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Août 2016

Théâtre de Champagne

Cotes archives : 1D25, 1D66, 1D71, 1D73, 1D79, 1D86, 1D109, 3O465, 4M586, 4M590, 4M591, 4M592, 4M593, 4M601, 2R261, 2R262, 2R272 

Sources bibliographiques : DEGLAIRE Clémence, Les Théâtres de Troyes : Un patrimoine préservé au cœur de l’animation culturelle troyenne, Troyes, Université de Reims Champagne-Ardenne, Mémoire de Master, 1er année, juin 2007, 161 p.

FRIDMANN Pauline, inventaire 1681W – Théâtre de Champagne, avril-juin 2013

Ancien cirque municipal, Base Mérimée, Ministère français de la Culture, Notice n°PA00078252 

 

Bien avant son premier cirque permanent, la Ville de Troyes possédait uniquement des pistes provisoires. Celles-ci étaient installées dans des baraquements en bois montés au moment des Foires de Mars afin d’accueillir des représentations de spectacles équestres.

 

C’est en 1859 que le Conseil municipal évoque la possibilité de se doter d’un véritable bâtiment fixe. La même année, trois entrepreneurs, Alexandre Léon Verdy, Ernest Joseph Dubois et D. Patrois, proposent d’en construire un, entièrement à leurs frais. Après plusieurs mois de négociations, un accord est finalisé le 25 septembre 1860. Celui-ci prévoit, entre autres conditions, que Messieurs Verdy, Dubois et Patrois bénéficient de la jouissance et de l’exploitation de l’édifice sur une durée de cinquante ans. Une fois celle-ci écoulée, l’Administration municipale devient propriétaire de l’établissement.

Le Conseil municipal choisi de l’installer entre le quai Napoléon (quai Dampierre), la porte de Preize et le faubourg de Preize (boulevard Gambetta), emplacement qu’il occupe toujours actuellement. Terminé entre 1861 et 1862, le cirque et son café sont entièrement construits en bois, d’après les plans de Monsieur Berthelin, architecte à Paris.

 

Pendant trente ans, ce cirque public abrite de nombreuses représentations équestres et manifestations. Dans la nuit du 30 avril au 1er mai 1892, un incendie le détruit, laissant la ville sans cirque pendant un an. La question de sa reconstruction, sur le même emplacement, divise les habitants des quartiers et plusieurs pétitions sont alors lancées. Profitant de cette opportunité, Joseph-Antoine Plège, entrepreneur de spectacle de cirque, propose de construire à ses frais, un cirque en bois de 39 mètres de diamètre, dont l’inauguration est prévue pour les Foires de mars 1893. Celui-ci, nommé Cirque Plège, est situé boulevard Victor Hugo dès 1893, et ce jusqu’en 1901, année de sa disparition suite à un nouvel incendie. Cette même année, la Ville de Troyes entreprend la construction d’un cirque municipal en brique avec écuries. L’architecte sélectionné lors du concours est Henri Schmit. Né à Reims en 1851, il installe son cabinet à Paris et à Monaco, où il décède en décembre 1904, avant d’avoir pu superviser l’intégralité des travaux du cirque municipal. 

 

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Plan à l’échelle 0,02 pm de la façade principale du Cirque Municipal. Dressé par Henri Schmit, à Paris, en 1902. Papier cartonné,102,5x69,5 cm. Non coté, ac : 4M592


 

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Plan à l’échelle 0,01 pm de la façade latérale du Cirque Municipal, rue du Cirque. Dressé par Henri Schmit, à Paris, en 1902. Papier cartonné, 68,5x53 cm. Non coté, ac : 4M592


 

Son projet prévoit, au sous-sol, les urinoirs du personnel et la chaufferie. Au rez-de-chaussée, l’entrée donne sur un vestibule et les guichets pour les billets, de même que l’office de la direction et les postes des pompiers, de la police et du médecin. Plusieurs couloirs mènent aux écuries (avec sellerie et accessoires) ainsi qu’à la salle dotée d’une piste équestre. Celle-ci est aménagée de façon à recevoir une scène avec un plancher et des décorations, elle est entourée par des gradins et une galerie-promenoir. Une salle d’orchestre, des loges d’artistes et une salle pour les musiciens sont prévues. Des vestiaires, des W.C. et un bar-buvette sont répartis dans l’ensemble de l’établissement. Le Café du Cirque, qui donne sur le boulevard Gambetta, et le buffet-glacier, ouvert sur la rue du Cirque (rue Louis Mony) sont également au rez-de-chaussée. Au 1er étage, la laverie ainsi que des vestiaires, des vomitoires, des urinoirs, et des W .C. sont installés. Au 2e et  dernier étage, se situent la galerie, le débarras et la bibliothèque musicale. Le tout devant être équipé d’une ventilation, d’un système de calorifères à vapeur basse pression et de l’électricité. Le coût estimatif pour la réalisation de ce programme s’élève à 425 382,33 francs.

