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Février 2018 : Œuvres de Bienfaisance et Assistance aux Prisonniers de Guerre

Cotes archives : 4H96, 4H112, 4H116, 4H146, 4H120 A et B, 4H122, 4H126

Source bibliographique : MAGNES Valérie, Journée des Prisonniers de Guerre 15 avril-27mai 1917, document du mois, mai 2014, consultable en ligne sur ce site

Le mouvement de solidarité qui touche les populations civiles à l’arrière du front, concerne également les militaires, dont beaucoup de soldats et officiers français retenus captifs en Allemagne.

Dès 1914, l’Agence Internationale des Prisonniers de Guerre – service dépendant du Comité International de la Croix-Rouge chargé de rechercher les militaires prisonniers et de faire le lien avec leurs familles – s’organise pour convoyer les colis, les courriers et l’argent destinés aux prisonniers français, afin d’alléger leurs conditions de vie dans les camps.
Des règles très strictes sont imposées aux personnes qui souhaitent correspondre avec eux. Seule une carte postale par semaine et deux lettres par mois sont consenties. Elles font l’objet d’une étroite surveillance et sont ouvertes. Elles doivent être relativement brèves et ne contenir aucune indication sur les évènements politiques ou militaires. Les journaux, même pour l’emballage des paquets, sont prohibés.
Les colis ne doivent pas dépasser 5 kilos pour éviter les frais de port et ne doivent contenir ni alcool ni denrée périssable. La nourriture autorisée est le chocolat, le biscuit, le tabac, les cigarettes, les légumes et fruits secs, le sucre, le riz, le café, le jambon, les saucisses, les sardines et le pain de seigle recuit.
De l’argent et des mandats postaux peuvent être envoyés sans limitation de montants mais il est recommandé que ceux-ci soient inférieurs à 100 francs.

Parallèlement, des sociétés de secours mutuels se sont constituées spontanément au sein des camps de prisonniers afin de regrouper les ressources mises à leur disposition et de les redistribuer selon leurs besoins. Dès mars 1915, l’Agence des Prisonniers de Guerre se met en relation avec ces sociétés de secours mutuels. Elle fait également le lien avec les divers Comités de Secours locaux et départementaux qui se développent pour porter assistance aux prisonniers qui sont originaires de leur région. Pour accomplir leur mission, ils proposent l’envoi de vêtements ou de colis alimentaires à différents prix, que les familles doivent payer. Bien que l’Etat aide et subventionne l’ensemble des Comités de Secours en arrière front, ceux-ci peinent à satisfaire toutes les demandes qui leur sont adressées.

Au début de l’année 1917, les prisonniers de guerre en Allemagne ne reçoivent plus les colis individuels qui leurs sont adressés. Une suspension totale des distributions est même signalée pendant quelques jours, avant de reprendre très partiellement le 1er avril. Parallèlement et de manière générale, le ravitaillement devient de plus en plus problématique, aussi bien pour nourrir la population civile, les armées que les prisonniers de guerre. Le Gouvernement leurs impose des restrictions de plus en plus grandes malgré l’assistance de leurs familles et des œuvres de secours. En mars 1917, la ration mensuelle de sucre passe de 500g à 250g, puis en avril, les pommes de terre que les prisonniers réclament, à la fois pour manger et pour ensemencer d’éventuelles cultures, sont envoyées mais dépouillées de tous tubercules. A cela s’ajoute les difficultés d’acheminement jusqu’aux camps, qui rendent souvent les denrées inexploitables, à tel point qu’un nouveau système de distribution est instauré en juin 1918.

Les officiers français capturés ne bénéficient pas des envois collectifs de pain effectués par la Fédération Nationale d’Assistance aux Prisonniers de Guerre pour les hommes de troupe. Ils sont obligés de recevoir des colis de pains individuels. Malheureusement, les comités départementaux et l’Administration française peinent à répondre favorablement aux demandes et mandatent certaines œuvres pour prendre le relai. Le sort des prisonniers de guerre inquiète tellement que des pétitions sont lancées par des habitants dans l’espoir d’améliorer les conditions de vie des prisonniers. Pour pallier les manques, les gouvernements français et allemand entament des négociations afin de trouver une solution auprès d’œuvres de secours et de bienfaisance.
Le 20 novembre 1917, le Gouvernement veut favoriser les envois collectifs au détriment des envois individuels, qui sont devenus inexistants.

