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Février 2016

Musée Saint-Loup – Musée des Beaux-Arts de Troyes

L’abbaye de Saint-Loup, édifiée au IXe siècle à l’intérieur des remparts de Troyes, tient son nom de Saint-Loup, évêque de Troyes de 426 à 478/479 célèbre pour avoir tenu tête aux Huns pendant les invasions. Réformée au XIIe siècle, l’abbaye reste en activité jusqu’à la Révolution, date à laquelle ses biens sont dispersés et sa maison abbatiale confiée à la Ville.
Quelques années plus tard, et suite à la fermeture de l’Ecole centrale du département, cette maison est transformée en 1811 : le rez-de-chaussée devient un musée entreposant les statues et sculptures religieuses du département, et le premier étage est converti en bibliothèque.

Le 4 mars 1814, la bataille engageant Napoléon et les armées alliées au sein de la ville provoque l’éclat d’un obus à l’origine d’un incendie à l’intérieur du musée, l’obligeant à fermer ses portes et à déplacer au second étage de la Préfecture le peu d’objets épargnés. Ce n’est qu’en 1831, que la Société d’Agriculture, Sciences, Arts et Belles Lettres du département souhaite ouvrir de nouveau le musée dans son ancienne salle de l’abbaye Saint-Loup, sous la bibliothèque afin d’y installer la collection d’histoire naturelle, dont elle a la charge, enrichie depuis par des instruments de physique et des tableaux. Ouvert le 6 janvier 1833, le musée partage le rez-de-chaussée avec l’école d’enseignement mutuel de jeunes filles qui libère les locaux la même année. Ceux-ci sont récupérés par le musée pour aménager une seconde salle abritant tableaux, modèles, objets d’art et instruments oratoires. Face à l’insuffisance de place dans les bâtiments de l’abbaye, le 5 février 1859, le Conseil municipal lance une souscription pour la construction du Musée Simart, nom du sculpteur qui fit don de ses œuvres, prévoyant « au rez-de-chaussée un musée de sculpture et au premier étage une galerie de tableaux ». Les travaux, réalisés à partir des plans de Nicolas Fléchey, se terminent en mai 1860, mais l’espace vient vite à manquer et un autre bâtiment est alors nécessaire.

Il faudra attendre neuf ans pour que le Conseil municipal vote, le 1er juin 1869, « l’établissement d’une salle de dépôt destinée aux collections d’histoire naturelle », et adopte, le 7 août de la même année, « l’établissement d’une bibliothèque populaire, l’agrandissement de la salle de lecture de la bibliothèque publique ». L’ensemble du projet est confié à l’architecte-voyer Edmond Bailly, qui propose, en 1870, la restauration du bâtiment principal, la construction d’un pavillon pour le concierge rue Saint-Loup (actuellement rue Chrestien de Troyes) et la construction d’une aile donnant sur la rue de la Cité. Ces propositions, bien que nécessaires, n’aboutissent pas.

Ce n’est qu’en 1882, à la mort de Jean-Baptiste Joseph Brissonnet, que l’agrandissement de la bibliothèque peut être envisagé. Philanthrope troyen, il lègue 200 000 francs à la Ville, répartis et alloués de façon à permettre sa modernisation et son embellissement ; le reliquat devant être consacré « à la construction, pour la Bibliothèque d’un Pavillon semblable en parallèle à celui dans lequel sont installés le musée de peinture et le musée Simart ; ce pavillon devra porter le nom de "Pavillon Brissonnet" ». « Enfin, les travaux pour la construction du Pavillon devront être commencés dans le cours de cinq années à partir du 1er janvier 1885 et devront être continués jusqu’à l’achèvement complet du Pavillon ». Le cahier des charges est rédigé en 1886 et les travaux ne débutent qu’en 1889.

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Musée Saint-Loup, vue de la cour intérieure.
Photographiée et imprimée par  Neurdein et Cie, Paris, sans date.
Carte postale, 14x9 cm. 5Fi13

Musée Saint-Loup, salle des sculptures.
Photographiée et imprimée par  Neurdein et Cie, Paris, sans date.
Carte postale, 14x9 cm. 5Fi14

La même année, le Conseil municipal projette l’agrandissement du « Musée municipal par l’élévation d’un pavillon faisant suite aux salles actuelles de sculpture et de peinture » grâce à la donation de 80 000 francs le 7 juillet 1888, par Joseph Audiffred, ancien juge au Tribunal de Commerce de la Seine. Devant être terminé au cours de l’année 1889, ce bâtiment doit loger la Société académique qui administre le musée et porter le nom de « Pavillon Audiffred ». Les plans, établis par Alexandre Vermot, sont rapidement adoptés et l’inauguration est organisée le 22 juin 1890 (le même jour que l’inauguration du Monument des Enfants de l’Aube morts en 1870).