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Plan à l’échelle 0,01 pm des gradins du Cirque municipal. Dressé par l’Architecte en chef de la Ville de Troyes, sans date. Papier cartonné, 92,5x69 cm. Non coté, ac : 4M592


 

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Plan à l’échelle 0,01 pm de la façade postérieure du Cirque Municipal, quai Dampierre. Dressé par Henri Schmit, à Paris, en 1902. Papier cartonné, 75x53 cm. Non coté, ac : 4M592


 

La réception définitive est réalisée le 10 mars 1906, mais ce nouvel édifice est loué dès la fin des travaux en 1905, et ce, jusqu’en 1908, à Monsieur Dauriac, également directeur du Théâtre municipal (actuel théâtre de la Madeleine).

En 1908, les deux directions sont scindées et l’exploitation du Cirque est confiée à la troupe Ancillotti-Plège, pour une année seulement. A partir de 1909, le Conseil municipal décide de mettre en adjudication la gestion du cirque. Attribuée à Henri Coucheman, celui-ci devait rester en place de 1909 à 1918, mais la Première Guerre mondiale oblige à fermer l’établissement, le bail d’exploitation est reporté jusqu’en 1923.

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Arrière du Cirque municipal, vue depuis le quai Dampierre. Photographiée et imprimée par Neurdein et Cie, Paris, sans date. Carte postale, 14x9 cm. Cote 5Fi20


 

 

De 1923 à 1928, Edouard Ancillotti prend en charge la gestion du Cirque. Suite à des problèmes financiers, le Conseil municipal décide de transmettre en octobre 1928 le bail à la Société des Théâtres Cinématographiques de Province (filiale de la maison Gaumont), déjà gérante du cirque depuis septembre 1927 sous l’autorité et pour le compte de Monsieur Ancillotti. La société nomme Denis Tsaropoulos administrateur. Celui-ci abandonne peu à peu, face à l’engouement croissant pour le cinéma parlant, la présentation de spectacles équestres et programme de plus en plus des spectacles de music-hall et des projections de films. En avril 1941, la Société des Théâtres Cinématographiques de Province cède le droit de bail à la Société Cinéma-Spectacle de l’Est, gérée par Monsieur Tsaropoulos. Il réalise quelques aménagements, notamment l’agrandissement d’une cabine de projections cinématographiques en avril 1957. En 1966, la Société Cinéma-Spectacle de l’Est met fin à son contrat d’exploitation avec la Ville de Troyes, qui reprend donc la gestion de sa propriété et décide de rénover une partie du bâtiment, notamment la toiture, les gradins et les commodités.

 

Le 9 février 1967, le Cirque municipal, devenu Palais des Congrès, passe en gestion conjointe avec le Théâtre municipal. De nombreux travaux sont enclenchés. Les façades et la couverture sont restaurées ; l’installation électrique, mise aux normes dans les années 1930 puis 1950, bénéficie d’une nouvelle réfection, tout autant que le chauffage et la sécurité ; de même que la scène, l’isolation et la décoration sont réaménagées et rénovées, sans que l’établissement ne cesse ses programmations. Les gradins sont tous remplacés et leur configuration est totalement bouleversée ; celle-ci présente les sièges en demi-cercle, face à la nouvelle scène reculée au fond de la salle, faisant ainsi disparaitre son ancienne configuration de cirque. Les façades et la toiture sont par ailleurs protégées et inscrites sur la liste des Monuments historiques depuis le 29 octobre 1975. Le 26 mai 1978, le Palais des Congrès devient, lors du Conseil municipal, le Théâtre de Champagne, nom qu’il porte toujours actuellement.

 

En 1981, l’Association pour la Promotion des Théâtres et des Chœurs de Troyes est créée dans le but de soutenir la municipalité dans la gestion et l’organisation des théâtres. Jusqu’en 1991, elle travaille en coordination avec l’association Théâtre lyrique de la Seine.

A partir de 1991, l’Association pour la Promotion des Théâtres et des Chœurs de Troyes devient l’Association pour la Promotion des Théâtres de Troyes et récupère, à elle seule, jusqu’en 2001, la gestion de l’activité du Théâtre de Champagne et de la Madeleine.

 

En 2001 elle est absorbée par La Maison du Boulanger. Ce centre culturel associatif gère les théâtres de Troyes depuis 2002, en partenariat avec le programme national « Scène Conventionnée ». Cependant, le Théâtre de Champagne ne fait pas partie de ce programme, contrairement au Théâtre de la Madeleine, cela lui permet de diffuser une saison culturelle plus variée avec des spectacles de comédie, d’humoristes ou encore des concerts.

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