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Septembre 2016

Bibliothèque Saint-Loup – Médiathèque du Grand Troyes

L’abbaye de Saint-Loup, édifiée au IXe siècle à l’intérieur des remparts de Troyes, tient son nom de Saint-Loup, évêque de Troyes de 426 à 478/479 célèbre pour avoir tenu tête aux Huns pendant les invasions. Réformée au XIIe siècle, l’abbaye reste en activité jusqu’à la Révolution, date à laquelle ses biens sont dispersés et sa maison abbatiale confiée à la Ville.

Quelques années plus tard, et suite à la fermeture de l’Ecole centrale du département, cette maison est transformée en 1811 : le rez-de-chaussée devient un musée entreposant les statues et sculptures religieuses du département, et le premier étage est aménagé en bibliothèque.

Le 4 mars 1814, la bataille engageant Napoléon et les armées alliées au sein de la ville provoque l’éclat d’un obus à l’origine d’un incendie à l’intérieur du musée, l’obligeant à fermer ses portes et à déplacer au second étage de la Préfecture le peu d’objets épargnés. Ce n’est qu’en 1831, que la Société d’Agriculture, Sciences, Arts et Belles Lettres du département souhaite ouvrir de nouveau le musée dans son ancienne salle de l’abbaye Saint-Loup, sous la bibliothèque, afin d’y installer la collection d’histoire naturelle, dont elle a la charge, enrichie depuis par des instruments de physique et des tableaux. Le 3 août 1832, le Conseil municipal vote l’acquisition de terrains et bâtiments contigus à la bibliothèque afin d’agrandir les locaux. Ouvert le 6 janvier 1833, le musée partage le rez-de-chaussée avec l’école d’enseignement mutuel de jeunes filles, qui libère les locaux la même année. Ceux-ci sont récupérés par le musée pour aménager une seconde salle abritant tableaux, modèles, objets d’art et instruments oratoires.

Le 9 novembre 1860, Monsieur Harmant, bibliothécaire, propose de construire une « seconde aile au musée » car « le besoin d’une salle de lecture pour l’hiver » et « le besoin plus pressant encore d’un logement pour les livres qui ne sont pas placés et pour ceux qui le sont mal » se fait cruellement sentir.

Ce n’est que neuf ans plus tard, que le Conseil municipal adopte, le 7 août 1869, « l’établissement d’une bibliothèque populaire, l’agrandissement de la salle de lecture de la bibliothèque publique ». L’ensemble du projet est confié à l’architecte-voyer Edmond Bailly, qui propose, en 1870, la restauration du bâtiment principal, la construction d’un pavillon pour le concierge rue Saint-Loup (actuellement rue Chrestien de Troyes) et la construction d’une aile donnant sur la rue de la Cité. Ces propositions, bien que nécessaires, n’aboutissent pas.

Ce n’est qu’en mars 1882, à la mort de Jean-Baptiste Joseph Brissonnet, que l’agrandissement de la bibliothèque peut être envisagé. Philanthrope troyen, il lègue 200 000 francs à la Ville, répartis et alloués de façon à permettre sa modernisation et son embellissement. Après deux ans de négociations, le Conseil municipal obtient des légataires testamentaires la modification de la répartition des sommes préalablement définies afin de consacrer le reliquat « à la construction, pour la Bibliothèque d’un Pavillon semblable en parallèle à celui dans lequel sont installés le musée de peinture et le musée Simart ; ce pavillon devra porter le nom de "Pavillon Brissonnet" ». « Enfin, les travaux pour la construction du Pavillon devront être commencés dans le cours de cinq années à partir du 1er janvier 1885 et devront être continués jusqu’à l’achèvement complet du Pavillon ». Le cahier des charges est rédigé en 1886 et les travaux ne débutent qu’en 1889, obligeant, à partir de juillet, le transfert provisoire de la bibliothèque municipale et de la bibliothèque de la Société Académique dans des salles réservées au musée.

 

  Façade de la rue Saint-LoupVoir l'image en grand

Plan à l’échelle 0,02 pm de la façade rue Saint Loup (actuelle rue Chrestien de Troyes), pour la construction d’une partie de l’Aile droite. Construction qui s’inscrit dans le projet d’agrandissement du Musée et de la Bibliothèque. Dressé par A. Vermot, le 15 novembre 1888. Document restauré en 2009, avec le soutien financier de la DRAC Champagne-Ardenne. Papier cartonné, 51,3x66,9 cm. Coté 4Fi1017


 

Une dizaine d’année plus tard, en 1902, la restauration de la façade principale de la bibliothèque et du musée, est mise en œuvre par l’architecte en chef de la Ville de Troyes, Paul Mathieu. De la même manière, en 1904, la Ville de Troyes fait appel au Ministère de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts pour restaurer les vitraux de la bibliothèque. Ceux-ci, devenus Monuments Historiques le 25 mai 1904, ont été réalisés par Linard Gonthier pour l’Hôtel de l’Arquebuse entre 1615 et 1630. Réparés régulièrement depuis leurs installations dans la Grande Salle de la bibliothèque, ils bénéficient d’une campagne de restauration menée par Sainte-Anne Auguste Louzier, architecte en chef des Monuments Historiques du département de l’Aube.

Le 4 mai 1912, la Ville de Troyes obtient pour sa bibliothèque l’appellation de Bibliothèque Municipale Classée.

Grâce au legs du Docteur Millard, la Ville de Troyes souhaite, en octobre 1933, étendre la bibliothèque municipale, qui occupe les quatre étages du Pavillon Brissonnet. L’aménagement, terminé en 1937, permet de disposer, au rez-de-chaussée, la salle de lecture de la bibliothèque ainsi qu’une salle de consultation pour périodiques et catalogue, une salle de travail réservée aux recherches et les bureaux du personnel. Le Musée des arts décoratifs Eugène Piat, présent depuis 1894 à cet emplacement, est transféré à l’Hôtel du Vauluisant.

