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Juillet 2017 : 42 rue des Noës

42 rue des Noës

Suite à l’annexion de la commune de Saint-Martin-Ès-Vignes en 1861 par la Ville de Troyes, le quartier et notamment la rue des Noës, est incorporé dans le réseau des voies urbaines et publiques de la commune. Cette rue est majoritairement bordée par des terres labourables et des vignes.

  Plan d’alignement rue des Noës, section St-Martin-Es-VignesVoir l'image en grand Plan d’alignement à l’échelle 0,002 pm des parcelles de la rue des Noës, section de Saint-Martin-Es-Vignes. Parcelles n°36 et n°38, 27ème feuille. Dressé par les géomètres Roger et Vitu, Troyes, le 1er août 1861. Papier entoilé, 107x56 cm. Cote archives 4Fi86

Vers 1886 ce terrain est la propriété de Lucien Férréol PETIT, ancien instituteur devenu distillateur/liquoriste, confiseur et adjoint au maire de la Ville. Avec sa femme, Marie Antoinette Charlotte ROSSIGNOL, ils font construire à partir de 1888, une maison sise sur la parcelle n°38 de la rue.

  Enquête pour établissement d'une distillerieVoir l'image en grand Enquête de commodo et incommodo pour l’établissement d’une distillerie au n°38 rue des Noës au nom de Monsieur Petit-Rossignol. Dressée par la Ville de Troyes, le 10 mars 1891. Affiche, 36x46,2 cm. Cote archives 1O251

Quelque année plus tard, en 1892, ils acquièrent la parcelle n°36, contiguë à la précédente, et les réunissent. Suite à une renumérotation de plusieurs rues de la Ville de Troyes, actée par arrêté municipal le 12 janvier 1895, les n°36 et 38 fusionnent en n°42. La famille quitte la maison en 1897 pour s’installer à Lirey, en laissant probablement la propriété vacante.

Plan et profil de travers pour caniveaux pavésVoir l'image en grand Plan et profil de travers à l’échelle 0,002 pm pour le projet d’établissement de caniveaux pavés la rue des Noës. Présence de la maison de Monsieur Regnault. Dressé par le Directeur du service de l’Architecture et de la Voirie, Troyes, le 30 avril 1909. Papier calque, 66,8x31,1 cm. Cote archives 1O640 

Celle-ci est de nouveau occupée dès 1901 par Nicolas Arthur REGNAULT, marchand de vins en gros, ainsi que son épouse Claire Angèle Alexandrine MARIOTTE et leurs fils René et André. Ils y restent jusqu’en 1909, date de leur déménagement au n°30 rue Voltaire. Cette même année, Gustave Adolphe PERSONNET, nouveau propriétaire, met en œuvre la restauration et l’aménagement de la maison.

Né à Essoyes le 19 novembre 1863, il ne quitte le domicile familial que pour aller s’installer au 117 rue Notre-Dame (actuelle rue Emile Zola) vers 1881, dans l’épicerie en gros de son patron, Jacques Edouard  HERIOT. Employé de commerce jusqu’en 1891, c’est l’année suivante qu’il s’associe avec son patron et devient négociant à son tour. Son petit frère, Louis Eugène PERSONNET, vient d’ailleurs le rejoindre en tant que voyageur, et habite également avec lui. Le 1er février 1906, Gustave Adolphe PERSONNET part vivre à Sainte-Savine, rue Arago, à proximité de ses parents. Au moment de l’acquisition du 42 rue des Noës, Gustave Adolphe souhaite y installer un dépôt de pétrole et d’essence mais ce projet est abandonné au profit de travaux de restauration.

Enquête pour dépôt d'essenceVoir l'image en grand Enquête de commodo et incommodo pour l’établissement d’un dépôt d’essence et de pétrole au n°42 rue des Noës au nom de Monsieur Personnet. Dressée par Ville de Troyes, le 24 juin 1909. Affiche, 35,8x45,8 cm. Cote archives 1O640

L’architecte chargé de ce chantier est René TOREAU, entrepreneur de travaux publics et marchand de grèves situé au 21 rue des Noës à Sainte-Savine.
L’habitation gagne en surface et en modernité avec l’installation d’un réseau pour la distribution d’eau, de gaz et d’électricité dans toutes les pièces principales de la maison.

La façade principale rue des Noës, se distingue par un perron à six marches avec une porte d’entrée à trois baies, surmontée d’une marquise et dont les jambages[1] et le linteau en plate-bande[2] semblent voulus en pierre de taille. Sur les trois fenêtres du rez-de-chaussée, la plus ancienne, à droite, présente également ces caractéristiques. Celle qui est au centre, pareillement rectangulaire, est en saillie sur la façade car il s’agit d’un des nouveaux aménagements de Gustave PERSONNET, l’oriel[3]. Son jambage est alterné de pierre de taille et probablement de brique. Ce même matériau est vraisemblablement utilisé pour les murs et les trois cheminées dessinées sur les toits. La troisième et dernière fenêtre à l’extrémité droite, est réalisée sur le même modèle que la construction ancienne, mais elle ne possède aucun jambage. Son linteau présenté en deux blocs monolithiques et sa clé d’arc[4] sont en pierre de taille plus massive pour que la structure supporte la balustrade en pierre située au-dessus, permettant l’aménagement d’un toit-terrasse au premier étage.

