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Octobre 2016

Ecole municipale des Beaux-Arts

Officiellement reconnue en février 1779 par lettres patentes du Roi Louis XVI, l’école de dessin de la Ville de Troyes devient une « école royale gratuite et publique de dessin, de mathématique, d’architecture et des arts ». Enregistrées au Parlement le 23 mars 1781, ces lettres patentes donnent substance à une école jusqu’alors informelle, fondée en 1773 et dirigée par la bonne volonté de cinq artistes troyens.

Suite à la proclamation du Premier Empire, le 28 floréal an XII (18 mai 1804), l’école de dessin se transforme, par arrêté municipal daté du 28 brumaire an XIII (19 novembre 1804), en Ecole impériale des Arts. La rentrée s’effectue le 1er nivôse an XIII (22 décembre 1804), les cours de dessin et d’architecture, sont donnés dans les salles dédiées à l’établissement depuis sa création, situées au 1er et 2ème étage de la Maison commune (l’Hôtel-de-Ville).

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Affiche pour la réouverture le 1er nivôse an XIII (22 décembre 1804) de l’Ecole impériale des Arts, Maison commune. Ville de Troyes, 5 frimaire an XIII (22 novembre 1804). Papier, 36x46 cm. Cote 1Fi982

Affiche Ecole impériale des Arts pour la rentrée du 5 novembre 1806, Hôtel de Ville. Ville de Troyes, 1806. Papier, 35,9x45,5 cm. Cote 1Fi986

Au cours de l’année 1816, la Ville de Troyes reçoit une compensation financière par l’Administration Centrale du Département en dédommagement de la vente de la maison de Monsieur Jacques de Brunneval, maison qui aurait dû revenir à la ville. En effet, Monsieur de Brunneval stipule dans son testament daté du 30 mars 1775, vouloir léguer, après sa mort et celle de sa femme, Madame Madelaine Elizabeth Lerouge, sa maison située à l’angle de la rue de la Levrette (actuellement rue de Brunneval) et de la rue de Bourgneuf (actuellement rue du Palais de Justice) à la Ville de Troyes. Cependant, la maison ayant été vendue au titre de bien national à Monsieur Chérot Marois le 18 germinal an 6 (7 avril 1798) par l’Administration centrale, la ville n’a pu rentrer en jouissance de la propriété après le décès de Madame Lerouge le 21 février 1816. Suite à de nombreuses réclamations, la Ville de Troyes obtient finalement une indemnité à hauteur de la valeur de la maison qui, à défaut de fournir un bâtiment propre à l’école de dessin, doit permettre d’améliorer les conditions d’enseignement.

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En 1855, l’école de dessin est transférée au 37 rue du Temple (rue Général Saussier). Mais très vite, dix ans après l’installation dans ces locaux, ceux-ci deviennent insuffisants, délabrés et surtout insalubres pour l’accueil d’enfants. La Ville de Troyes met en place, dès le 2 février 1867, des travaux d’adjudication afin de réaménager les bâtiments de l’ancien Petit Séminaire, situés rue du Flacon (actuelle rue Boucherat). Devenus libres, ces locaux ont la capacité d’accueillir plusieurs écoles, réparties sur deux étages. Ainsi le rez-de-chaussée est distribué entre une salle d’asile (200 enfants), une école de filles (130 enfants), une école des enfants de fabrique (réservée aux garçons).




 

 

Affiche Ecole gratuite de dessin et d’architecture pour la rentrée du 3 novembre 1863, rue du Temple. Ville de Troyes, 13 octobre 1863. Papier, 35,8x46 cm. Cote 1Fi996
  Octobre-2016-Plan-masse-1er-etageVoir l'image en grand   Octobre-2016-Affiche-rentree-4janv1869Voir l'image en grand
Plan de masse du 1er étage pour le projet d’installation dans les Bâtiments du Petit Séminaire, d’une salle d’asile, d’une école des enfants des Fabriques, d’une salle pour les cours de Dessin et d’une école de filles. Dressé par l’architecte-voyer Person, le 30 juin 1866. Calque, 66x53 cm. Cote 4M142

Affiche Ecole gratuite de Dessin et d’Architecture, pour la rentrée du 4 janvier 1869, rue Boucherat. Ville de Troyes, 24 décembre 1868. Papier, 49x63,7 cm. Cote 1Fi998

Le 1er étage est, quant à lui, occupé par l’école de dessin et d’architecture et une école protestante, alors que l’école de chant est destinée au 2ème étage. Cependant, il faut attendre le 13 août 1868 pour que le Conseil municipal adopte par délibération le projet d’exécution des travaux concernant l’éclairage, la ventilation, l’appropriation et l’ameublement de la nouvelle école de dessin. Celle-ci doit remplacer celle située auparavant rue du Temple. Les cours se diversifient également, avec  l’apprentissage des mathématiques industrielles, au même titre que les cours de dessin et d’architecture. La rentrée s’effectue le 1er novembre 1868, bien que la réception définitive des travaux ne soit réalisée que le 22 septembre 1870.

Cependant, face au nombre croissant d’enfants inscrits, le Conseil municipal vote, le 12 novembre 1872, divers travaux permettant l’agrandissement de l’école municipale de dessin.