La Seconde Guerre mondiale bouleverse l’organisation de la bibliothèque municipale. Dans un premier temps fermée, elle rouvre progressivement ses portes au public dès le 30 septembre 1939. Les menaces de bombardements obligent le personnel à mettre en caisses puis évacuer les manuscrits et fonds anciens vers d’autres localisations plus sécurisées, comme d’ailleurs en 1918. Cependant, les conditions de travail retardent considérablement l’avancée de l’évacuation des ouvrages précieux. La bibliothèque reprend un fonctionnement quasiment normal dès le 5 avril 1940, ce qui permet d’accueillir le public tout en permettant la délocalisation des documents qualifiés d’irremplaçables.

Après la guerre, la bibliothèque se modernise. Dès le milieu des années 1950, les peintures, l’installation électrique et le chauffage sont rénovés. La Ville investit également dans de nouveaux rayonnages ainsi que dans un lecteur de microfilm afin de consulter les manuscrits anciens reproduits sur films.

Dans les années 1960, la Ville de Troyes souhaite de nouveau agrandir la bibliothèque municipale, devenue avec le temps, trop étroite, pour le nombre de lecteurs et d’ouvrages en constante augmentation. En 1967, Pierre Drouin, architecte en chef des Bâtiments civils et Palais nationaux réalise l’agrandissement de la bibliothèque en érigeant un pavillon d’angle situé rue de la Cité. Il permet de faire la jonction entre le Pavillon Brissonnet et l’ancienne Abbaye Saint-Loup ; l’ajout d’un perron permet également d’installer l’entrée rue de la Cité.

  Pavillon Brissonnet et nouveau pavillon de 1967Voir l'image en grand

Pavillon Brissonnet avec le nouveau pavillon de 1967 avec le perron devant l’entrée, rue de la Cité. Anonyme, ca 1968. Photographie, 26,5x21 cm. Coté 99W5



 

En 1983, la Grande Salle qui accueille les manuscrits est en cours de restauration, et, avec elle, les vitraux de Linard Gonthier exposés aux huit fenêtres de la salle.

  Grande Salle de la Bibliothèque municipale de TroyesVoir l'image en grand

La Grande Salle de la Bibliothèque Municipale de Troyes, vue de l’intérieur. Dimension de la pièce : L. 55m ; l. 10m ; H. 7m. Publiée par l’Association des Amis de la Bibliothèque de Troyes en 1987. Carte postale, 15x10,6 cm. Coté 6Fi12

La proposition de créer une médiathèque avec des locaux plus adaptés aux collections et au public est à l’étude depuis les années 1990. C’est en 1997 que le projet, mené par la Communauté d’Agglomération Troyenne (maintenant Grand Troyes), prend forme grâce au programme de Bibliothèque Municipale à Vocation Régionale (B.M.V.R), mis en place par l’Etat. En juin 1997, les architectes parisiens, Pierre Du Besset et Dominique Lyon, sont choisis par le jury du concours d’architecture. Leur avant-projet définitif est fixé le 27 avril 1998 et l’emplacement choisi, dénommé site Argence, est celui situé à côté de l’Espace Argence et du Conservatoire Marcel Landowski.

La pose de la première pierre est réalisée pendant l’hiver 1999 et les travaux sont finalisés en 2002. Cette année-là, les deux architectes sont lauréats du prix de l’Equerre d’argent d’Architecture du Moniteur pour leur projet concernant la Médiathèque de Troyes.

  Signature du livre d'or par Jacques ChiracVoir l'image en grand

Signature du livre d’or par Jacques Chirac, Président de la République, au centre, lors de l’inauguration de la Médiathèque de l’Agglomération Troyenne. De gauche à droite, Messieurs Jean-Claude Etienne, Stéphane Bouillon, Marc Sebeyran, François Baroin et Thierry Delcourt. Publiée par l’Académie Troyenne d’Etudes Cartophiles, d’après la photo de l’Est-Eclair prise le 14 octobre 2002. Carte postale, 15x10,5 cm. Coté 6Fi48

L’inauguration a lieu le 14 octobre 2002, en présence du Président de la République Jacques Chirac. Cette nouvelle médiathèque doit permettre de mieux redéfinir les espaces dédiés au public, aux chercheurs, aux ouvrages précieux, aux expositions ainsi qu’au personnel, mais également d’en créer de nouveaux afin d’y intégrer les nouvelles technologies.

Le 17 octobre de cette même année, les locaux vacants de la Bibliothèque Saint-Loup sont affectés au secteur culturel par le Conseil municipal, qui souhaite y développer des animations avant de mettre en place un programme global de restructuration des Musées.


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Cotes archives : 1D12, 1D40, 1D127, 1D152, 1D163, 4M507, 4M509, 4M511, 4M512, 4M514, 4M517, 4M518, 4M519, 99W5

Sources bibliographiques :

- DEGOIS Robert, Troyes rue par rue, le Bouchon de Champagne, Ed. La Maison du Boulanger, Troyes, 1998, p. 13-18

- DROUIN Pierre, « Le pavillon de 1967 », La Vie en Champagne, Troyes, n°159, septembre 1967, p.17-25

- « La Bibliothèque de Troyes », Art et métiers du livre, Supplément au n°224, juin 2001, 14 p.

- http://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1912_num_73_1_460930

- Vitraux de la Bibliothèque, Base Mérimée, Ministère français de la Culture, Notice n°PM10002632

- Ancienne Abbaye Saint-Loup, Base Mérimée, Ministère français de la Culture, Notice n° PA00078248

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