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Documents 2018

Armistice et Commémoration

Cotes archives : 6Fi5, 6Fi6, 1I142, 4H146, 4H148, 1M804

Sources bibliographiques :

• Commémoration de l’armistice du 11 novembre : http://www.defense.gouv.fr/actualites/memoire-et-culture/11-novembre-anniversaire-de-l-armistice-de-1918-et-hommage-a-tous-les-morts-pour-la-france

 POTTIER Olivier, « Commémorer la Grande Guerre à Troyes (de 1918 à nos jours) », Commémoration Centenaire 14-18, Ed. Ville de Troyes, Troyes, 17 juin 2014, p. 15-30.

 « Inauguration. Tombes de regroupement carré militaire. Rénovation du Monument aux Morts. Cimetière de Troyes. 11 Novembre 2014 », Commémoration Centenaire 14-18, Ed. Ville de Troyes, Troyes, 17 juin 2014, p. 49.

 « Monument. 11 Novembre 2018. », Commémoration Centenaire 14-18, Ed. Ville de Troyes, Troyes, 17 juin 2014, p. 64-65.

Rassemblement devant les tombes 01 11 1914Voir l'image en grand Carte postale illustrant le rassemblement devant les tombes des officiers au cimetière municipal de Troyes, 1er novembre 1914. Citation de Victor Hugo « Ceux qui sont morts pour la Patrie/Ont droit qu’à leur cercueil la foule vienne et prie ». Troyes, le 1er novembre1914. Papier cartonné, 14x9,1 cm. Cote 6Fi5

Rassemblement devant les tombes 01 11 1914Voir l'image en grand Carte postale illustrant le rassemblement devant les tombes de soldats au cimetière municipal de Troyes, 1er novembre 1914. Citation de Victor Hugo « Gloire à notre France immortelle,/Gloire à ceux qui sont morts pour Elle ». Troyes, le 1er novembre1914. Papier cartonné, 13,9x9 cm. Cote 6Fi6

Affiche "Habitants de Troyes"Voir l'image en grand Affiche « Habitants de Troyes » adressée à la population de la ville pour la remercier de ses sacrifices en temps de guerre. Edité par le Maire de Troyes, le 13 novembre 1918, Troyes. Papier, 42,5x61,4 cm. Cote archives 4H146

Le 1er novembre 1914, un hommage spontané est rendu aux soldats morts pendant la 1er Guerre mondiale. Pour faciliter son bon déroulement, la municipalité autorise la tenue réglementée de marchés aux fleurs et aménage la voirie aux alentours et dans le cimetière pour y faciliter la circulation et les rassemblements. Des cortèges militaires et civils sont associés à cet événement et défilent en procession de l’Hôtel-de-Ville jusqu’au carré militaire du cimetière municipal.

Les quatre années de guerre qui ont suivies renforcent l’attachement de la population à vouloir rendre hommage à ses morts et l’annonce de l’armistice en 1918 représente le début d’une nouvelle série de commémorations.

Dans un premier temps, le Conseil municipal adopte en séance, le 11 novembre 1918, une adresse publique et officielle. Réalisée en présence du Préfet de l’Aube et du Général Commandant de la 20e région, cette annonce a pour objectif de remercier et de montrer toute l’admiration de la Ville envers les soldats français qui ont sacrifié leur vie, ainsi qu’aux nations alliées et leurs armées, qui ont souffert et qui se sont battues aux côtés de la France. Un hommage est également rendu à Georges Clémenceau et au Maréchal Foch. Bien que cette adresse ne fasse pas l’unanimité au sein du Conseil municipal, la Ville souhaite y associer la population en diffusant des affiches dans toute la commune.

Dans un second temps, la Ville de Troyes prévoit un rassemblement pour le 1er décembre 1918.
De grande envergure, celui-ci doit commémorer avant tout les combattants qui ont donné leur vie en 1870-1871. À cet hommage est alors associée une cérémonie pour fêter la réintégration de l’Alsace-Lorraine dans le territoire français. Pour cette journée très particulière, un important cortège doit circuler dans les rues de la ville. Survolé par plusieurs aéroplanes, ce cortège est composé en grande partie par l’armée, la compagnie des sapeurs-pompiers, les écoles et les associations locales. De nombreux musiciens, civils et militaires, ainsi qu’un concert au kiosque à musique complètent le programme de cette journée.

Le défilé démarre au début du boulevard Victor Hugo, s’engage dans la rue du Beffroi (actuelle rue Colonel Driant) puis dans la rue Colbert pour déboucher sur la place de la Bonneterie (actuelle place Jean Jaurès). Il descend ensuite la rue Emile Zola jusqu’à la place de la Préfecture (actuelle place de la Libération), longe le quai des Comtes de Champagne pour remonter toute la rue de la Cité jusqu’à la rue Simart. Il emprunte celle-ci pour arriver jusqu’au boulevard Danton puis quai Dampierre et enfin suivre la rue Thiers (actuelle rue Général de Gaulle) avant de s’immobiliser devant le Monument des Enfants de l’Aube. Les autorités locales rendent hommage aux morts de 1870-1871 en les déclarant vengés par les morts de 1914-1918. Les discours s’accompagnent d’une palme d’or déposée au pied du monument.

Renouvelé chaque année à partir de 1919, cette commémoration perdure tous les 11 novembre. Cette date commémore officiellement la fin de la Grande Guerre, la Victoire et la Paix à partir du 24 octobre 1922. Dès lors, deux jours de recueillement demeurent : le 1er novembre, par tradition, honore les militaires morts alors que le 11 novembre célèbre de manière générale la fin de la guerre.
Le 28 février 2012, la loi étend la symbolique de ce recueillement en dédiant le jour du 11 novembre aux Morts pour la France, toutes guerres confondues.

