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Février 2017

Maison 7 rue Diderot

Bâtie à l’angle du 7 rue Diderot et d’une voie privée communale, cette maison bourgeoise appartient à Monsieur Claude Fromonot, négociant troyen. Le 1er mars 1906, celui-ci adresse une demande d’alignement à la Ville de Troyes, afin d’établir une résidence sur ce terrain. Il souhaite construire une maison en pierre de dix mètres de longueur ainsi qu’une porte cochère dans un mur de clôture situé à quatre mètres de sa maison. Le 14 mars 1906, sa requête est acceptée et confirmée par le directeur du service de la voirie de la ville de Troyes.

  Demande d'autorisation de bâtirVoir l'image en grand   Plan de situation des propriétés rue DiderotVoir l'image en grand

Demande en autorisation de bâtir à Monsieur le Maire de la Ville de Troyes. Pour la construction d’une maison en pierre et d’un mur de clôture avec porte cochère au 7 rue Diderot. Ecrite par Claude Fromonot, le 1er mars 1906. Papier, 17,5x24,7 cm. Cote archives 3O355

Plan de situation à l’échelle 0.002 pm des propriétés situées rue Diderot. Alignement d’une rue nouvelle, aux abords de la maison de Monsieur Fromonot. Dressé par le Directeur du Service de la Voirie, le 23 juillet 1908. Papier, 21,5x22 cm. Cote archives 1O151

Les travaux de la maison sont achevés entre 1908 et 1909 par Pourtet Frères Entrepreneurs, d’après les plans dressés en 1906 par l’architecte Paul Mathieu. De son nom complet, Paul Eugène Adrien Mathieu est né en 1872 en Côte d’Or à Saint-Seine-l’Abbaye. Il est architecte municipal pour la Ville de Troyes, diplômé par le Gouvernement et également membre de la Société Académique de l’Aube. Il décède le 10 septembre 1937 à son domicile, avenue Pasteur à Troyes.

Les plans de Monsieur Mathieu représentent un plan de situation ainsi que les 4 façades de la maison, les trois étages et le sous-sol. On remarque quatre cheminées et de très nombreuses fenêtres. Il y en a onze sur la façade principale et postérieure, et six donnant sur la rue Diderot et sur le jardin. Les lucarnes des combles sur les façades latérales ont un fronton (1) en arc plein cintre (2) alors que celles situées sur la façade principale et arrière ont un fronton en arc surbaissé (3) bombé (4). La maison possède trois portes d’entrée, une principale disposant d’un perron, une deuxième située sur la façade arrière et une troisième, située sur la façade latérale côté jardin, accessible également par quelques marches.

Plan des façades et de masse 7 rue DiderotVoir l'image en grand 

Plan de situation, plans des façades et plans de masses à l’échelle 0,01 pm de la maison située au 7 rue Diderot, appartenant à Monsieur Claude Fromonot. Dressé par l’architecte Paul Mathieu, le 1er mars 1906. Papier calque, 68,4x50 cm. Cote archives 4O18

En ce qui concerne l’intérieur de la maison, son rez-de-chaussée se compose d’un vestibule desservant, à droite un salon, en face la salle à manger et à gauche un bureau attenant à une petite salle-à-manger située à proximité de l’office et de la cuisine. Un couloir donne un accès direct depuis l’extérieur côté jardin. La présence de quatre pièces à vivre montre la certaine aisance financière du propriétaire. Cependant, même les pièces destinées aux domestiques sont bien aménagées, avec la présence de l’office accolé à la cuisine qui est destiné à la préparation du service de la table.

Au premier étage, quatre chambres sont aménagées et chacune d’elle dispose d’une pièce personnelle utilisée pour s’habiller. Ces toilettes, tout comme la présence d’une salle de bain et de WC, indiquent un certain niveau de confort et de commodités aisés, ainsi qu’une attention particulière à l’hygiène. Un balcon-terrasse est également construite à cet étage.

Le deuxième étage de la maison, les combles, est également convenablement agencé bien qu’il soit principalement destiné aux domestiques. Cet étage se compose d’une chambre pour les domestiques avec un espace de rangement ainsi que deux autres chambres accompagnées chacune de toilettes. Il y a encore la présence d’un WC tout comme d’un débarras et d’un grenier qui permet le stockage et le rangement.

Le sous-sol est bien équipé : il y a une cave, une fosse septique offrant hygiène et propreté dans la maison et une salle combustible composée d’un espace pour le charbon et d’un calorifère apportant tout le chauffage dans la maison grâce au système d’évaporation.

Spacieuse et confortable, la maison dispose de toutes les commodités nécessaires et démontre le niveau de vie du futur propriétaire, Monsieur Claude Fromonot.

