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Décembre 2015

Groupe scolaire des Jacobins

Ancien couvent des Jacobins, celui-ci est acquis par la Ville de Troyes le 31 octobre 1766, afin de le transformer en caserne et écuries. Destiné à accueillir les chevaux des gardes du corps, cette fonction perdure jusqu’à la fin de l’année 1790 et début 1791. Entretenus pendant la Révolution, les bâtiments servent de cantonnement aux troupes de lignes, mais également à la détention des prisonniers de guerre jusqu’en juillet 1808, année de démolition d’une partie de la caserne pour permettre la création du canal de navigation.
En 1810, la parution de trois décrets provoque une polémique quant au devenir du site des Jacobins. En effet, deux décrets parus le 23 avril et le 6 juillet, ordonnent « la conservation, la restauration et l’agrandissement » de la caserne pour y installer 600 cavaliers avec leurs 600 chevaux respectifs, alors qu’un troisième décret, daté du 15 octobre, préconise la démolition des locaux et « l’affectation des terrains à une autre destination ». Finalement, tout en gardant une fonction militaire à travers les écuries, l’ensemble est maintenu en état grâce à quelques travaux effectués par la Ville, qui décide de les louer à des particuliers, des années 1820 à 1850.

Parallèlement, entre 1846 et 1849, le Conseil général souhaite effectuer un échange de terrains, afin de permettre l’installation des Archives départementales dans de nouveaux locaux construits sur l’emplacement de l’ancienne Eglise des Jacobins, des jardins et constructions attenantes, appartenant à la Ville de Troyes. Cet accord est finalisé par l’arrêté municipal du 23 juin 1851.

En 1855, est évoquée l’éventualité de construire le nouveau lycée impérial à la place de l’ancien couvent des Jacobins, projet très attendu. Cependant, celui-ci est abandonné au cours de l’année 1856, au profit d’un terrain offrant un meilleur aménagement, celui de l’ancien Embarcadère, aujourd’hui Espace Argence.

Ce n’est que le 6 octobre 1871, après plusieurs années en friche, que le Conseil municipal vote, à la demande du Ministre de la Guerre, l’attribution des anciennes écuries, du gymnase et du manège équestre des Jacobins au dépôt pour les chevaux de trait. Cette appropriation est supprimée en juillet 1872, alors que des travaux pour la reconstruction des écuries avaient été amorcés. Bien que celles-ci soient évacuées le 1er août 1874, les travaux sont entérinés en novembre 1874, et la construction se poursuit jusqu’à la réception définitive des travaux le 19 mars 1875.

En 1833, la Ville décide de créer une seconde salle d’asile appelée Saint-Urbain, au 33 rue de la Petite Tannerie (actuelle rue Charles Gros) dont la réception définitive est effectuée le 24 avril 1835. Devenu inappropriée, celle-ci est abandonnée au profit d’une construction plus récente. Edifiée entre 1874 et 1876, cette salle d’asile dite des Jacobins, est située à l’angle du 45 rue de la Petite Tannerie (actuelle rue Charles Gros) et du boulevard du Quatorze Juillet. Une 3e classe est créée le 9 avril 1909 par arrêté préfectoral. En 1900, le Conseil municipal souhaite concrétiser une volonté déjà exprimée depuis quelques années, à savoir la construction d’un groupe scolaire à l’emplacement de l’ancien couvent des Jacobins. Celui-ci est prévu pour accueillir une école de filles, une école ménagère et une école de dessin. Les travaux débutent en 1901. Le devis descriptif établi par l’architecte A. Vermot (voir biographie dans le document du mois de janvier 2015) le 15 novembre 1898, est repris et approuvé en préfecture le 20 octobre 1900. Bien que partageant ces locaux, les quatre écoles sont conçues pour être indépendantes les unes des autres.
L’école de filles devait se composer de cinq classes, d’une bibliothèque et d’un réfectoire, le tout réparti dans le pavillon central du groupe scolaire. Chaque classe ayant la capacité d’accueillir 48 élèves, des vestibules et des vestiaires y sont intégrés tout comme le chauffage au calorifère et l’éclairage au gaz. Le logement de la directrice est censé être aménagé au 1er étage tandis que quatre autres appartements, pour les enseignants, sont prévus au 2e étage.
L’école professionnelle devait occuper le pavillon de droite avec au rez-de-chaussée quatre salles, le logement du concierge, une salle de travail manuel, un bureau, un dépôt et des cabinets d’aisance. Au premier étage, cinq salles de cours, le bureau du directeur, une bibliothèque et un second dépôt sont également à l’étude. L’ensemble doit être chauffé par un système à basse pression et éclairé au gaz. Au deuxième étage se trouve cinq autres salles.
Le bâtiment situé à gauche devait accueillir au rez-de-chaussée les deux salles de travail, aménagées de vestibules et de vestiaires, de l’école ménagère ainsi que le logement du concierge et les cabinets d’aisance ; et au premier étage les trois salles, un bureau et le dépôt de l’école de dessin. Les combles sont aménagés de manière à accueillir les modèles de modelage et de dessin créés par les élèves. Le pavillon en entier est chauffé par la vapeur à basse pression et éclairé à l’électricité.
Le groupe scolaire est réalisé de telle façon qu’une première cour sépare le quai de l’établissement et qu’une seconde cours intérieure, arborée et équipée de cabinets d’aisance, permet aux élèves de jouer tranquillement.

