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Octobre 2018 : Présence des volontaires américains lors de la Première Guerre mondiale

Cotes archives : 1D61, 1D62, 4H113A, 4H115, 4H119, 1M813

Sources bibliographiques :

• « Entrée en guerre des Etats-Unis en 1917 », Chemins de mémoire, [en ligne], consulté le 24 juillet 2017, URL : http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/entree-en-guerre-des-etats-unis-en-1917

• « Friends War Victims Relief Committee », Quarker in the world, [en ligne], consulté le 24 juillet 2017, URL: http://www.quakersintheworld.org/quakers-in-action/298/Friends-War-Victims-Relief-Committee-FWVRC

• Gary Germer, « Original Anna Milo Upjohn Oil Painting Portrait of Child Playing with Blocks», avec une biographie d’Anna Milo Upjohn extraite du site Ask Art, Rubylane, [en ligne], consulté le 10 août 2018 : https://www.rubylane.com/item/626146-10319-3/Original-Anna-Milo-Upjohn-Oil-Painting

Sous l’influence de la propagande allemande et par volonté de rester neutre, les États-Unis d’Amérique ne souhaitent pas intervenir, en 1914, lors de la déclaration de la Première Guerre mondiale. Néanmoins, cette neutralité demeure toute relative puisque des intérêts économiques, industriels et commerciaux lient les États-Unis d’Amérique aux pays de l’Entente, entraînant par ailleurs des désaccords entre politiciens et citoyens.
De plus, l’Empire allemand provoque régulièrement les États-Unis d’Amérique depuis 1914 (sabotage d’usines sur le sol américain, torpillage d’un bateau américain par un sous-marin allemand en 1915, volonté d’alliance avec le Mexique contre les États-Unis d’Amérique et reprise intensive des affrontements sous-marins en janvier 1917) qui finissent par s’engager dans la Première Guerre mondiale, le 6 avril 1917.

Cependant, bien avant leur entrée en guerre, des volontaires américains se sont rendus en Europe, dans les pays Alliés et notamment en France, afin d’apporter un soutien militaire (escadrille Lafayette, la Légion étrangère) mais également des soins à la population civile et aux soldats blessés.

octobre 2018 : livret de la mission anglo-américaineVoir l'image en grand Livret de la Mission Anglo-Américaine de la Société des Amis en France. Œuvre de secours aux victimes civiles de la Guerre, Imprimerie Schiffer, Paris, 1918. Papier, 13,5x20,8 cm. Cote archives 4H119

Un organisme est particulièrement présent dans ce domaine en France et notamment à Troyes : la Mission anglo-américaine de la Société des Amis ou Friends War Victims Relief Committee. Cette œuvre de guerre, qui dépend de la Société Chrétienne des Amis (Quakers), a été créée en 1870 au cours de la guerre franco-prussienne. Installée à Paris en novembre 1914, la Société des Amis a su se développer dans tout le nord-est du territoire français et notamment dans la région pour apporter assistance aux victimes civiles.

Elle intervient également auprès des malades et convalescents en déployant du personnel diplômé et qualifié. Elle aide à la continuité des travaux agricoles et participe à la reconstruction d’habitations provisoires ou permanentes pour les réfugiés.

Cependant, la Société des Amis étant une œuvre de guerre et non une œuvre de charité, l’aide qu’elle propose se fait à prix réduit et non gratuitement. Située au n°29 rue Paul-Dubois, cette société est très active et travaille en étroite collaboration avec le Bureau des Réfugiés, afin de leur permettre d’acquérir à moindre coût des meubles et des vêtements. Son but est de :

« (…) mieux faire en facilitant l’achat à un grand nombre de familles, qu’en en faisant le don complet à un nombre plus restreint ».

Cette société anglo-américaine centralise également l’ensemble des dons (vêtements, mobiliers, outils, argent, etc.) venus d’outre-Atlantique pour les redistribuer avec l’aide du Bureau des Réfugiés.


octobre 2018 : modele de tableau nominatifVoir l'image en grand Modèle de tableau nominatif (par famille) utilisé par la Société des Amis pour établir l’inventaire du mobilier loué ou prêté à prix réduit. Edité par la Société des Amis, sans date. Papier cartonné, 27,3x21,8 cm. Cote archive 4H119

octobre 2018 : petit mot d'encouragementVoir l'image en grand Petit mot d’encouragement envoyé par les Dames de Concord-Massachusetts, États-Unis d’Amérique, sans date. Papier, 8x5 cm. Cote archives 4H119

Elle est également présente dans le transport de marchandises et surtout dans l’évacuation de blessés et de réfugiés ayant besoin de secours d’urgence, comme ce fut le cas lors de l’offensive de la Somme en 1918. C’est pour cela qu’elle travaille énormément en coopération avec la Croix-Rouge américaine, présente également sur le territoire.

