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Septembre 2018 : Les orphelins de guerre

Cotes archives : 1D62, 4H115, 4H122, 4H123, 2I182

Sources bibliographiques :

• « Veuves et orphelins de la Première Guerre Mondiale », MINDEF/SGA/DMPA, site internet Chemins de mémoire, [en ligne], consulté le 10 juillet 2018, URL : http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/veuves-et-orphelins-de-la-premiere-guerre-mondiale

• Rechercher un soldat troyen, site internet de la Ville de Troyes : http://centenaire-14-18.troyes.fr/959-rechercher-un-soldat-troyen.htm

• Office national des anciens combattants et victimes de guerre, « Centenaire des pupilles de la nation 1917-2017 » [en ligne], Paris, [date de consultation : 10 juillet 2017], disponible sur : http://www.onac-vg.fr/fr/centenairepupilles/index/

Reconnaissant l’ensemble des sacrifices subit par la population, l’État décide de prendre des dispositions afin d’assurer aux veuves et aux orphelins, les ressources nécessaires pour subvenir à leur besoins quotidiens. Le pays, à l’instar de l’Europe toute entière, se retrouve dans un état de précarité, éprouvant les familles dont le soutien financier principal a disparu.

Cette perte de revenu est difficile à compenser pour les femmes qui essayent tant bien que mal de cumuler les aides avec un salaire généralement dérisoire. De plus, elles ont souvent de jeunes enfants à charge qui n’ont pas toujours la possibilité de travailler et d’aider financièrement.

Diverses associations, qu’elles soient d’envergure nationale ou locale, se créent. Dès le 2 août 1914, l’Association Nationale des Orphelins de la Guerre encourage et sollicite la population à faire des dons en faveur des enfants pour les aider.

Sept 2018 : cartes postales de deux orphelinsVoir l'image en grand Cartes postales sur les orphelins de guerre. Editée par L’Association Nationale des Orphelin de la Guerre, ca 1914-1918, Paris. Papier cartonnée, 14x9 cm. Cote archives 4H115

L’Œuvre des Orphelins de la Guerre Pupilles des Ecoles publiques est également une association nationale créé en 1915. Elle se compose d’associations départementales relativement autonomes, dont l’Œuvre des Orphelins de la Guerre Pupilles des Ecoles publique de l’Aube, créé au printemps 1916, fait partie. Agissant sur l’ensemble du département, elle doit soutenir plus de 1500 orphelins dès sa création en aidant les veuves dans l’instruction et l’éducation de leurs enfants, afin qu’ils puissent rester dans leur environnement familial.
Localement, elle met aussi en place des manifestations. Du 22 avril au 4 mai 1916, elle organise une exposition sur les Œuvres d’Artistes Mobilisées, dans la Grande Salle de l’Hôtel-de-Ville de Troyes. Élaborée à son profit et pour celui des Enfants des Patronages laïques de Troyes et Sainte-Savine, les œuvres de ces artistes soldats, originaires de l’Aube ou cantonnés dans le département, sont mises en vente afin de récolter des fonds pour aider les orphelins.

En 1917, la loi du 27 juillet marque un tournant dans la reconnaissance par l’État, du sacrifice consenti par ses soldats et leurs familles, en instaurant le statut de Pupilles de la Nation.

L’article 1 stipule que :

« La France adopte les orphelins dont le père, la mère ou le soutien de famille a péri, au cours de la guerre de 1914, victime militaire ou civile de l’ennemi. »

L’État contribue ainsi à soulager moralement et financièrement les familles en octroyant aux jeunes enfants des allocations et des subventions. Cette loi du 27 juillet implique également la création de l’Office national des Pupilles de la Nation. Son but est d’apporter un soutien supplémentaire dans la prise en charge de ces orphelins.
Pour servir de relais au plus près des familles, cet Office national se dote dans chaque département d’un bureau dirigé par un conseil d’administration. Celui de l’Aube est installé à Troyes dans l’ancien évêché, place Saint-Pierre.

Sept 2018 : demande de reconnaissance Pupille de la NationVoir l'image en grand Demande de reconnaissance du Droit au titre de Pupilles de la Nation. Formulaire dressé par le Département de l’Aube, ca 1917. Papier, plié : 22x26,8 cm, déplié : 44x26,8cm. Cote archives 4H122

Pour qu’un enfant mineur obtienne le titre de « Pupille de la Nation », son représentant légal doit en formuler la demande auprès du Procureur de la République de son arrondissement. Cette demande, nominative, doit explicitée la situation de l’enfant et les circonstances qui ont fait de lui un orphelin. Son dossier est alors étudié par le Tribunal de Grande Instance qui rend, selon le cas, un jugement positif ou non. En cas d’acceptation, l’enfant est reconnu « Pupille de la Nation ». Ensuite, c’est à la famille qu’il revient de faire appel à l’Office départementale pour l’obtention d’allocations et de subventions.

