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Juin 2016

Hôtel-Dieu-le-Comte et l’Apothicairerie

Avant de devenir un musée dédié au passé pharmaceutique de la ville de Troyes, il faut revenir quelques siècles en arrières, d’abord au XIIe, pour l’Hôte-Dieu-le-Comte, puis au XVIIIe pour l’apothicairerie.
Construit au milieu du XIIe siècle, en tant qu’ « Hôtel-Dieu-Saint-Etienne », il devient officiellement Hôtel-Dieu-le-Comte en 1214, en hommage aux comtes de Champagne et plus précisément à son fondateur Henri Ier. Il est toujours situé à l’emplacement actuel (rue de la Cité), proche du Palais des comtes de Champagne.

Il s’ajoute aux six autres déjà construits : Hôtel-Dieu-Saint-Lazare ; Hôtel-Dieu-Saint-Bernard ; Hôtel-Dieu-Saint-Esprit ; Hôtel-Dieu-Saint-Nicolas ; Hôtel-Dieu-Saint-Abraham ; Hôtel-Dieu-de-la-Trinité (aujourd’hui Musée l’outil).

Comme les ancêtres des hôpitaux, ils ont tous pour vocation la prise en charge les malades et des nécessiteux, troyens ou de passage.

Administrés par des religieux et religieuses de l’Ordre de Saint-Augustin, ce sont également eux qui soignent les malades.

En 1270 l’Hôtel-Dieu qui se voit doter de nouvelles salles de soins pour les malades.
Du XIIe au XVIIe siècle, peu à peu une véritable spécialisation d’hommes suivant des études de médecine interviennent pour les soins, remplaçant peu à peu les religieux. Une véritable organisation et hiérarchisation médicale s’instaure alors : Les médecins décident du traitement, les apothicaires conçoivent les remèdes et les chirurgiens/barbiers opèrent.

 Toujours sous la direction religieuse de l’Ordre de Saint-Augustin avec l’administration du comte de Champagne, du doyen de l’Hôtel-Dieu et de deux ou trois chanoines de Saint-Etienne, ceux-ci nomment un « prieur » ou « maître » devant se charger de l’encadrement des religieux. La laïcisation va se faire peu à peu. D’abord en 1527, par le biais d’un édit royal, l’administration de l’Hôtel-Dieu-le-Comte est confiée à 4 bourgeois troyens. Cet édit fait suite à une opposition d’opinion entre l’Eglise et la seigneurie. Ceci va alors provoquer une cassure entre le temporel et le spirituel qui donne la direction aux laïcs. C’est entre 1630 et 1632 que l’ensemble des Hôtel-Dieu de la ville se sont rassemblés sous une seule et même administration. Au XVIIe siècle est mis en avant l’insalubrité et la vétusté du lieu, que les rénovations des deux siècles précédents n’ont pu empêcher.

Juin-2016-Plan-alignement-Hotel-DieuVoir l'image en grand

Voulant faire une campagne de restauration, l’ancien évêque Bouthillier de Chavigny cherche à lever des fonds, grâce aux donations de nobles et de clercs (dont de Bouthillier lui-même), mais aussi à travers une loterie. Dès lors en 1700, des constructions et des rénovations sont entreprises, et l’apothicairerie voit le jour en 1725, à l’emplacement de l’ancienne salle de soin des hommes, connue sous le nom de « salle des 24 heures ». Cette salle dont le surnom satirique est donné par la population, atteste d’une pièce sombre, humide et dont les lits sont occupés par trois ou quatre malades. L’apothicairerie comprend deux salles : La grande salle sert de lieu de stockage à ses différents composants médicinaux  et le laboratoire est le lieu où l’apothicaire confectionne les remèdes.

 

Plan de masse à l’échelle 0,2 pm de l’Hôtel Dieu, extrait du plan général d'alignement - 1ère partie intra-muros, douxième feuille. Roger et Bacquet, 1852. Feuille cartonnée, 105x71 cm. Cote 4Fi1291

Grâce à la réputation de ses médecins, le soutien de la royauté, et le nombre d’établissements de prise en charge des malades, Troyes est considéré comme un pôle important et influent.

Par sa position géographique, la ville durant les conflits joue un rôle important en tant que ville arrière des fronts, notamment des conflits de 1870-1871 contre la Prusse et de la Première Guerre Mondiale contre l’Empire Allemand. Son rôle principal est d’accueillir les blessés du front pour les soigner. Ce pôle hospitalier s’étend sur l’ensemble de la ville, et réquisitionne d’autres bâtiments pour les transformer pendant un temps en hôpital de campagne (voir en exemple le document du mois « L’Espace Argence »).

  Juin-2016-Grille-Hotel-DieuVoir l'image en grand

Grille de l’Hôtel-Dieu avec une partie du bâtiment, vue de la rue de la Cité. Photographiée et imprimée par  Neurdein et Cie, Paris, sans date. Carte postale, 14x9 cm. Cote 5Fi4


 

L’apothicairerie reste en fonction jusqu’en 1962, date à laquelle elle ferme ses portes. Deux ans plus tard, en 1964, elle est inscrite aux Monuments Historiques. Entre 1975 et 1976, le Centre Hospitalier de Troyes, propriétaire des locaux, y effectue des travaux. La même année, il transfert à la Ville de Troyes la gestion de l’apothicairerie et l’autorise à y aménager un musée. Celui-ci  ouvre au public, qui peut accéder à l’espace conservé à l’identique, avec des boiseries de style Louis XIV. Les deux salles sont visitables, avec la collection de 320 boîtes médicinales, elles-aussi inscrites aux Monuments Historiques.

En 1990, le Conseil Général achète au Centre Hospitalier de Troyes pour la somme de 7 millions de francs une partie de l’Hôtel-Dieu-le-Comte, hormis le bâtiment de la Chapelle et les locaux de la pharmacie-musée, toujours sous tutelle municipale.


Cote archive : 1D118, 3Q12, 1674W17, 171W178

Bibliographie :
- ALANIECE Valérie, VAN HOUTE Jean-Michel, « L’aube de la création », Tome 1, l’Est-Eclair, 2011, p. 38-39.
- Conservation des musées du Troyes, « La pharmacie : musée de l’Hôtel-Dieu-le-Comte de Troyes ».
- REGAVEL Jérémy, « Accueillir et soigner la population à l’Hôtel-Dieu-le-Comte de Troyes à la fin du XVIIIe siècle (1767-1787) », Troyes, la vie en Champagne, N°52, octobre/décembre 2007, p. 46-51.


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