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Juin 2018 : Indemnités et aides aux familles de militaires, veuves et orphelins

Sources archives : 1D57, 1D61, 7F58, 4H91, 4H115, 4H121, 4H140C

Communiqué paiement allocationsVoir l'image en grand Communiqué de la mairie de Troyes pour le payement des allocations aux familles de militaires sous les drapeaux. Mairie de Troyes, Troyes, 1918. Papier, 21,1x18,8 cm. Cote archives 4H91

Suite à la mobilisation générale du 2 août 1914, le départ des hommes, et surtout leur décès, prive les foyers de leur soutien financier principal. La perte de revenu parfois considérable rend alors difficile le fait de subvenir aux besoins quotidiens des familles restées à l’arrière.

Pour les aider, l’Etat promulgue, le 5 août 1914, une loi qui instaure le versement d’allocations aux familles de militaires mobilisées. A Troyes, ces allocations sont distribuées à l’Hôtel-de-Ville. Chaque épouse concernée possède un numéro d’allocataire, lui permettant de se rendre tous les mois au sein de la mairie pour toucher l’argent, selon des jours et heures préalablement fixés.

Un bon nombre d’entre elles continuent de percevoir l’allocation militaire après le décès de leurs maris ou de leurs fils, qu’ils soient tués à l’ennemi ou morts des suites de blessures ou maladies contractées en service. Pour cela, chaque commune doit recenser toutes les familles les plus nécessiteuses afin de connaître leurs situations matérielles, ainsi que de répertorier leurs membres (pères et fils) morts pendant la guerre. Les veuves doivent faire preuve de bonne conduite et moralité, et, pour s’en assurer, une enquête de police est réalisée. Celles dont le comportement n’est pas irréprochable, peuvent voir leur droit à l’allocation remis en cause ou tout simplement refusé.

A Troyes, beaucoup de femmes de mobilisés et de veuves qui ont la charge d’enfants en bas-âges font appel au bureau de bienfaisance pour obtenir régulièrement de l’assistance. Quand elles le peuvent, elles essayent de cumuler les aides en gagnant un petit salaire, soit en usine, soit en gardant des enfants et en faisant des ménages.

Par ailleurs, nombreuses sont les associations qui se développent pour apporter leur aide (dons de nourriture ou de vêtements) aux familles les plus démunies, en France mais aussi dans les colonies. Le Comité d’Aide et d’Assistance coloniale mais aussi le Comité de Secours National en sont quelques exemples. Des revues voient également le jour pour aider les familles à se documenter sur leur situation et leur expliquer toutes les mesures, notamment financières, auxquelles elles ont droit. C’est le cas du livret édité par le Comité de Secours National.

Juin 2018 : secours gratificationsVoir l'image en grand Revue Memento sur les Pensions, Secours Gratifications et Avantages Divers aux veuves et orphelins de militaires décédés et aux militaires blessés au cours de la Guerre actuelle. Rédigée par l’officier d’administration de 1ère classe d’Etat-Major Rousson, sans date. Papier, 13,7x22,1 cm. Cote archives 4H115

Juin 2018 : Le secours nationalVoir l'image en grand Revue mensuelle « Le Secours National ». Publiée par Le Comité du Secours Nationale, Paris, 1915. Papier, 15,5x24 cm. Cote archives 4H115

Juin 2018 : affiche aux femmes et familles des mobiliséVoir l'image en grand Affiche « Aux Femmes et aux Familles des Mobilisés ». Préfet de l’Aube, Troyes, sans date. Papier, 33,2x44,1 cm. Cote archives 4H140c

Il existe des organismes publics et privés qui proposent des assurances et des pensions à leurs adhérents pour leurs permettre de bénéficier d’une épargne, de retraites supplémentaires ou d’assurance en cas de décès. C’est le cas pour les femmes de mobilisés dont les maris peuvent bénéficier de la loi des Retraites ouvrières et paysannes. Si l’époux y est inscrit et a payé toutes ses cotisations, l’Etat s’engage à reverser à sa femme ou ses enfants le capital de l’assurance-décès au moment de sa mort.

Le Muguet de France repose également sur un système de cotisations. Il s’agit d’une caisse dotale permettant aux veuves et mères de famille, ayant des jeunes filles à charge, de mettre de l’argent de côté. Disponible à partir de leurs 21 ans, ce pécule doit servir de dot pour un éventuel mariage. Bien que le siège soit à Paris, chaque personne en province peut y souscrire, soit pour le compte de son propre enfant, soit au profit d’enfants défavorisées d’une commune.

La Ville de Troyes souhaite mettre en place des mesures exceptionnelles pour aider au mieux ses habitants. Elle instaure notamment plusieurs allocations telles que « l’allocation à l’occasion du 14 juillet », à travers laquelle la mairie fait don de diverses sommes d’argent, chaque année, au bureau de bienfaisance, aux hôpitaux ou encore à des comités de secours.

A la fin de la guerre, la Ville de Troyes vote également la mise en place de « l’allocation de la Victoire ». A hauteur de 5000 francs, agrémentée par divers dons de bienfaiteurs, celle-ci s’adresse à trois catégories de la population : les familles nombreuses, les vieillards infirmes et incurables ainsi que les familles périodiquement dans le besoin. L’objectif de cette allocation est d’aider les plus démunis à fêter la victoire et la fin du conflit. L’allocation est au minimum de 5 francs et chaque enfant âgé de plus de 13 ans obtient une indemnité supplémentaire. Les familles doivent se présenter à la salle des Commissions de l’Hôtel-de-Ville de Troyes avec leur livret de famille et une pièce d’identité. A la fin de l’année 1918, approximativement 280 familles nombreuses, 620 vieillards assistés et 600 familles secourues par intermittence en auraient bénéficié.

Pendant et après la guerre, au même titre que les réformés et mutilés de guerre, les veuves et orphelins se voient proposer des emplois réservés au sein des administrations et des entreprises du secteur privé.

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