Sept 2018 : affiche nationale Pupille de la NationVoir l'image en grand Affiche « Office national des Pupilles de la Nation » pour faire connaître la loi du 27 juillet 1917 à l’occasion du 14 juillet 1918. Réalisée par le Conseil Supérieur de l’Office national, en juillet 1918. Papier, 79,8x114 cm. Cote archives 1Fi3160

En attendant que cette loi du 27 juillet 1917 soit effective, le Ministre de l’Intérieur créé un Comité des orphelins de la Guerre dans chaque département. Le but, en attendant la création des Offices départementaux, est de répartir entre orphelins les fonds gouvernementaux qui leurs sont alloués. Le montant des aides distribuées par ces comités dépend de la situation familiale et matérielle de l’enfant et le fait qu’il bénéficie déjà du soutien d’un organisme de bienfaisance ou non, est pris en compte. À Troyes, cette démarche se traduit par un recensement au sein des écoles, de tous les enfants âgés de moins de 16 ans, orphelins de père et de mère dû à la guerre.

Un an après la promulgation de la loi sur le statut de pupille, le gouvernement souhaite la promouvoir à l’occasion de la fête nationale du 14 juillet 1918. Une affiche est diffusée dans le pays, dans laquelle l’État et le Conseil Supérieur de l’Office national déclare de concert que la Nation a une dette morale envers ces orphelins et, à travers cette loi, elle cherche à leur rendre honneur. C’est pour cela qu’elle souhaite adopter les orphelins de guerre tout en ne se substituer pas au rôle des parents ni en leurs retire des droits. L’État veut au contraire ajouter sa protection.

Lorsque la guerre s’achève le 11 novembre 1918, la France compte plus 600 000 veuves et 986 000 orphelins de guerre, après la mort de plus d’un million de ses soldats.

Dans la France d’après-guerre, l’encadrement des orphelins s’intensifie.
À peine quelques mois après la fin du conflit, l’État vote le 31 mars 1919, une loi qui reconnait aux militaires blessés et mutilés mais aussi aux veuves et orphelins, le droit de réparation et par extension l’obtention d’une pension.
Un peu plus tard, les orphelins se voient proposer des emplois réservés au sein des administrations et des entreprises du secteur privé, au même titre que les réformés, mutilés de guerre et les veuves.

Plus localement, à Troyes, en 1919, le Conseil municipal souhaite reprendre l’installation des décorations de fêtes de fins d’année dans les écoles et les orphelinats, coutume suspendue pendant la guerre. Malheureusement, le budget alloué et l’inflation des prix ne peuvent permettre la décoration des établissements et la distribution de présents. Le 20 décembre, les conseillers n’ont d’autre choix que d’abandonner leur mise en place au profit de la distribution d’oranges et de gâteaux à mille orphelins.

En 1925, une œuvre de guerre fondée et installée à Troyes, nommée la Tutélaire, a pour vocation de prendre en charge et d’améliorer les conditions de vie des pupilles de la nation du département. Appelée également Œuvre des Orphelins de la Guerre de l’Aube, celle-ci a permis de changer les conditions sociales des orphelins, en travaillant conjointement avec l’Office départemental des Pupilles de la Nation. Dans cet esprit de complémentarité, la Tutélaire a pour mission, selon l’article 2 de ses statuts :

« (…) la création ou la participation à la création, ou au fonctionnement d’établissement ou d’œuvres diverses : préventoriums, sanatoriums, établissements d’apprentissage industriels ou agricoles, colonies de vacances, Sociétés mutuelles d’assistance, de retraite, de prêts, aide, assistance, morale et matérielle aux pupilles de la Nation même après leur majorité (…) »

Sept 2018 : famille troyenne adoptéeVoir l'image en grand

À Troyes pendant et après la guerre, les Œuvres Américaines de Bienfaisance ont également fait beaucoup pour les veuves et les orphelins, allant jusqu’à adopter des familles entières.
Basé sur la situation financière et sociale des membres de la famille, chaque dossier est au nom et prénom de l’enfant ou des enfants quand il s’agit de fratries. Il contient les informations suivantes : la façon dont le père est décédé, le nom de la mère avec sa profession, l’adresse, les aides dont ils sont déjà bénéficiaires ainsi que les coordonnées des bienfaiteurs américains.

La plus part des dossiers s’accompagne d’une photographie de la famille. Cette adoption apporte surtout un soutien moral et financier, à l’image d’un parrainage, sans engager de démarche juridique ayant pour but d’adopter légalement le ou les enfants.

Ces adoptions, qui font suite au décès du mari et père de famille, peuvent être mises en lien avec la base de données regroupant les notices biographique des 2982 soldats troyens morts pour la France. Cette base est mise en ligne depuis juin 2014 et consultable sur le site de la ville de Troyes (centenaire-14-18.troyes.fr/959-rechercher-un-soldat-troyen.htm).

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