Dessin du Monument aux MortsVoir l'image en grand Dessin du Monument aux Morts en hommage aux soldats morts pendant la guerre 1914-1918. Réalisé par, le, à Troyes. Papier cartonné, 62,6x80 cm. Cote archive 1M804

Très vite après la fin de la guerre, la question d’ériger un monument dédié aux morts de 1914-1918 se pose. Pour y répondre rapidement, le Conseil municipal de la Ville de Troyes met en place, le 21 décembre 1918, un Comité du Monument aux Morts pour la Patrie chargé de mener à bien ce projet. À l’origine, celui-ci proposait l’édification de deux monuments : le premier au cimetière pour surmonter un ossuaire et le second « sur une place publique à la mémoire de tous les militaires d’une circonscription territoriale à déterminer tombés pour la Défense du Pays, et qui reposent dans toutes les parties du Monde ».

Le 5 mai 1920, un jury spécialement réuni à l’Hôtel-de-Ville de Troyes pour le concours de sélection a choisi le projet porté par Louis Morel, statuaire à Paris et Essoyes et par Jacques Bauer, architecte et décorateur à Troyes, inspecteur des Monuments historiques et conservateur des antiquités et objets d’arts du département de l’Aube.

Cependant, en 1920, une circulaire ministérielle (10 mai) et une loi (31 juillet - articles 105 et 106) modifie les conditions d’exécution du projet initial.
En effet, si elles le souhaitent, les familles peuvent demander à rapatrier les corps de leurs soldats. Elles ont également le choix de les faire inhumer de façon perpétuelle, soit dans une sépulture individuelle, soit dans un cimetière regroupant des soldats morts pour la France. Par ailleurs, les monuments commémoratifs municipaux doivent impérativement être placés au sein des cimetières. En conséquence, la Ville de Troyes revoit ses attentes. L’ossuaire étant abandonné au profit d’un cimetière militaire supervisé par l’État et le monument sur la place publique étant non autorisé, une seule statue commémorative placée au cimetière est nécessaire.

Une souscription publique est alors autorisée par arrêté ministériel, le 24 juin 1921, pour permettre de financer la création et l’installation du monument.
En septembre de la même année, la Ville demande à Louis Morel de commencer la statue. Les modalités d’exécution et de livraison sont établies le 21 avril 1922 et l’installation sur le socle est prévue pour le 30 juin 1923. Malheureusement la levée de fonds, plus difficile que prévue et les ennuis de santé du sculpteur retardent la commande.

Photographie de face du Monument aux MortsVoir l'image en grand Photographie de face du Monument aux Morts en hommage aux soldats morts pendant la guerre 1914-1918. Monument en cours de réalisation en atelier. Photographié par, le, à Troyes. Papier glacé et cartonné, 16,1x22,8 cm. Cote archive 1M804

Photographie de profil du Monument aux MortsVoir l'image en grand Photographie de profil du Monument aux Morts en hommage aux soldats morts pendant la guerre 1914-1918. Monument en cours de réalisation en atelier. Photographié par, le, à Troyes. Papier glacé et cartonné, 16,3x21,9 cm. Cote archive 1M804

Finalement livrée en novembre 1924, la statue est amenée de l’atelier de l’artiste, situé à Paris, jusqu’à Troyes par le train. Cependant, par manque d’argent, le socle n’a pu être réalisé et le monument non installé. Il reste dans les magasins municipaux pendant pratiquement deux ans. En avril 1926, l’entreprise générale de travaux funéraires d’Emile Stivalet à Troyes est mandatée pour produire le socle et l’inscription qui viendront compléter l’œuvre de Louis Morel.

Le 31 octobre 1926, le Monument aux Morts est enfin inauguré au cimetière de Troyes. Pour honorer la mémoire des soldats disparus, la municipalité fait le choix d’une cérémonie sobre et simple, tout en invitant la population à y participer au plus grand nombre. Sans discours, seule de la musique et des chœurs interprétés par des chorales, des sociétés musicales et des orphéons seront entendus. Recouvert d’un voile noir, le monument est dévoilé au moment même où les sirènes et cloches des églises de la ville sonneront. Les autorités civiles et militaires déposeront ensuite une palme de bronze au pied du monument. Cette cérémonie d’inauguration et de recueillement est précédée d’un cortège organisé par les sociétés locales.

L’inscription est gravée à ce moment-là sur une plaque en plâtre. À vocation provisoire, le Conseil municipal adopte en séance, le 8 décembre 1928, la pose d’une plaque en marbre définitive avec l’inscription « Que la sacrifice ne soit pas vain et donne au monde la paix et la liberté ». Le nombre important de victimes (2982 troyens morts) ne permet pas de les inscrire sur le monument en lui-même.

Dans le cadre des Commémorations du Centenaire de la Première Guerre mondiale, le 11 novembre 2014 a permis la mise en place d’une stèle commémorative avec une tombe de regroupement accueillant les 38 premiers troyens morts pour la France. Son inauguration au cimetière de Troyes prend place au sein de la célébration de l’armistice.

En 2018, le 11 novembre sera marqué par l’inauguration du Monument officiel de la Commémoration 1914-1918. Celui-ci est symbolisé par la statue « l’Énergie fauchée », qui sera installée rue Roger Salengro à Troyes. Cette statue est réalisée d’après le plâtre original créé vers 1915 par Léon Joseph Messiaen, sculpteur aubois mort au champ d’honneur le 17 septembre 1918. Un premier modèle de cette œuvre a été sculpté par l’entourage de l’artiste puis placée sur son tombeau familial pour honorer sa mémoire.

Cette manifestation marquera la fin du programme général organisé pour les commémorations du Centenaire 1914-1918 à Troyes depuis quatre ans.


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