Afin de subventionner en partie l’aide aux prisonniers de guerre français, l’Etat et à plus petite échelle les Comités de Secours, mettent en place de nombreuses journées de bienfaisance dont les bénéfices sont collectés au profit des prisonniers.
Des manifestations nationales jalonnent les années du conflit. Relativement variées, elles sont destinées à éveiller et pérenniser la solidarité envers les soldats. La Journée du Poilu est organisée à la demande du Parlement sur tout le territoire le 25 et 26 décembre 1915, jour de Noël, a cet effet. 

Affiche de la Journée du poiluVoir l'image en grand Affiche pour la Journée du Poilu, 25 et 26 décembre 1915, Troyes. Représentation au premier plan d’une femme âgée, assise dans un fauteuil devant une cheminée. Au second plan, un ensemble de soldats en route vers la bataille et emmenés par des officiers à cheval. Dessin de Charles Léandre, 1915, Impression Devambez, Paris. Papier, 81x120 cm. Cote 4H146

Afin de subventionner en partie l’aide aux prisonniers de guerre français, l’Etat et à plus petite échelle les Comités de Secours, mettent en place de nombreuses journées de bienfaisance dont les bénéfices sont collectés au profit des prisonniers.
Des manifestations nationales jalonnent les années du conflit. Relativement variées, elles sont destinées à éveiller et pérenniser la solidarité envers les soldats. La Journée du Poilu est organisée à la demande du Parlement sur tout le territoire le 25 et 26 décembre 1915, jour de Noël, a cet effet.

Fevrier_2018_insigne_journee_Afrique_Troupes_colonialeVoir l'image en grand Reproduction d’insigne pour la « Journée de l’Armée d’Afrique et des Troupes Coloniales ». Impression Chambrellent, Paris, 1917. Papier, 17x10,7 cm. Cote archives 4H146

La Journée de l’Armée d’Afrique et des Troupes Coloniales le 10 juin 1917 s’organise autour d’une tombola nationale avec 1073 lots à gagner. Celle-ci est complétée à Troyes par la vente de petits insignes en carton et de diplômes auprès de la population. Cette journée a pour but de mettre en valeur le sacrifice des troupes de soldats et d’officiers originaires des colonies, qui ont joués un rôle majeur sur les fronts européens.

Une des plus importantes manifestations organisées par le Comité à Troyes a lieu du 15 avril au 27 mai 1917 et se compose de trois évènements. Le premier, programmé le 15 avril, est la Journée des Prisonniers de Guerre. Pendant plusieurs mois, ce comité rédige des courriers à destination de toutes les communes de l’Aube (47 communes participent à cet événement) afin de recueillir des souscriptions pour la vente de plaquettes et de médailles, qui seront également vendus en nombre important ce jour-là.

Fevrier_2018_Programme_grand_concertVoir l'image en grand Programme du Grand Concert. Représentation du 6 février 1916 à Troyes. Papier, 14x27,2 cm. Cote archives 4H116

Fevrier_2018_Programme_du_chemineauVoir l'image en grand Programme du Chemineau. Représentation du 13 et 14 janvier 1917 à Troyes, dessin Léo Lelée. Papier, 13,5x21,5 cm. Cote archives 4H116

Fevrier_2018_Affiche_journee_prisonniers_de_guerreVoir l'image en grand Affiche présentant le programme des journées de bienfaisance au profit des prisonniers de guerre. Lithographie JL Paton, Troyes, sans date. Papier, 92x75cm. Cote archive 1Fi813

Fevrier_2018_Medaille_prisonniers_de_guerreVoir l'image en grand Médaille vendus pendant les journées de bienfaisance au profit des prisonniers de guerre. Bronze, 6cm de diamètre. Cote archive 9Fi25

Ensuite, du 28 au 29 avril au matin, le Théâtre Municipal propose un concert-spectacle. L’œuvre présentée au public est celle de Théodore de Banville Gringoire, et se voit interprétée bénévolement par de célèbres musiciens et acteurs venant de l’Opéra de Paris, du Conservatoire de Paris, ou encore du Palais-Royal.
Un troisième et dernier temps fort vient clore cet ensemble. Une grande exposition est réalisée du 29 avril au 27 mai, par la Société Artistique de l’Aube dans la Grande Salle de l’Hôtel de Ville.
Le Comité de Secours aux Prisonniers de Guerre de Troyes multiplie les journées symboliques, comme la Journée des Roses du Prisonniers ou la mise en place, à partir d’octobre 1917, d’un concert mensuel organisé au Cirque. D’autres œuvres de secours se sont également, comme Le Comité des Artistes Mobilisé qui a organisé plusieurs soirées de gala.

Toutes ces manifestations ont finalement un double objectif, récolter de l’argent, mais aussi remonter le moral de la population civile, rester à l’arrière du front et qui subit également beaucoup de restrictions.

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