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Juillet 2016

Théâtre de la Madeleine

Le théâtre de la Madeleine occupe son emplacement actuel dès le 14 septembre 1776, date à laquelle Nicolas Goulin, avec l’accord du Conseil municipal qui lui concède le terrain, décide d’y construire l’Hôtel des Spectacles de la Ville de Troyes entre 1777 et 1778. Celui-ci étant en bois, il se situe à l’extérieur de la ville le long des remparts, afin d’éviter les incendies intra-muros comme ceux qui ont emporté, en 1731 et 1775, la précédente salle de spectacle, la Comédie, située rue de la Fraternité (aujourd’hui rue Georges Clemenceau).

Nicolas Goulin revend l’Hôtel des Spectacles le 13 février 1786, à François Prompt, en partie associé pour sa gestion avec Charles Jean Marie François Corthier, notaire à Troyes et François Bézançon, propriétaire à Saint-Maur-des-Fossés. Cependant leur collaboration prend fin le 2 messidor an 5 (20 juin 1797), lorsque Monsieur Prompt cède sa part à Monsieur Bézançon, devenu ainsi propriétaire aux deux tiers du bâtiment, laissant le dernier tiers à la possession de Monsieur Corthier.

Le 12 mai 1813, les Conseillers municipaux souhaitent acquérir pour le compte de la ville, l’Hôtel des Spectacles. Il charge donc René Cogit, conseiller municipal, de régler la vente. Le 4 juin 1813 Monsieur Bézancourt revend ses parts pour 13 333,32 francs tandis que Monsieur Corthier cède sa part le 29 juin 1813 pour la somme de 6 666,67 francs. La Ville doit contracter un emprunt de 30 000 francs pour finaliser l’acquisition et réaliser les travaux de rénovation souhaités, dont l’architecte municipal, Monsieur Chaltas, avait estimé, le 1er avril 1813, le coût à 10 000 francs. C’est dans cette optique que la Ville de Troyes propose aux habitants une souscription. Celle-ci se présente sous forme de prêt, avec 10 francs annuels d’intérêt, à travers l’achat de 150 actions à 200 francs, que la Ville se charge de rembourser ultérieurement aux pétitionnaires. La transaction avec les propriétaires est définitivement terminée le 5 septembre 1814.

Dès lors, le théâtre subi des modifications. Mais ce n’est qu’à partir de 1859 que la structure est profondément remaniée et consolidée. Celle-ci est composée d’un vestibule, de deux grandes salles avec parterre et galeries, d’une scène, d’un foyer servant de magasin, de deux pièces réservées au rez-de-chaussée pour le café du Théâtre et ses dépendances ainsi qu’au premier étage de loges pour les artistes et de combles permettant d’entreposer les décors. La salle de spectacle laisse place à un théâtre entièrement repensé dont seule la charpente est en bois et le reste de l’édifice en pierre, permettant de faire apparaitre sa forme actuelle. L’ensemble des pièces est agrandie, rénovée et les façades restaurées, correspondant aux normes de sécurité incendie mais également aux normes esthétiques du moment. Ces modifications améliorent le confort des comédiens et du public. Le théâtre nouvellement remis au goût du jour est inauguré le 14 juin 1860.

Depuis quelques années, la Ville nommait un directeur pour en gérer l’exploitation. Très vite, la Ville de Troyes décide de nommer deux directeurs et non plus un, permettant ainsi de gérer et d’organiser indépendamment les spectacles dramatiques et lyriques.

La municipalité a également un droit de regard sur le répertoire des spectacles joués au Théâtre municipal, de même que sur les artistes et personnel participant aux représentations.