Les trois ouvertures à cet étage ne subissent aucune modification. Celle située au-dessus de l’oriel est rectangulaire avec un jambage et un linteau en pierre de taille et surplombée d’un fronton[5]. Les deux fenêtres latérales sont, quant à elles, de même composition, plus modestes, avec une forme en arc plein cintre[6]. La façade donnant sur le passage permet de voir la nouvelle extension prévue par Gustave PERSONNET avec son toit-terrasse cerclé d’une balustrade en brique. Si l’on observe bien le plan, seuls les chaînes d’angle[7] de gauche et les linteaux au rez-de-chaussée et au premier étage sont en pierre de taille, les autres jambages aux fenêtres et les chaînes d’angle de droite semblent en brique.

Plan des façades et de masse 42 rue des NoësVoir l'image en grand Plans des façades et de masse de chaque étage pour la restauration et l’aménagement du pavillon de Monsieur Gustave Personnet, située au 42 rue des Noës. Dressé par l’entrepreneur René Toreau, sans date. Papier bleu, 74,6x58,3 cm. Cote archives 4O170

Un sous-sol est identifiable depuis la façade principale par un soupirail. Un escalier partant du rez-de-chaussée depuis la cour intérieur amène à un petit couloir débouchant sur un local abritant la chaudière. A droite du couloir, la pièce principale du sous-sol et la cave à vins, sûrement aménagée par les anciens propriétaires négociants et marchand de vins, s’étendent sous toute la surface de l’ancienne construction. Les nouveaux aménagements apportés en 1909 n’entrainent aucun accroissement de surface et sont posés en terre-plein. On peut également noter la présence d’une fosse à l’arrière de la maison.

La répartition des pièces au rez-de-chaussée s’organise de la façon suivante : l’entrée par le perron débouche sur un large vestibule avec au bout un escalier à deux quartiers tournants. A gauche de celui-ci se présente un bureau salon équipé d’une cheminée et d’un accès au sous-sol, ainsi qu’une grande chambre à coucher bénéficiant de l’extension qu’offre la construction de l’oriel. Cette chambre, équipée d’une cheminée, est le seul moyen d’accès à un cabinet à coucher, à une pièce de toilette et, nouvellement construites, une garde-robe et une lingerie.
A droite du vestibule, l’extension apportée par Gustave PERSONNET permet l’aménagement d’une salle à manger et d’un dégagement menant aux WC, à la cuisine et à la salle de bain, équipée d’un système pour chauffer l’eau.

La destination des pièces au premier étage reste surement inchangée puisque les nouveaux bâtiments apportés ne s’élèvent pas au-delà du rez-de-chaussée et que leurs toits sont transformés en terrasse. L’escalier permet d’arriver sur un couloir distribuant en face, une chambre de bonne ; à droite, la grande terrasse ; à gauche, deux chambres à coucher. La première, la plus grande des deux, est agrémentée par la petite terrasse qu’offre la construction de l’oriel au rez-de-chaussée. La seconde, dispose d’un accès au grenier qui, à son tour, permet de profiter de la nouvelle terrasse avec vue sur le jardin.

A la fin des travaux, Gustave PERSONNET emménage avec Clémence Marguerite NICOLAS, épousée à Nancy le 20 décembre 1910, ainsi qu’avec la petite-nièce de Clémence, Marguerite Renée Eugénie MARQUE, née MAXANT à Troyes le 11 janvier 1903. Une domestique habite également avec eux, Antoinette VIGNON, âgée de 18 ans et née à Fouchères.

Ils partent vivre à Bar-sur-Seine en 1920, où Gustave Adolphe PERSONNET y exerce la profession d’administrateur de société commerciale. Il y décède à l’âge de 58 ans, le 16 août 1922, un mois après le mariage célébré le 7 juillet dans cette même commune, entre Marguerite et Victor Maurice DURAND, employé de commerce, décoré de la Croix de guerre et surtout neveu de Gustave. Ce sont eux qui hériteront des biens de Gustave Adolphe, alors que sa femme part vivre à Essoyes jusqu’à sa mort le 14 décembre 1945.


[1] Jambage : http://www.editions-eyrolles.com/Dico-BTP/definition.html?id=5251

[2] Linteau : http://www.editions-eyrolles.com/Dico-BTP/definition.html?id=5558
Le fait qu’il soit en plate-bande, signifie qu’il a une forme droite et horizontale

[3] Oriel : http://www.editions-eyrolles.com/Dico-BTP/definition.html?id=6391

[4] Clé d’arc : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cl%C3%A9_d%27arc
Egalement synonyme de claveau central

[5] Fronton : http://www.editions-eyrolles.com/Dico-BTP/definition.html?id=4540

[6] Arc plein-cintre : http://www.editions-eyrolles.com/Dico-BTP/definition.html?id=516

[7] Chaîne d’angle : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cha%C3%AEnage


Cotes archives : 4O171, 2D13, 1F47, 1F53, 1F56, 1F59, 1F62, 1F65, 1K185 à 1K304, 1O640, 1O641, 1O251

 

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