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Janvier 2016

L'Espace Argence

L’édifice initialement construit en ces lieux en 1847 est la première gare troyenne appelée « l’Embarcadère », terminus de la ligne Montereau-Troyes. Ravagé par un incendie le 19 février 1855, la Ville décide d’aménager une deuxième gare au sein de Troyes et souhaite transformer « l’Embarcadère » en lycée impérial de garçons. Souhait refusé depuis 1812 par le Préfet par manque de place et de moyens financiers, la création du lycée est accordée le 10 août 1853, par décret impérial, signé par l’Empereur Napoléon III et le Ministre Secrétaire d’Etat de l’Instruction publique et des Cultes. Un premier projet est approuvé par délibération le 14 juillet 1854 mais le coût des travaux de plus en plus onéreux et l’augmentation croissante de l’effectif des élèves et du personnel rendent le programme initial inadapté.

Une commission est mise en place le 11 mai 1855 afin d’étudier les emplacements potentiels et les plans de Monsieur Nicolas Louis Arsène Fléchey, architecte-voyer en chef (voir biographie dans le document du mois de février 2015). L’Embarcadère étant le seul endroit à remplir les critères et à recevoir l’approbation du Conseil de Salubrité, il est officiellement choisi lors de l’adoption de la délibération du 20 décembre 1856. Celle-ci autorise également la Ville à obtenir de la Compagnie des Chemin de Fer de l’Est les 20 790 m² de terrain, extensible à 25 000 m² à travers les différentes acquisitions possibles, pour mener à bien l’édification du Lycée impérial. Les nouveaux plans et devis sont validés par délibération le 4 août 1857.

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Plan de masse du Lycée impérial. Calque, 60,5x50 cm. Non coté ac 4M30

Plan de la façade du Lycée impérial. Echelle 1/100. Calque sur feuille cartonnée, 70,5x27,5 cm. Non coté ac 4M10

Les locaux subissent de profondes modifications de 1858 à 1861 et se composent donc d’un bâtiment administratif, d’un externat, d’un internat, de classes, de dortoirs, de logements pour le personnel, des commodités d’usage, d’une infirmerie, d’une lingerie, d’une cordonnerie, d’une chapelle, d’un gymnase et de cours avec préaux.

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Plan de la façade principale à l’échelle 1/100 de la Chapelle du Lycée impérial. Calque sur feuille cartonnée, 70,5x27,5 cm. Non coté ac 4M10

Plan d’élévation et coupe transversale du gymnase du Lycée impérial. Dressé par l’architecte Fléchey le 20 décembre 1857. Calque sur feuille cartonnée, 55x31,5 cm. Non coté, ac 4M10

Le lycée ouvre ses portes le 14 octobre 1861 et ce n’est que 33 ans plus tard, le 21 décembre 1894, qu’il prend le nom des frères « Pithou », en hommage à ces célèbres personnages troyens.

La fontaine qui lui fait face est construite au début des années 1890 et devient la fontaine Argence, du nom de Prosper Désiré Argence, maire de Troyes qui a lègué sa fortune à la ville. De bronze et de cuivre, elle couronne les jardins publics que le maire avait fait construire ou rénover.

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Le Lycée de garçons après sa réquisition en hôpital militaire en 1914. Réalisé par Brunclair, sans date. Carte postale, 14x9 cm. Cote 6S1

Lors de la Première Guerre mondiale celui-ci est converti en hôpital pour accueillir les nombreux blessés en provenance des lignes de front. S’y installèrent dès août 1914 deux centres de soins : l’hôpital temporaire n°6 uniquement militaire, mis en place par la 23ème section d’infirmier militaire dans l’aile droite et fermé après l’armistice ; ainsi que l’hôpital auxiliaire 201 dépendant de l’organisme de bienfaisance des « Dames Françaises », lui-même rattaché à la Croix Rouge, qui est également aménagé dans l’aile droite jusqu’à la fermeture de ses portes dans les premiers jours de 1919. Dès la fin de l'année 1914, l'établissement pouvait accueillir 140 blessés ou malades.Laïcisé depuis 1905, des travaux d’extension et d’aménagements sont régulièrement entrepris au sein de l’établissement scolaire.

Lors de la Seconde Guerre mondiale le lycée redevient un hôpital militaire, puis après la défaite, sert de poste d’observation aérienne pour les troupes allemandes de 1940 à 1944. Le 23 août 1944, veille de la libération de Troyes, il est partiellement détruit par un incendie. Des travaux de réhabilitation sont exécutés après chaque réquisition des locaux pendant les deux guerres mondiales.

Suite à une réforme du gouvernement en 1959, Le lycée devient un Lycée d’Etat dès le début des années 1960 et nécessite de nouveau des agrandissements et des travaux de rénovation.

Le 15 septembre 1972, le lycée évolue en collège jusqu’au 12 septembre 1979, date à laquelle les élèves partent au nouveau collège Pithou situé rue de la Paix, dans le quartier de Songis. Pendant une dizaine d’années, l’établissement scolaire est déserté mais sa cour est recouverte pour y accueillir les marchands qui attendent la fin des travaux du marché couvert des Halles. A partir de 1991, de nombreuses transformations sont réalisées afin d’aider à la reconversion culturelle des locaux. En 1996, elles permettent ainsi le transfert de l’Ecole Nationale de Musique, de Danse et d’Arts Dramatiques (futur Conservatoire), la création d’une salle polyvalente et d’une bibliothèque dans les ailes du bâtiment. La majorité des salles est utilisée comme espace de diffusion culturelle pour des manifestations et des spectacles. Le 22 avril 1999, l’Espace Argence est ainsi inauguré en présence du maire François Baroin et du ministre délégué aux Affaires étrangères Pierre Moscovici. Les pavillons et la structure interne sont alors renforcés au début des années 2000 pour accompagner l’installation des équipements modernes, l’aménagement arboré tout autour est réalisé en 2003 et 2004 et la chapelle est transformée en auditorium.

Pour plus de détails historiques, vous pouvez vous référer aux documents du mois de février 2014 et 2015.

 

Cote archive : plans non cotés, 6S1, 1D22, 1D23, 4M1, 4M3, 4M8, 4M11, 4M13, 1R269, 1435W4

Bibliographie :
- DEGOIS Robert, Troyes rue par rue, le bouchon de Champagne, Ed La Maison du Boulanger, 1998, Troyes,  p. 334-337
- MASSEY André, Troyes, pendant la guerre 1914-1918, La Mémoire de l’Aube, 1er numéro spécial, 1987, Sainte-Savine, p. 1-6
-
REMAUD Elodie, L’évolution de la perception de l’action culturelle à Troyes de 1968 à 2005, Mémoire de master, Centre universitaire de Troyes, Troyes, 2005-2006, p. 21-27
-
BELIFFA Simone, Site Argence : l’aménagement sur les rails, Press’Troyes, n°116, 09-2003, Troyes, p. 24-25

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