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Janvier 2018 : Aides aux réfugiés

Cotes archives : 4H102, 4H130, 4H131, 4H136, 4H137, 4H139, 4H140A, 4H140B, 4H140C

Dès les quinze premiers jours d’août 1914, les départements touchés par la guerre sont évacués et la population civile envoyée vers des zones situées à l’arrière du front. Dans des conditions difficiles, les administrations locales et leurs habitants s’organisent provisoirement.
La plupart du temps, ces populations descendent par les trains le soir, avant d’être accueillies et nourries à leur arrivée. Très vite, elles sont ensuite redirigées vers des cantines et hébergées dans des locaux vides, avec parfois des matelas, mais bien souvent de la paille pour seul lit.
Rapidement, la Ville de Troyes décide, dans une délibération municipale datée du 5 septembre 1914, de solliciter la Commission administrative du Bureau de Bienfaisance. Cette initiative est suivie, le 17 octobre, par la décision du Préfet de créer une « Commission chargée de la Direction et de la Gestion des groupes de réfugiés se trouvant dans le département de l’Aube » [1].
De nouvelles cantines sont alors ouvertes, un service de location de logement est mis en place avec, en parallèle, une distribution de jouets pour les enfants, les frais d’assistance médicale gratuite du département supportés par l’Etat, ainsi que des réductions demi-tarif voire la gratuité des frais de transports.

Un service départemental des réfugiés est mis en place et géré par Louis MORIN (1866-1942), archiviste municipal, permettant ainsi d’accompagner et d’encadrer toutes les personnes exilées de leur région ou pays d’origine.

Janvier 2018 : affiche les commandements du réfugiéVoir l'image en grand Affiche « Les Commandements du Réfugiés », texte sous forme de poème pour rappeler les démarches que doit réaliser un réfugié à son arrivée à Troyes. Anonyme, sans date, Troyes. Papier, 17,2x26,7 cm. Cote archives 4H128

La Ville de Troyes soutient, par la force des choses, les réfugiés des communes environnantes qu’elles ne pouvaient pas aider. Afin de soulager sa charge sociale et financière et d’installer au mieux les groupes de réfugiés, le Préfet de l’Aube décide dès le 23 octobre 1914, de sensibiliser les maires du département à travers une circulaire. Le but étant de maintenir l’ordre public et les mesures d’hygiène correctes. Elle rappelle les règles de bases que chaque commune doit respecter et appliquer tout en les rassurant sur le soutien qui leur est ou qui leur sera apporté par l’Etat.

Cette initiative est corroborée, dès le 1er décembre 1914, par le Ministre de l’Intérieur qui incite toutes les collectivités et les habitants à fournir une aide pour loger, vêtir et subvenir aux besoins alimentaires et matériels des réfugiés français ou belges.

Janvier 2018 : affiche Assistance aux réfugiésVoir l'image en grand Affiche « Assistance aux réfugiés français ou belges », texte prononcé par le Ministre de l’Intérieur à Bordeaux le 1er décembre 1914. Publiée par le Ministère de l’Intérieur, 1914, Troyes. Papier, 64,7x100 cm. Cote archives 4H131

Janvier 2018 : affiche en Belgique, les Belges ont faimVoir l'image en grand Affiche « En Belgique, les Belges ont faim », propagande destinée à obtenir une aide extérieure des pays amis de la Belgique pendant la Première Guerre mondiale. Anonyme, non datée, imprimée à Paris. Papier cartonné, 32x49,9 cm. Cote archives 4H130

En parallèle, des rapatriements sont mis en place, permettant aux familles exilées de rejoindre des membres de leur famille dans le reste de la France, hors zones occupées ou sinistrées. Dans le but de prévenir les problèmes liés aux flux de population cherchant du travail, et toujours dans un souci de maintenir l’ordre public, le Ministère de l’Intérieur et celui de la Guerre décident, le 10 décembre 1914, de limiter les déplacements à 10km autour de la commune de résidence. Ils mettent alors en place un système de sauf-conduits, soumis à l’appréciation et délivré par le Commissaire de police ou le Maire, pour les déplacements supérieurs à 10km.

