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Août 2018 : Dun-sur-Meuse, filleule de Troyes

Cotes archives : 4H145 ; 1D11

Sources bibliographiques : L. M, « La filleule de Troyes, Dun-sur-Meuse », Almanach du Petit Troyen, Grande imprimerie de Troyes, Troyes, 1919-1920, pp.71-81 ; AD833

Août 2018 : reproduction photo choeur église Dun sur MeuseVoir l'image en grand Reproduction imprimée de la photographie du chœur de l’église de Dun-sur-Meuse, après les dégâts engendrés par la guerre. Extrait de l’Almanach du Petit Troyen, Troyes, 1920. Papier, 6,4x9,2 cm. Cote archives 4H145

Dun-sur-Meuse est une commune chef-lieu de canton de l’arrondissement de Montmédy dans la Meuse.
Ce village, situé aux abords de la Meuse, est divisé en deux parties : Dun-Haut, une ancienne forteresse qui domine la vallée du sommet d’une petite colline, et Dun-Bas, une cité plus moderne resserrée entre le fleuve et le pied de la côte.

A l’aube de la guerre, Dun-sur-Meuse compte  887 habitants. Située dans la région des batailles de la Première Guerre mondiale, la commune est en grande partie dévastée : sur 290 maisons, 130 sont totalement détruites tandis que les 160 autres sont partiellement touchées. A la fin des hostilités, sa population se retrouve alors réduite de moitié.

Les églises et les institutions publiques sont elles aussi gravement touchées puisque la mairie, les écoles, la garderie et le tribunal se révèlent irréparables. Il en va de même pour les ponts qui sont tous détruits puis reconstruits temporairement en charpente de bois. D’autres bâtiments, comme l’école pour filles, se retrouvent pillés et vidés.

La guerre prive également la bourgade de dalles funéraires en pierre datant du XVIe siècle et de mobilier religieux en bois et marbre sculpté du XVIIe, classés au patrimoine historique.

Une fois le conflit terminé, il faut réhabiliter les régions ravagées du front, ce qui nécessite une aide extérieure et matérielle. C’est le rôle des villes marraines.

Lors de la guerre, la plupart des habitants de Dun-sur-Meuse se réfugient à Troyes. La ville fait tout son possible pour les accueillir et les aider, notamment grâce aux fonds provenant de souscriptions et de prélèvements sur les recettes de cinémas.

Le samedi 26 avril 1919, il est donc décidé à l’unanimité, sous le haut patronage du Préfet de l’Aube et par délibération municipale, la poursuite cette aide, même une fois les réfugiés repartis chez eux, afin de les assister dans la reconstruction de leur commune. À cet effet, lors de cette même délibération municipale et, à l’initiative du Maire de Troyes, la Ville décide de suivre l’exemple d’autres municipalités en plaçant Dun-sur-Meuse et ses habitants sous son aile. Elle adopte alors la petite commune comme filleule et s’évertue à lui apporter un soutien moral et financier dans la mesure du possible.

La guerre n’ayant pas épargné Troyes, le Maire ne peut se permettre d’assumer la charge d’une aide financière à sa filleule sur budget municipal. Néanmoins, désireux d’offrir une assistance sérieuse à cette dernière, il est décidé de mettre les concitoyens à contribution.
Pour accompagner cet effort financier, divers évènements de bienfaisance sont organisés durant l’été 1919 : deux soirées au théâtre municipal les 31 mai et 1er juin, qui propose la représentation de deux comédies en un acte, Le Cœur a ses raisons et Le Bonhomme Jadis, avec un piano d’accompagnement. De même, une fête sportive au vélodrome de Croncels le 14 juillet et un bal donné par la société de « la légion d’honneur » le 11 août, sont prévus.

Août 2018 : couverture programme grandes soiréesVoir l'image en grand Couverture du programme des Grandes soirées de Bienfaisance organisées au Théâtre municipal au profit de Dun-sur-Meuse, Filleule de Troyes. Ville de Troyes, 31 mai et 1er juin 1919. Papier, 13,8x21,6 cm. Cote archives 4H145

Août 2018 : couverture programme réunion sportiveVoir l'image en grand Couverture du programme officiel de la réunion sportive organisée au vélodrome troyen au profit de Dun-sur-Meuse, Filleule de Troyes. Ville de Troyes, 14 juillet 1919. Papier, 13,8x22,2 cm. Cote archives 4H145

La même année, au 25 décembre, le total des souscriptions récoltées auprès des concitoyens et au terme de ces festivités s’élève à la somme de 26 376,60 francs. Tous achats et frais payés, il reste une somme de 9000 francs au moins qui, couplée avec les 26 603,20 francs prélevés sur la taxe des recettes des cinémas et autres établissements de distraction, assure un capital de près de 35 000 francs. Cet argent doit servir à organiser l’installation d’un éclairage, de la force motrice et d’un système d’élévation d’eau dans le village meusien.

Août 2018 : correspondance d'envoi de matérielVoir l'image en grand Correspondance envoyé par le Maire de Troyes au Maire de Dun-sur-Meuse pour confirmer l’envoi d’un nouveau wagon contenant du matériel divers pour aider à la reconstruction. Troyes, le 27 septembre 1919. Papier, 22,1x26,8 cm. Cote archives 4H145

A cette aide pécuniaire s’ajoutent aussi des dons en nature centralisés par le « bureau des réfugiés » mis en place par la  mairie de Troyes. On peut compter entre autre les dons de matériel et mobilier scolaire pour deux classes, de vêtements et linges religieux donnés par l’évêché, d’objets de couchage, d’habits, de linges de corps et de volumes de bibliothèque.

Ces objets, joints à ceux acquis de l’armée américaine par la mairie de Troyes, sont envoyés à Dun-sur-Meuse par quatre wagons dont le contenu  permet au Maire de cette localité de faire une ample distribution aux 420 habitants rentrés chez eux, leur permettant ainsi d’avoir accès à l’essentiel  pour affronter l’hiver.

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