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Avril 2016

Musée de Vauluisant et de la Bonneterie

Bien avant de devenir un musée, l’emplacement de l’Hôtel du Vauluisant a d’abord abrité, du XIIe au XVe siècle, une maison dépendante de l’abbaye cistercienne Notre-Dame de Vauluisant implantée à Sens. Elle permettait aux moines de bénéficier d’un endroit où séjourner quand ils étaient de passage à Troyes. Laissée à l’abandon, cette hôtellerie est revendue plusieurs fois avant d’être acquise par Nicolas Hennequin, Seigneur de Vaubercey, en 1508. L’incendie de 1524, qui ravage une grande partie du centre-ville, n’épargne pas cette propriété.

Il faut attendre les années 1560 pour que le pavillon central et les deux tourelles de l’Hôtel du Vauluisant, soient construits. Faisant encore l’objet de plusieurs transactions immobilières, celui-ci est finalement acheté par Jérôme de Mesgrigny en 1623. Restant dans la famille plusieurs décennies, les deux autres ailes en angle droit sont édifiées entre 1686 et 1700 laissant ainsi apparaître l’Hôtel de Vauluisant tel qu’on le connait aujourd’hui. La famille de Mesgrigny le revend, en 1826, à Philippe-Marie-Nicolas Marcotte du Val d’Ognes, qui le garde en sa possession jusqu’en juin 1850. Appartenant alors au banquier Pierre-Nicolas Munié, celui-ci le cède, après son décès, à son fils Louis-Jules Munié, le transmettant lui-même à son fils, Louis Victor Munié, devenant l’unique propriétaire en 1916.

Façade de l'Hôtel de VauluisantVoir l'image en grand Porte cochère de l'Hôtel de VauluisantVoir l'image en grand

Façade du bâtiment principal avec les deux tourelles de l’Hôtel de Vauluisant, vue de la cour intérieure. Photographiée et imprimée par  Neurdein et Cie, Paris, sans date. Carte postale, 14x9 cm. 5Fi6

Porte cochère, vue de la rue de Vauluisant. Sans date, anonyme. Photographie, 12,8x17,7 cm. Cote d’archives 3Fi58

A son décès, le décès du Docteur Auguste Millard en 1915, lègue à la Ville de Troyes 100 000 francs destinés à l’agrandissement de la Bibliothèque municipale et au Musée Saint-Loup. La somme n’étant confiée qu’en 1922, et malgré les intérêts perçus entre temps qui accroît la somme à 194 501 francs, le Conseil municipal ne peut réaliser cet agrandissement. Il faut attendre  dix ans pour que le Conseil municipal décide, en accord avec l’exécuteur testamentaire Monsieur Lailler, d’acheter l’Hôtel de Vauluisant, mis en vente dès 1931, afin de permettre l’application de dernières volontés du Dr Millard. Louis-Victor Munié souhaite vendre l’ensemble de la propriété, située rue de Vauluisant et rue Dominique. Elle comprend un Hôtel particulier dont le bâtiment central et les tourelles ont été classés depuis décembre 1904 comme Monument historique, ainsi qu’une cour et un jardin avec aisances et dépendances, le tout réparti sur une surface de 1155 m². Cependant, la Ville de Troyes abandonne le 26 février les négociations suite au prix demandé, 400 000 francs, jugé trop élevé. La vente elle-même n’aboutit pas et la propriété reste à acquérir.

Le propriétaire, Monsieur Louis Victor Munié, remet en vente l’Hôtel de Vauluisant, dès 1932. Le Conseil municipal faisant face à un besoin urgent de place pour les collections du Musée Saint-Loup et de la Bibliothèque municipale, décide d’acheter le 24 juin 1932 l’Hôtel de Vauluisant, au prix de 200 000 francs. Cette acquisition est validée par l’acte notarié daté du 13 septembre 1932.

L’Hôtel du Vauluisant étant occupé par le Grand Cercle de Troyes (société de négociants et commerciaux), par le Cercle de l’Epée (association d’escrime), par la Société Photographique Champenoise, l’Association des Dames Françaises mais également quelques locataires, il faut attendre l’été 1934 pour que la totalité des locaux soit disponible.

