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La révolte des vignerons

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Le 17 décembre 1908, le département de l’Aube, qui compte alors seulement 6 producteurs de Champagne, est exclu des limites géographiques de la Champagne viticole fixées par le Conseil d’Etat : l’appellation est réservée à la Marne et à quelques cantons de l’Aisne.

Les espoirs des vignerons aubois de pouvoir néanmoins continuer d’y vendre leurs jus sont anéantis par la Loi de finances de janvier 1911, qui les prive de revenus substantiels.

En réaction, les Aubois exigent à plusieurs reprises, leur entrée dans la zone délimitée, en vain. La Fédération des vignerons, créée le 29 janvier sous la présidence d’honneur du député Paul Meunier, obtient du gouvernement la création d’une commission d’enquête. Ses membres visitent le vignoble du 12 au 14 mars, mais leurs conclusions favorables sont invalidées par le président du Conseil.

Suite à cette décision, les vignerons se révoltent et organisent, le 9 avril 1911, une grande marche de protestation entre Bar-sur-Aube et Troyes. Les manifestants armés de fousseux, outils semblables à une pioche qui, redressés, rappellent un fer de lance, sont surnommés les Bataillons de fer.

Près de 20000 manifestants se regroupent à Troyes, pour une manifestation au son des fanfares, clairons et tambours. Chaque commune participant au cortège est précédée d’une pancarte à son nom, et de nombreux drapeaux rouge ou tricolore sont cravatés d’un crêpe noir.

La foule immense se réunit place de la Préfecture pour écouter les discours d’ Eugène Rambourg, sénateur de l’Aube, Charles Lemblin-Armand, maire de Troyes démissionnaire à l’instar de 429 Conseils municipaux solidaires sur les 446 du département, et Gaston Cheq, président de la Ligue de défense des Vignerons de l’Aube.

Malgré de vives tensions avec les gendarmes, l’Internationale est même entonnée, les manifestants se dispersent dans le calme.

Le conflit se poursuit et plus de 5000 militaires surveillent le vignoble pendant plusieurs mois. Ce n’est qu’en 1927 qu’une loi réintègre les terroirs de l’Aube à la zone d’appellation contrôlée aux trois conditions suivantes : l’origine (vignes actuelles ou plantées avant l’épidémie de Phylloxéra des années 1890), l’aire d’appellation (les parcelles sont à délimiter pour chacune des 70 communes sélectionnées), les cépages (le pinot plutôt que le gamay) et sous réserve d’utiliser les méthodes traditionnelles de fabrication, mettant ainsi fin à la révolte.


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