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Décembre 2018 : Cimetière et tombes militaires

Cotes archives : 1D61, 1D64, 1D65, 1D66, 1D69, 1D70, 1D71, 1D73, 1D74, 1D75, 1D76, 1D78, 1D76, 2I75, 4H211, 2M90, 20W165, 20W169, 21W4, 21W7, 21W9, 21W14, 21W18, 21W21, 21W25, 21W27, 21W28, 21W29, 21W40, 24W89

Sources bibliographiques : « Inauguration. Tombes de regroupement carré militaire. Rénovation du Monument aux Morts. Cimetière de Troyes. 11 Novembre 2014 », Commémoration Centenaire 14-18, Ed. Ville de Troyes, Troyes, 17 juin 2014, p. 49.

En-tête du souvenir françaisVoir l'image en grand En-tête du Souvenir Français. Imprimée à Neuilly, en 1903. Papier, 10,8x14,1 cm. Cote archives 2I175

Dès le XIXe siècle, le cimetière et son aménagement sont une préoccupation importante pour la Ville de Troyes, spécialement les tombes militaires qui ont toujours fait l’objet d’une attention particulière.

En 1914, un début de projet voit le jour pour rendre hommage aux militaires, sur un terrain du cimetière. Ce terrain, donné il y a de ça plusieurs années par la Ville au Comité troyen du Souvenir Français (Association nationale pour l’édification et l’entretien des tombes militaires et marins morts pour la Patrie), accueille déjà des sépultures d’officiers et soldats.

Cependant aucune statue, aucun insigne ne marque son emplacement. C’est pour y remédier qu’en juin 1914, le Comité du Souvenir Français souhaite, en accord avec la municipalité, lancer une quête auprès des habitants de la ville. Le but est de recueillir les fonds nécessaires à l’édification d’un monument conçu par René Briden, jeune architecte et fils du sculpteur Désiré Briden. Malheureusement, quelques semaines plus tard, la Première Guerre mondiale y met fin.

La question d’un cimetière proprement militaire, resté en suspend pendant cette guerre, prend tout son sens avec le nombre croissant de décès. En octobre 1918, le Conseil municipal souhaite utiliser des terrains achetés en 1908, route d’Auxerre (actuellement avenue Anatole France), pour créer une annexe au cimetière depuis si longtemps désirée. Ceci dit, l’emplacement excentré retarde considérablement sa concrétisation.

Le 22 juillet 1920, une convention provisoire est signée entre l’État et la Ville de Troyes concernant l’entretien des tombes militaires. La Ville s’engage à prendre « à sa charge l’aménagement des tombes des militaires français, alliés ou ennemis et l’entretien des sépultures existantes sur son territoire des militaires ou marins décédés au cours de la campagne 1914-1918 » en échange d’une allocation de 5 francs par tombe versée par l’État. En septembre 1920, on dénombre qu’entre le 2 août 1914 et le 24 octobre 1919, 2383 militaires (réparti ainsi : 2208 français et alliés et 175 allemands) ont été mis en terre.

Le 30 mai 1921, un décret est promulgué, acceptant le transfert et l’inhumation de tout soldat au frais de l’État. Celui-ci « autorise les municipalités à accorder, à titre d’hommage public, des concessions perpétuelles et gratuites dans les cimetières communaux pour l’inhumation des soldats morts pour la Patrie ». C’est alors que de nombreuses dépouilles sont exhumées, traversant le pays afin d’être inhumées de nouveau, soit dans des cimetières nationaux, soit dans des carrés militaires ou bien, à la demande des proches, dans des sépultures familiales.

Plan des terrains du cimetière militaire - Chapelle St-LucVoir l'image en grand Plan à l’échelle 1/1000 des terrains devant servir à la création d’un cimetière militaire sur le territoire de la Chapelle-Saint-Luc. Produit par la Ville de Troyes, sans date. Papier, 42,6x31 cm. Cote archives 2M90

À la fin de l’année 1921, les divers transferts et rapatriements de corps prévus, entrainent une discussion sur la création d’un cimetière militaire. Celui-ci, placé sur la commune de La Chapelle-Saint-Luc, est censé être contigu au cimetière communal troyen et permettre de rassembler les corps des militaires non réclamés par leurs familles.

Cependant ce projet fait face à une forte opposition qui, faute de trouver un terrain subsidiaire dans une autre commune de l’agglomération, oblige à l’abandonner à la fin de l’année 1922. Le conseil municipal commence à évoquer la possibilité d’étendre le cimetière du côté de la rue de la Haute-Charme mais celle-ci n’est pas retenue.

Un regroupement, plus simple, est alors choisi. Celui-ci prend forme, le 14 avril 1923, par une délibération du conseil municipal, lorsque la Ville accorde des concessions trentenaires gratuites renouvelables (et non perpétuelles comme autorisée par l’État en 1921) dans un certain nombre de carrés du cimetière réservés aux soldats morts pendant la Grande guerre.
Alors que les travaux de regroupement sont prévus en mai 1923, tous les militaires allemands morts pendant la première guerre mondiale et inhumés à Troyes ont été exhumés en en même temps et enterrés hors de la ville. Le 15 juin 1927, une seconde délibération étend cette gratuité à tous les soldats français décédés au cours d’opérations militaires postérieures.