Né le 25 mai 1831 à Courtaoult dans l’Aube, Claude Fromonot devient négociant et marchand de vin en gros. Il habite au 71 rue Thiers (actuelle rue Général de Gaulle) à Troyes avec sa femme, Catherine Adèle LAURENT, née à Troyes le 27 mai 1835. Devenu veuf le 10 octobre 1908, Claude Fromonot prend sa retraite et emménage au 7 rue Diderot avec son fils Claude-Marie, né le 8 juillet 1860, et une domestique prénommée Jeanne-Eugénie Gillot, née en 1862. Claude Fromonot décède à son domicile le 5 décembre 1914, à l’âge de 83 ans. A la mort de son père, Claude-Marie vit dans la maison avec sa femme Emilie, née en 1862 et deux domestiques, Mathieu, né en 1858 et Marie Hafner, née en 1861. Il déménage de la maison en 1924 pour habiter à Saint-Parres-les-Vaudes avec sa femme.

Son frère Gustave-Marie, né le 20 mai 1869 et ingénieur à Paris, prend alors possession de la propriété. Il y vit avec son épouse Joséphine Jeanne Joly, née en 1868 et leur domestique Clémentine Rochereuil, née en 1892. Cet ingénieur dans la Marine et Chevalier de la Légion d’honneur décède également au 7 rue Diderot, le 21 juillet 1934, à l’âge de 65 ans. Joséphine Jeanne, sa veuve, hérite de la maison. Elle loue notamment une chambre à Jean Fily, ingénieur chez Vachette et Compagnie.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la maison est réquisitionnée par les allemands du 1er janvier au 31 décembre 1942. Dès le mois de janvier 1943, Joséphine Jeanne Fromonot souhaite faire don à la Ville de Troyes de la propriété rue Diderot. Cette proposition est adoptée par le Conseil municipal le 23 mars 1943. Cette donation établit que Joséphine garde l’usufruit de sa maison jusqu’à sa mort tandis que l’entretien et les charges liés à l’édifice et au jardin, le tout réparti sur une surface de 1613m², incombent à la Ville de Troyes. Joséphine Jeanne décède à Troyes le 25 mars 1945. La maison reste inoccupée avant de servir de logement de fonction ainsi que de cantine pour le groupe scolaire Diderot.

Le projet d’habitation correspond à la construction achevée. Bien que des détails manquent sur les plans de façades, on remarque quelques modifications.

Le nombre de fenêtres diffère sur la façade latérale côté jardin puisque deux lucarnes ont été rajoutées. Toutes les ouvertures situées au niveau des combles sont finalement de formes et de tailles identiques, avec un fronton en arc surbaissé bombé. Toutes les fenêtres du rez-de-chaussée disposent d’un fronton, bien que cela ne soit pas indiqué sur les plans. Certains sont en arc surbaissé bombé et d’autres sont triangulaires. Sur la façade latérale située rue Jean-Claude Habert, une fenêtre au rez-de-chaussée a été rajoutée lors de la construction et l’orientation des ouvertures qui suivent l’implantation de l’escalier a été inversées. Une frise horizontale est également présente sous le toit en ardoise, le long des façades latérales et de la façade principale. Aucune indication sur les plans n’est faite concernant les chaînes d’angles (5) et les jambages (6) en pierre. Il en est de même pour les linteaux (7) ; un seul est en brique avec un arc surbaissé, tous les autres ont une forme de plate-bande en pierre. Avec le temps, des marquises ont été installées voire rénovées au-dessus des trois portes d’entrée et le portail a été repeint et électrifié.

 

[1] Fronton : http://www.editions-eyrolles.com/Dico-BTP/definition.html?id=4540

[2] Arc plein-cintre : http://www.editions-eyrolles.com/Dico-BTP/definition.html?id=516

[3] Arc surbaissé : http://www.editions-eyrolles.com/Dico-BTP/definition.html?id=521

[4] Arc bombé : http://www.editions-eyrolles.com/Dico-BTP/definition.html?id=491

[5] Chaîne d’angle : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cha%C3%AEnage

[6] Jambage : http://www.editions-eyrolles.com/Dico-BTP/definition.html?id=5251

[7] Linteau : http://www.editions-eyrolles.com/Dico-BTP/definition.html?id=5558
Le fait qu’il soit en plate-bande, signifie qu’il a une forme droite et horizontale

 

Cote archive : 1D86, 1F74, 2H97, 4O18, 1O355, 1821W22, 1822W252

Bibliographie :
- HUMBERT Jean-Louis, Troyes. Bourgeoises & ouvrières. Maisons du XIXe siècle. Editions Sauvegarde et Avenir de Troyes, Troyes, 2005, 80 p.


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