« Né à Reims le 8 janvier 2001, j’ai grandi à Troyes avant de rejoindre le Pôle Espoir de Dijon en 2016, à tout juste 15 ans. »

Comment s’est faite la rencontre avec ton sport ?

« À 6 ans, je découvre la pratique du judo à l’ASPTT Troyes. Rien ne me prédestinait à la pratique d’un sport de combat. Aucun de mes parents n’a pratiqué le judo.
J’étais un garçon calme et posé, attiré comme beaucoup d’enfants par la pratique du foot, mais impressionné par le côté spectaculaire des chutes au judo. J’ai progressivement pris goût à la pratique de ce sport et ai rapidement découvert la compétition.
Il faut dire que j’ai eu la chance de rencontrer des entraîneurs sportifs investis qui m’ont donné envie d’aller plus loin, au milieu d’une bande de copains. Nous sommes plusieurs de ma génération à être passés par les tatamis de l’ASPTT. Nous avons grandi ensemble. En 2012 je suis Patrice, mon entraîneur, et rejoins le Cercle Aubois des Arts Martiaux (CAAM) à Saint-André.
A la fin du collège, je fais part à mes parents de mon intention d’intégrer une section sport-étude. Je passe les sélections avec succès et rejoins en septembre 2016 le Pôle espoir de Dijon. »

Quel est ton quotidien en Pôle Espoir ?

« Je suis scolarisé au lycée Jean-Marc Boivin à Chevigny-Saint-Sauveur, J’y ai retrouvé des camarades de club.
Aujourd’hui ceinture noire, j’évolue dans la catégorie junior, en moins de 73 kg. Le passage de cadet à junior constitue un cap. La différence de niveau est nette.
Le fait d’avoir intégré une section sport-étude me permet de suivre des entraînements quotidiens alternant musculation, séances de cardio et travail technique tout en poursuivant mes études. En structure, nous bénéficions d’un emploi du temps aménagé. La gestion de la récupération reste malgré tout l’étape la plus difficile à gérer. Le dépassement de soi, vaincre ses peurs, la gestion de son poids (le judo est en ce sens un sport exigeant), les valeurs du judo (politesse, courage, amitié, contrôle de soi, sincérité, modestie, honneur, respect) font partie de mon quotidien.
L’expérience de la vie en Pôle m’a ouvert la voie de l’autonomie. Elle me permet de voyager. J’ai découvert cette année le Japon, le rêve de tout judoka. C’était énorme. Je suis rentré des images plein la tête. Je nourris l’espoir de pouvoir un jour y retourner que ce soit par la pratique du judo ou pas. Je recommande la voie du Pôle espoirs à toutes celles et ceux qui seraient tentés et qui ont la chance d’avoir les moyens de le faire et des parents qui peuvent les soutenir. »

Quel est ton plus beau souvenir de compétition ?

« Médaille d’or au demi-finale du championnat de France à Troyes, je me qualifie en 2018 pour la finale du championnat de France et suis titré en équipe, Champion de France UNSS, une belle aventure collective. »

Quels sont tes objectifs pour les années à venir ?

« Cette année, il m’a fallu me concentrer sur mes études. Tous les judokas ne peuvent devenir des Douillet ou Riner. Si Teddy Riner me fait rêver, je suis lucide sur mes capacités et l’essentiel pour moi est de continuer à progresser et prendre du plaisir tout en construisant mon avenir. J’espère pouvoir intégrer la filière STAPS après mon bac et me verrai bien évoluer dans le milieu de la réadaptation fonctionnelle. J’ai encore quelques mois pour faire mon choix.
Sur le plan sportif, j’espère dès l’année prochaine me frayer un chemin en junior. Je serai junior 2 et aurai encore gagné en force et maîtrise.
Le judo, c’est beaucoup d’heures d’entraînement et en quelques secondes, arrivé en compétition, on peut tout perdre et voir ses espoirs s’envoler. Il faut sans cesse savoir se relever et tirer enseignement de ses échecs. Il faut aussi parfois soigner ses blessures physiques… Le judo est en ce sens un sport qui permet de se construire et gagner en maîtrise de soi. »

Pourquoi avoir accepté de participer à cette campagne ?