Entre temps, la question restée en attente depuis 1918 sur la création d’un cimetière militaire situé route d’Auxerre (actuelle avenue Anatole France) refait surface 10 ans plus tard. Malgré toutes ces années, ce projet ne se concrétise pas et le terrain est dédié, le 19 mai 1928, à la construction de l’hôpital des Hauts-Clos (actuel Hôpital Simone-Veil).

Au début des années 1930, un nouveau projet d’agrandissement du cimetière est mis en œuvre afin de trouver une solution durable pour l’aménagement des tombes militaires et les inhumations des habitants de la ville.
Celle-ci envisage dans un premier temps une extension du côté de la route de Paris (ancienne partie de l’avenue Pasteur devenue avenue Général Leclerc) et rue de la Haute-Charme. Toutefois, le prix des terrains et la présence d’une nappe phréatique oblige l’abandon de cette partie de l’extension. En effet, située en dessous de la rue de la Haute-Charme, cette nappe est trop haute, empêchant ainsi de pratiquer des inhumations en profondeur. Par contre, les parcelles acquises route de Paris permettent d’agrandir le cimetière dont l’aménagement prend fin en 1935.

Plan du cimetière de Troyes : carré sépultures militairesVoir l'image en grand Plan à l’échelle 1/1000 du cimetière communal de Troyes marquant l’emplacement des carrés regroupant les sépultures militaires. Produit par la Ville de Troyes, sans date. Papier, 64,5x32 cm. Cote archives 21W4

En 1938, le service des Sépultures militaires du Ministère des Anciens Combattants et Pensionnés, établi que, sur l’ensemble des 1460 tombes de militaires français tombés en 1914-1918 encore inhumés à Troyes, seules 1356 d’entre eux bénéficient de la sépulture perpétuelle aux frais de l’État et de son entretien. Les 29 tombes alliées recensées également au cimetière en sont bénéficiaires.

En juin 1940, un projet de création d’un cimetière militaire est de nouveau à l’étude mais en raison de l’entrée de l’armée allemande à cette même période et de l’occupation de la ville qui en suivie, il a été abandonné.

Entre 1944 et 1949, le manque de place devenant problématique, la Ville de Troyes souhaite réaliser un ossuaire pour regrouper tous les ossements de militaires morts en 1914-1918. Cependant, sur les recommandations du Ministre des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, l’ossuaire doit devenir un mausolée crypte avec des emplacements individuels. Son coût trop important puis la promulgation du décret du 21 mars 1950 relatif au regroupement des sépultures militaires concernant les corps des soldats morts (qu’ils soient français, alliés ou ennemis), entraine l’abandon de ce projet.

Affiche du transfert dans la nécropole nationale de SuippesVoir l'image en grand Affiche pour Avis aux familles concernant le transfert, dans la Nécropole nationale de la Ferme de Suippes des corps des militaires inhumés au Cimetière de Troyes au cours de la guerre 1914-1918. Publiée par la Ville de Troyes, le 9 mars 1956. Papier, 40x58,7 cm. Cote archives 21W33

En septembre 1953, le rapatriement des 620 corps des militaires allemands 1939-1945 met en avant la vétusté des tombes engendrée par les bombardements de mai 1944 et l’absence de place pour les futures inhumations. Dès 1954, la Ville cherche une solution pour réaménager son cimetière. Malheureusement, l’impossibilité de l’agrandir ou d’y adjoindre un cimetière militaire pousse le Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre à acheter un terrain pour agrandir la nécropole nationale de la Ferme de Suippes et y inhumer les  militaires « Morts pour la France » en 1914-1918 qui reposaient au cimetière de Troyes. Bien qu’acté en août 1954, ce n’est qu’entre août et septembre 1956 que l’exhumation et le transfert des 1356 dépouilles s’organise, à l’exception de 134 corps qui restent à Troyes.

En juin 1957, la Ville décide de les inhumer dans un carré militaire (1313m²) qui leurs est dédié dans le cimetière communal. Quelques semaines auparavant, en mai 1957, ce sont les corps de 18 soldats britanniques - 15 anglais, 2 écossais et 1 chinois – tombés pendant 1914-1918 et enterrés à Troyes qui ont été rapatriés en Angleterre.

Deux ans plus tard, le 1er juin 1959, les conseillers municipaux prennent la décision suivante : les familles qui souhaitent maintenir les morts de 1939-1945 au cimetière de Troyes peuvent demander à transférer les dépouilles soit dans une concession privée, soit dans le carré militaire de 1914-1918.

Dans le cadre des Commémorations du Centenaire de la Première Guerre mondiale, le 11 novembre 2014 a permis la mise en place d’une stèle commémorative avec une tombe de regroupement accueillant les 38 premiers troyens morts pour la France. Son inauguration au cimetière de Troyes prend place au sein de la célébration de l’armistice.

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