Jusqu’à présent réservée aux garçons, la création d’une école de dessin pour filles est envisagée par les conseillers municipaux le 19 août 1878. Le 13 décembre de la même année, le Conseil municipal propose de dispenser des cours également dans les locaux de la rue Boucherat et de les diviser principalement en deux sections : les cours artistiques et les cours industriels. Moins d’un an plus tard, le 10 septembre 1879, une délibération du Conseil municipal est adoptée pour permettre l’aménagement des locaux occupés par l’école municipale de dessin.

En 1900, le Conseil municipal décide la construction d’un groupe scolaire à l’emplacement de l’ancien couvent des Jacobins. Celui-ci est prévu pour accueillir une école de filles, une école ménagère et une école de dessin. Les travaux débutent en 1901. Le devis descriptif établi par l’architecte Alexandre Vermot, le 15 novembre 1898, est repris et approuvé en préfecture le 20 octobre 1900. Bien que partageant les locaux, les quatre écoles sont conçues pour être indépendantes les unes des autres. 

La vétusté des locaux situés rue Hennequin et rue Boucherat, impose, le 4 avril 1903, le transfert des cours secondaires de jeunes filles à l’école des Jacobins. La rentrée des classes se fait après les vacances de Pâques et pendant près de dix ans, le collège de jeunes filles occupe l’aile droite du groupe scolaire à la place de l’école professionnelle, qui s’est vue attribuer les locaux dans l’autre aile. Le 14 avril 1904, Paul Mathieu, architecte, procède à la réception définitive des travaux du groupe scolaire des Jacobins.

  Plan-facade-groupe-scolaire-JacobinsVoir l'image en grand

Octobre-2016-Affiche-rentree-16oct1905Voir l'image en grand

Plan de la façade à l’échelle 0,01 pm de l'école de fille, de l'école ménagère et de l'école de dessin du groupe scolaire des Jacobins. Dressé par A. Vermot le 1er avril 1900. Feuille cartonnée, 100,4x52,7 cm. Non coté

Affiche Ecole municipale de Dessin pour la rentrée du 16 octobre 1905 au groupe scolaire des Jacobins. Ville de Troyes, 7 octobre 1905. Papier, 64,8x98 cm. Cote 1Fi920

Pendant la Première guerre mondiale, le groupe scolaire des Jacobins est réquisitionné pour y installer un hôpital. Dès 1914, l’école de dessin est de nouveau transférée dans les locaux de la rue Boucherat. A la fin de la guerre, l’établissement des Jacobins reprend son activité avec des effectifs scolaires réduits. La Seconde Guerre mondiale entrave également le bon fonctionnement de l’école de dessin, jusqu’à sa fermeture complète en 1941. Elle rouvre ses portes en 1942, dans les mêmes locaux de la rue Boucherat et prend le nom d’Ecole municipale des Beaux-Arts (Académie Girardon).

En 1947, des travaux de remise en état sont réalisés par la Ville de Troyes, dans les locaux du 37 rue Général Saussier. L’école municipale de dessin y a repris sa place peu de temps après sa réouverture pendant la Seconde Guerre mondiale, suite à la libération du bâtiment par les Allemands.

Les effectifs étant minimes, il faut attendre le 1er octobre 1953 pour que les cours se développent avec l’intégration des élèves du Centre d’Apprentissage de la Bonneterie. En 1964, l’école s’accroit d’avantage grâce à la création d’une section de cours à temps complet. Le 26 janvier 1973, cette section est transférée dans les locaux situés 9 rue Jeanne d’Arc, acquis entre 1969 et 1970 par la collectivité pour pallier à la vétusté et à l’exiguïté des salles occupés jusqu’alors par l’école de dessin. En 1993, les locaux de la rue Jeanne d’Arc ferment et les cours sont rassemblés au 37 rue Général Saussier. Quelques travaux d’aménagement et de mises aux normes sont alors réalisés les années suivantes. Ces locaux sont toujours utilisés par l’école.

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Façade de l’école des Beaux-Arts et Arts appliqués, 37 rue Général Saussier. Anonyme, 1968. Photographie, 18,1x23,8 cm. Cote 1178W11

Salle de classe de l’école des Beaux-Arts et Arts appliqués, 37 rue Général Saussier. Anonyme, 1968. Photographie, 23,8x18,1 cm. Cote 1178W11

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Cours de dessin à l’école des Beaux-Arts et Arts appliqués, 37 rue Général Saussier. Anonyme, 1968. Photographie, 283,8x18,1 cm. Cote 1178W11

 

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Cotes archives : 1D28, 1D33, 1D85, 1D90, 1D97, 1D116, 2D1, 1Fi982, 4M142, 1R359, 1R360

Sources bibliographiques :

- DEGOIS Robert, Troyes rue par rue, le Bouchon de Champagne, Ed. La Maison du Boulanger, Troyes, 1998, p. 197-198

- SAINTE-MARIE Jean-Pierre, « De l’Ecole royale de dessin à l’Ecole des Beaux-Arts de Troyes », la Vie en Champagne, Troyes, n°334, juillet-août 1983, p. 1-13

- VUILLEMIN Michel, « L’Ecole municipale des Beaux-Arts », Les Cahiers Aubois d’Histoire de l’Education, Troyes, n°26, octobre 2004, p. 13-14


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