« Participer à la campagne Fier de Troyes était pour une nouvelle expérience.
Le côté mise en scène et décalé m’a particulièrement plu. C’était pour moi le moyen de témoigner mon attachement au territoire et un moyen de mettre mon sport en avant et donner envie aux plus jeunes de s’initier à sa pratique. Ma démarche est désintéressée et c’est en toute humilité que je me suis prêté au jeu. Je le vois comme un clin d’œil à toutes celles et ceux qui m’ont accompagné et me suivent. Pour le meilleur et pour le pire ! »

Son club : Le CAAM judo à Saint-André les Vergers

Le lieu : le Musée d’Art moderne de Troyes

Le Musée d’Art moderne est l’un des 9 musées troyens, dont 6 municipaux labellisés Musées de France.
Né en 1982 de la donation à l’État des collections réunies par Pierre et Denise Lévy, il est installé dans l’ancien évêché de Troyes situé place Saint- Pierre, au chevet de la cathédrale.
Classé Monument Historique en 1908, il abrite une remarquable sélection de peintures, sculptures, dessins, verreries et céramiques, brossant un panorama des courants majeurs de l’art français, de 1850 à 1960. Des œuvres de Bonnard, Braque, Courbet, Degas, Despiau, Dufy, Friez, Gris, La Fresnaye, Maillol, Mare, Marquet, Matisse, Millet, Picasso, Rodin, Rouault, Soutine, Vallotton, Van Dongen, Vuillard… côtoient des ensembles significatifs consacrés aux Arts Premiers (Afrique, Océanie) ou à la production d’André Derain et de Maurice Marinot, tous deux familiers des Lévy.

Fermé pour rune restructuration complète, il rouvrira ses portes avec une scénographie et des jardins entièrement remodelés fin 2020.

L’œuvre, Les coureurs de Robert Delaunay

Louis est photographié devant le tableau Les Coureurs de Robert Delaunay (1885-1941) peint au moment des JO 1924 de Paris.

(Huile sur toile, vers 1924- Historique : ancienne collection du couturier Jacques Heim Donation Pierre et Denise Lévy, 1975- Troyes, musée d’Art moderne - No inv. : MNPL 51)

Les années 1920 représentent pour Robert Delaunay une phase d’hésitation durant laquelle il retravaille des sujets des années 1912-1913 et peint, de manière assez traditionnelle. Les œuvres de cette période sont donc essentiellement figuratives et réalistes. En 1924, il revient au thème du sport avec un nouveau sujet, celui des Coureurs, qui lui est probablement inspiré par les Jeux Olympiques d’été qui ont eu lieu à Paris cette même année. Pour Delaunay, la modernité est liée au mouvement, à la vitesse et c’est en ce sens qu’il saisit ces cinq coureurs en pleine course dans un stade. Alternant, comme dans un collage, les zones claires et les zones sombres dans un jeu de quadrilatères de tailles inégales, il insuffle à sa composition rythme et profondeur. Loin d’être figé, le mouvement est ainsi rendu par l’étagement sur deux plans des figures, la scansion de l’arrière-plan, l’estompé des jambes, le choix d’un cadrage resserré où le sujet est volontairement coupé en bas à gauche et par les lignes blanches au sol qui accentuent la composition oblique.

Cette vaste série de dessins, de huit toiles réalisées entre 1924 et 1926 et d’une dernière peinte en 1930 incarne également son tiraillement de l’époque entre un rendu réaliste ou abstrait. En effet, ce tableau est l’un des plus réalistes, notamment au niveau du rendu du modelé des visages, contrairement à d’autres versions où les figures se résument à de simples cercles de couleurs pour les têtes et les maillots des sportifs à quelques rayures transversales. À la différence des versions ultérieures, le disque rouge, symbolisant probablement le soleil, n’est pas représenté. L’artiste tend à une synthèse des formes qui passe par le contraste entre les plages de couleur mais dont il tempère le rendu abstrait en ajoutant les numéros des dossards en 1926.


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