Cet organisme, qui compte beaucoup de volontaires américains dans ses rangs, a énormément contribué à organiser les secours et prodiguer les soins d’urgence, en ciblant particulièrement les militaires. Elle apporte son aide aussi bien sur les lignes du front qu’à l’arrière, en acheminant au plus vite les blessés vers les hôpitaux, grâce à ses nombreuses ambulances.

octobre 2018 : courrier de la Croix-Rouge américaineVoir l'image en grand Courrier envoyé par la Croix-Rouge américaine à destination de Louis Morin, en charge du Bureau des Réfugiés à Troyes. Signé par Anna Milo Upjohn, Déléguée de la Croix-Rouge américaine, le 27 décembre 1918. Papier, 21,3x13,7 cm. Cote archives 4H119

Ainsi, la Croix-Rouge américaine épaule beaucoup la Croix-Rouge française au cours de la Première Guerre Mondiale. Troyes étant une ville hôpital très importante à proximité du front, la Croix-Rouge américaine s’est installée au n°31 villa Rothier. Elle est restée sur Troyes jusqu’au 1er janvier 1919 afin de continuer de soigner les malades. Parmi le personnel, Madame Anna Milo Upjohn (1868-1951) a été déléguée de la Croix-Rouge américaine. Également artiste, elle réalisera les affiches de la Croix-Rouge Junior américaine puis deviendra peintre de renommée internationale.

En juin 1918, l’État souhaite apporter tout son soutien aux forces armées américaines qui débarquent régulièrement en France et organise une nouvelle réquisition de chevaux pour tracter leur artillerie au front. Ces chevaux viennent pour la plupart des exploitations agricoles et certains d’entre eux, avant d’être assignés aux travaux des champs en France, ont été importés des États-Unis d’Amérique lors d’approvisionnements autorisés par les relations commerciales entre les deux pays. Cette réquisition intervient dans un contexte militaire tendu. Les bateaux n’ayant qu’une capacité limitée, un cheval prenant la place de quatre soldats et d’une tonne de blé, des choix doivent être faits. Les troupes une fois débarquées, pourront être suivies des chevaux mais en attendant, ce sont ceux de la France qui sont réquisitionnés.
Également, à Troyes, des immeubles sont réquisitionnés ou loués au profit de l’armée américaine, aussi bien pour le cantonnement des troupes que pour l’installation de services publics ou d’œuvres dites d’utilité publique. L’armée américaine, par l’intermédiaire du major William E. Hoy, demande l’exonération des taxes d’octroi pour l’expédition de marchandises, matériel et détachements de soldats. Cette exonération, accordée par le Conseil municipal de Troyes le 27 juillet 1918, est une démarche réalisée dans toutes les principales villes du pays.

À la fin de la guerre, les américains ont continué d’exprimer leur générosité envers la France, puisqu’une grande partie de leurs œuvres de guerre ont accepté d’adopter des orphelins de pères et leurs mères. Ce n’est pas une adoption au sens propre du terme, mais une promesse d’aides financières pour les familles dont les hommes sont morts pour la France. (Voir document du mois de septembre 2018).

L’État et la population souhaitent manifester leur reconnaissance envers les États-Unis d’Amérique et les soldats qui sont venus se battre pour la défense du territoire. Ainsi, il est décidé qu’en 1918, la fête de l’Indépendance américaine du 4 juillet, serait célébrée également comme fête nationale en France.

octobre 2018 : affiche Fête nationale américaineVoir l'image en grand Affiche « Habitants ! Pavoisez en l’honneur des États-Unis d’Amérique » pour célébrer en France l’anniversaire de leur Indépendance, fête nationale américaine du 4 juillet. Troyes, le 2 juillet 1918. Papier, 42,9x56,2 cm. Cote archives 4H113A

octobre 2018 : remerciement du Général John PershingVoir l'image en grand Remerciements envoyés à la Ville de Troyes par le Général John Pershing, Commandant en Chef des Forces Expéditionnaires Américaines. Le 5 mai 1919. Papier, 17x22,5 cm. Cote archives 4H113A

Au début des années 1920 et jusque dans les années 1930, la reconnaissance du sacrifice des volontaires américains, qui se sont engagés soit dans la Légion étrangère, soit dans l’escadrille Lafayette, s’exprime par l’édification de monuments commémoratifs. Des souscriptions sollicitant toutes les communes de France, dont Troyes, ont permis d’ériger des lieux de mémoire tels que le Monument aux Volontaires Américains à Paris et le Monument commémoratif de l’Intervention Américaine à Verdon-sur-Mer.

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