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Plan d’élévation à l’échelle 0.01 pm du Pavillon Audiffred et de son prolongement. Dressé par A. Vermot, le 10 novembre 1891. Calque, 87x31 cm. 4Fi848

Le projet d’une extension, grâce à une seconde donation de Monsieur Audiffred, est en cours de discussion quand celui-ci décède le 18 février 1892. Le legs permet la réalisation du prolongement du Pavillon Audiffred dont la réception provisoire s’effectue le 28 mai 1894.

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Plan d’élévation extérieur et intérieur à l’échelle 0.05 pm du logement de la Société Académique au Musée.
Anonyme, sans date, Aquarelle, 73x104 cm. 4Fi879

Plan d’élévation intérieur avec détail de la décoration du plafond et d’un mur à l’échelle 0.05 pm de la salle de réunion de la Société Académique au Musée.
Anonyme, sans date, Aquarelle, 70x107 cm. 4Fi875

Entre temps, Alexandre Vermot conçoit, en 1891, un bâtiment situé rue de la Cité, dont la construction permet de relier la nouvelle aile « Brissonnet » et le pavillon central.

Une dizaine d’année plus tard, en 1902, la restauration de la façade principale de la Bibliothèque et du Musée, est mise en œuvre par l’architecte en chef de la Ville de Troyes, Paul Mathieu. De la même manière, en 1904, la Ville de Troyes fait appel au Ministère de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts pour restaurer les vitraux de la bibliothèque. Ceux-ci ont été réalisés par Linard Gonthier pour l’Hôtel de l’Arquebuse entre 1615 et 1630. Réparés régulièrement depuis leurs installations dans la grande salle de la Bibliothèque, ils bénéficient d’une campagne de restauration menée par Sainte-Anne Auguste Louzier, architecte en chef des Monuments Historiques du département de l’Aube.

La dernière construction réalisée pour le Musée Saint-Loup concerne le pavillon d’entrée destiné au concierge, situé rue Saint-Loup, évoqué par l’architecte E. Bailly en 1870, dessiné par A. Vermot dès 1890, mais construit en 1908-1909.

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Plan d’élévation vue sur la rue, à l’échelle 0.04 pm, d’un pavillon et d’une clôture pour un projet de construction au musée, rue Saint-Loup.
Dressé par A. Vermot, le 20 juin 1905.
Calque, 70x49 cm. 4Fi898

Plan d’élévation vue sur cour, à l’échelle 0.04 pm, d’un pavillon et d’une clôture pour un projet de construction au musée, rue Saint-Loup.
Dressé par A. Vermot, sans date.
Aquarelle, 73x56 cm. 4Fi901

En 1931, la Ville prévoit la réfection de la couverture du bâtiment central qui se termine en décembre 1933. Grâce au legs du Docteur Millard, la Ville de Troyes souhaite, en octobre 1933, étendre la Bibliothèque municipale. Les travaux d’aménagement prévus, permettent de disposer, la salle de lecture de la Bibliothèque au rez-de-chaussée, à l’emplacement du Musée des arts décoratifs Eugène Piat, présent depuis 1894, celui-ci étant transféré à l’Hôtel du Vauluisant.

Après la Seconde Guerre mondiale, en 1945, d’importants travaux de rénovation sont demandés par le Conservateur des Musée de Troyes, Mademoiselle Marguerite Dubuisson. La toiture est percée et le plafond dans les salles de peintures, de sculptures, d’histoire naturelle et d’archéologie se détachent. Certaines fenêtres sont condamnées, l’électricité, le chauffage et la protection contre les incendies sont à refaire et le matériel d’exposition est à remplacer. Les grilles extérieures et le jardin sont en mauvais état. Les réparations et l’aménagement du Musée nécessaires à son bon fonctionnement sont alors votés par délibération du Conseil municipal, le 15 octobre 1948. Les travaux sont jalonnés par la réfection des salles de peintures, inaugurées en 1949 et celle d’archéologie monumentale, dont l’inauguration est prévue à l’occasion du Congrès archéologique de France, organisé à Troyes en mai 1955.

 

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Musée des Beaux-Arts, salle des peintures après réfection.
Photographiée par Jean Thiébaud, sans date.
Photographie, 24x18 cm. 4M531

Depuis lors, des campagnes de réfections et restaurations sont régulièrement effectuées. Les salles sont réaménagées et réorganisées, surtout dans les années 1960. La salle d’histoire naturelle est inaugurée le 15 octobre 1968 ; la salle de préhistoire et de bijoux gaulois, romains et mérovingiens nouvellement créée, en 1979. Dans les années 1990 et 2000, des travaux de rénovation et d’embellissement des bâtiments sont menées à bien.

Cote archive : 1D40, 4M507, 4M509, 4M511, 4M512, 4M514, 4M517, 4M522, 4M523, 4M526, 4M528, 4M530, 4M531, 4M550, 2R286

Bibliographie :
- GROLEY Gabriel, L’héritage troyen du XIXe siècle, tome 1, Ed. La Renaissance, Troyes, 1984, p. 104-117
- DEGOIS Robert, Troyes rue par rue, le bouchon de Champagne, Ed La Maison du Boulanger, 1998, Troyes, p. 334-337


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