Entre temps, le Conseil municipal adopte, le 27 juin 1933, le devis de 73 000 francs, établis afin d’effectuer les réparations urgentes et nécessaires pour garantir la sauvegarde et l’utilisation future du bâtiment. L’aménagement intérieur, quant à lui, n’est accepté que le 31 octobre 1933 lors de la présentation du devis de 28 700 francs. Le legs du Dr. Millard, permet non seulement d’acheter la propriété mais également d’y aménager les salles vides pour permettre l’accueil du Musée des Arts décoratif Eugène Piat. Présent depuis 1894 au rez-de-chaussée de l’ancienne abbaye Saint-Loup accueillant également au premier étage la Bibliothèque municipale, son transfert est prévu pour la fin de l’année 1933 et début de l’année 1934. Il devient une annexe du Musée Saint-Loup.

Deux chantiers distincts mais complémentaires sont alors mis en œuvre. Les travaux effectués pour la partie classée sont dirigés par Jacques Bauer, architecte des Monuments historiques, et les travaux concernant la partie non classé sont à la charge de Paul Mathieu, architecte municipal. La réception définitive des travaux a lieu le 20 décembre 1935, bien que l’inauguration et l’ouverture du musée débute le 1er mars 1935. Parallèlement à l’installation du Musée Piat, l’idée de créer un Musée Industriel de la Bonneterie émerge, notamment grâce à la volonté du Syndicat d’Initiative de Troyes et à la Société Académique de l’Aube. Malheureusement cette proposition ne prend pas forme et ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale que l’idée est reprise, le projet relancé et la création du musée abouti. La collection se compose de métier et d’outils artisanaux permettant la création d’articles textiles. Ces objets proviennent en partie, dès 1934, des réserves du Musée Saint Loup mais ce sont les industriels bonnetiers qui, au fur et à mesure des années, enrichissent la collection à travers leurs mises en dépôts et leurs donations successives. La première inauguration du Musée de la Bonneterie, aménagé dans les anciennes écuries, est organisée le 5 juillet 1948.

La salle réservée au rez-de-chaussée pour le musée devient vite insuffisante et se trouve sujette à l’humidité. Des travaux sont alors nécessaires pour garantir la bonne conservation des collections. Tout au long des années 1950, c’est en tout cinq autres salles d’exposition qui sont remises en état, assainies et aménagées. Les trois premières abritaient notamment la bibliothèque de la Société Horticole. Le damier champenois et la cheminée monumentale, classée au Monument historique à l’instar du bâtiment central et des deux tourelles, ont été rénovés en 1954.

Suite à la demande du Directeur des Musées de France et de l’Inspecteur des Musées de France, la Ville de Troyes aménage dans cinq salles au premier étage du Vauluisant un musée dédié à l’évolution de la ville et du département. De nombreux travaux étant nécessaires pour sa remise en état, le Musée historique de Troyes et de la Champagne n’est inauguré que le 7 juillet 1951. La collection comprend à la fois des pièces locales mais également un fonds iconographique fourni par la Direction des Musées de France.

Entre 1967 et 1968, le Conseil municipal souhaitait remettre en état quelques salles au premier étage pour y installer un Musée de la Résistance mais ce projet n’aboutit pas.

Des travaux de rénovation sont entrepris entre 1970 et 1980, une salle d’exposition est aménagée en 1994, des réserves sont acquises entre 1997 et 1998 et un grand projet de Musée de la Bonneterie ainsi dans le cadre de création d’un Pôle muséal, en cours de réflexion depuis les années 2000 est sur le point de voir le jour.

 

Cote archive : 1D75, 1D76, 1D77, 1N77, 4M528, 4M533, 4M534, 4M536, 4M542, 4M543, 4M544, 2R287, 4W169, 184W1, 1717W175

Bibliographie :
- DEMESSEMACKER Martine, « L’Hôtel de Vauluisant », Troyes, Press’Troyes, n°132, février 2005, p.18-19
- DEMESSEMACKER Martine, « L’Hôtel de Vauluisant », Troyes, Press’Troyes, n°134, avril 2005, p.18-19
- Hôtel de Vauluisant, base Mérimée Ministère français de la Culture, Notice no PA00078271


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