En 1915, le nombre de réfugiés à Troyes dépasse la capacité initiale de la ville pour les accueillir. Pour limiter cet accroissement, la Préfecture de l’Aube diffuse, le 18 novembre 1915, une circulaire demandant l’arrêt de distribution des sauf-conduits aux réfugiés et leurs familles voulant s’installer à Troyes, à moins de pouvoir justifier d’un logement, de la famille et/ou d’un emploi sur place.
Un bilan, établit le 19 février 1916, permet de recenser à cette période tous les réfugiés résidant à Troyes : 91 sont originaire de l’Aisne, 2203 des Ardennes, 1688  de la Marne, 509 de la Meurthe-et-Moselle, 427 de la Meuse, 133 du Nord, 19 du Pas-de-Calais, 11 de la Somme, 68 des Vosges, 16 du Territoire de Belfort, 21 d’Alsace-Lorraine, 124 de Belgique, 1 de Bulgarie, 1 de Pologne russe. Soit un total de 5312 réfugiés.

Janvier 2018 : photo de la famille Guide-LemaireVoir l'image en grand Photographie d’une famille originaire de Reims. Les parents se sont réfugiés avec leurs dix enfants à Troyes. Réalisée par Photo Alfred, le 16 avril 1917, Troyes. Impression sur carton, 17,8x12,8 cm. Cote archives 4H128

Le 15 février 1918, leur statut est en partie modifié par la parution de l’Instruction ministérielle concernant la fixation du régime des réfugiés. Celle-ci a :

« pour but de rassembler en un texte unique, mis à jour avec toutes les modifications, additions et précisions qui ont paru nécessaires, les règles spéciales applicables aux réfugiés, tant en ce qui concerne les mesures d’assistance proprement dite, que les mesures administratives. » [2]

Tout au long de la guerre, divers comités de réfugiés se forment sur tout le territoire français et de nombreux guides et publications sont édités pour informer au mieux les populations déplacées.

Janvier 2018 : guide du réfugiés et du rapatriés LEVAILLANT M., « Guide du Réfugié et du Rapatrié », publié par Le Fait de la Semaine, n°24, numéro spécial, Ed. Grasset, Paris, 21 septembre 1918, 114p. Papier, 11x17x0,5 cm. Cote archives 4H136

Après la fin de la guerre, le statut de réfugié tend à disparaitre. Celui-ci, accordé jusqu’au 1er juin 1920, prévoit notamment le versement d’allocations diverses et secours. Le Ministère de l’Intérieur et celui des Régions libérées, considérant que ce statut ne peut plus être appliqué, décident de mettre en place des aides au rapatriement au profit des réfugiés pour leur permettre de retourner dans leur lieu d’habitation d’origine.

« Si vous devez rentrer dans votre commune d’origine, des moyens de transport pour vous, votre famille, vos bagages et votre mobilier vous seront accordés et vous continuerez à recevoir vos allocations jusqu’à ce que ces moyens de transport aient pu être mis à votre disposition. (…).

J’ajoute que, lors de votre retour dans votre domicile d’origine, le secours de 20 francs aux réfugiés rapatriés vous sera attribué, et que, si vous êtes privé de ressources, vous pourrez demander au Préfet de votre département d’origine à être immédiatement inscrit parmi les bénéficiaires du secours temporaire, avec rappel du jour où vous aurez cessé de percevoir l’allocation des réfugiés. » [3]

L’arrêt définitif de versements d’allocations, quelles qu’elles soient, aux réfugiés évacués des régions libérées et de nouveau habitables, est fixé au 30 avril 1921, tout en laissant la possibilité aux plus nécessiteux d’obtenir des secours exceptionnels, sous réserve d’une demande spéciale. Cette mesure devait également s’appliquer, dès le 1er octobre 1920, aux réfugiés originaires de toutes les régions libérées, quel que soit son état et l’avancée de sa reconstruction. Cependant, l’arrivée de l’hiver maintient le statut jusqu’au 30 avril 1921. Après cette date, les réfugiés ne peuvent plus bénéficier de ce statut particulier ni des aides qui y sont affiliées.


[1] Préfecture de l’Aube, arrêté préfectoral, 17 octobre 1914, Troyes, Aube. Archives municipales cote archives 4H140 B

[2] Ministère de l’Intérieur, Direction du Contrôle et de la Comptabilité, Instructions portant Fixation du Régime des Réfugiés, 15 février 1918, extrait du Journal Officiel de la République Française du 17 février 1918, Paris, p. 1. Archives municipales cote archives 4H131

[3] Préfecture du Département de l’Aube, Service des Réfugiés, correspondance, 29 mars 1920, Troyes, p. 2. Archives municipales cote archives 4H102

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