Vue intérieure Théâtre de la villeVoir l'image en grand

Vue intérieure du Théâtre de la Ville de Troyes avec distinction des espaces, numération des places et indication du prix des loges. On remarque à droite et à gauche les loges réservées à Monsieur le Préfet et Monsieur le Maire. Imprimé dans l’Almanach 2000 Adresses, 1898-1899. Papier, 26x23,5 cm. Cote 4M552

La Première Guerre mondiale, déclarée en 1914, oblige le théâtre et les autres établissements culturels à fermer. Cette fermeture se prolongeant à mesure que le conflit armé perdure, Edouard Chataignié, directeur de la saison dramatique entre 1908 et 1920, souhaite pouvoir rouvrir l’établissement municipal et y faire jouer des troupes théâtrales à l’instar du Cirque municipal et des cinémas de la ville. Monsieur Chataignié en obtient l’autorisation le 8 septembre 1917, par délibération du Conseil municipal. Cette réouverture est cependant soumise à conditions. Le théâtre doit soutenir les œuvres caritatives d’aides et d’assistance aux pauvres, aux prisonniers de guerre et à leurs familles, en organisant des représentations théâtrales. Celles-ci ont lieu un dimanche par mois du 1er octobre au 31 mars et deux dimanches par mois du 1er avril au 31 septembre, une taxe de 10% sur le prix des places doit être perçue par la ville et les bénéfices sont alors reversés aux œuvres de bienfaisance.
A partir de 1920, Monsieur Chataignié, devient jusqu’en 1939 le seul administrateur du Théâtre municipal. Sous sa direction, de nombreux travaux de peintures et de mises aux normes, sont entrepris.

Entre 1939 et 1940, le théâtre est de nouveau fermé à cause de la Seconde Guerre mondiale. Cependant, l’Autorité Militaire demande sa réouverture, qui est adoptée en délibération, par le Conseil municipal le 20 novembre 1940.

En novembre et décembre 1948, la municipalité décide de revenir en régie directe pour la gestion de l’établissement. Une commission, est créée et y est rattachée. Celle-ci est présidée par Monsieur le Maire Henri Terré. Son but est de soumettre les décisions concernant l’exploitation du théâtre à l’avis du Conseil municipal.

En 1954, un premier projet d’extension du théâtre est à l’étude par l’architecte parisien Georges Peynet, connu pour la restauration de salles de spectacles et de cinémas. Celui-ci prévoit l’installation d’une salle en verre sur la façade située rue Jules Lebocey. Malheureusement, ce projet n’est pas finalisé.

  Avant-projet de verrière du Théâtre de la villeVoir l'image en grand

Plan à l’échelle 0,02 pm de la façade pour l’avant-projet de transformation du Théâtre municipal. Dressé par Georges Peynet, le 15 novembre 1954. Papier, 106x64 cm. Cote 4M583


 

Entre 1962 et 1972, le Théâtre Municipal subit de nombreuses rénovations afin de répondre aux normes de sécurité. La plus importante transformation est réalisée en 1970 par l’architecte Michel Marot et concerne l’ajout de la verrière sur la façade située rue Jules Lebocey, évoquée précédemment en 1954.

Le Théâtre Municipal change de nom en 1978 et devient Théâtre de la Madeleine, dénomination encore utilisée de nos jours.

La création en 2002 du partenariat entre la Maison du Boulanger et le programme « Scène Conventionnée » a pour objectif de faire bénéficier les théâtres d’un label de qualité, d’un réseau national mais aussi d’un encadrement bien défini. Le théâtre de la Madeleine, en étant bénéficiaire, sa programmation se consacre exclusivement aux pièces de théâtre, au théâtre jeunesse et à la danse.


Cote archive : 1D83, 1D84, 1D91, 1D121, 4M555, 4M465, 4M579, 2R142

Bibliographie :
- DEGOIS Robert, "Troyes rue par rue", Ed. Maison du Boulanger, Troyes, 1998, 396 p.
- LATOUR Philippe, "Les Théâtres à Troyes au XIXe siècle, de la Comédie au Théâtre municipal", La Vie en Champagne, Troyes, n°76, octobre-décembre 2013, p. 39-43
- FRIDMANN Pauline, inventaire 1681W – Théâtre de Champagne, avril-juin 2013


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