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Plan de la façade à l’échelle 0,01 pm de l'école de fille, de l'école ménagère et de l'école de dessin du groupe scolaire des Jacobins. Dressé par A. Vermot le 1er avril 1900. Feuille cartonnée, 100,4x52,7 cm. Non coté

Decembre-2015-plans-murs-refends-groupe-scolaire-JacobinsVoir l'image en grand Decembre-2015-plan-grilles-groupe-scolaire-JacobinsVoir l'image en grand
Plans à l’échelle 0,01 pm des murs de refends (murs porteurs intérieurs) du groupe scolaire des Jacobins. Dressé par l’architecte en chef, sans date. Feuille cartonnée, 95,3x57,8 cm. Non coté

Plans à l’échelle 0,05 pm des grilles de l'école de filles du groupe scolaire des Jacobins. Dressé par A. Vermot le 4 septembre 1900. Feuille cartonnée, 62,3x47,1 cm. Non coté

Suite au transfert, le 4 avril 1903, des cours secondaires de jeunes filles, dû à la vétusté des locaux situés rue Hennequin et rue Boucherat à l’école des Jacobins, l’aménagement est quelque peu modifié. La rentrée des classes se fait après les vacances de Pâques et, pendant près de dix ans, le collège de jeunes filles occupe l’aile droite du groupe scolaire à la place de l’école professionnelle, qui s’est vue attribuer les locaux dans l’autre aile. Le 14 avril 1904, Paul Mathieu, architecte (voir biographie dans le document du mois de juin 2015), procède à la réception définitive des travaux du groupe scolaire des Jacobins.

Pendant la Première Guerre mondiale, l’école maternelle et le groupe scolaire des Jacobins sont occupés par l’hôpital auxiliaire n°2 tenu par la Société de Secours aux Blessés Militaires (ancien nom de la Croix rouge). Après la démobilisation générale, les locaux sont restitués à la Ville et de nombreux travaux de réparations et de remises aux normes sont entrepris. En 1919, à l’exception du collège de jeunes filles qui emménage au 118 avenue Pasteur (actuellement le lycée Marie de Champagne), les écoles présentes avant la mobilisation des locaux reprennent leur place et les élèves retrouvent un rythme scolaire au sein des Jacobins.

A la fin des années 1920, l’établissement accueille provisoirement des cours pratiques du soir et l’école de Bonneterie. A partir de 1945, l’enseignement technique vient occuper quelques salles de l’école primaire. L’année 1966 marque un grand changement dans l’établissement scolaire. L’école primaire de filles est toujours présente au sein des locaux mais ceux-ci sont également occupés à la fois, par le Lycée technique municipal commercial et industriel mixte et le Collège d’enseignement technique féminin soit un total de 644 élèves. La municipalité souhaite réunir toutes les filières techniques sur un même emplacement et, dans un premier temps, l’idée de bâtir une extension au Lycée technique d’état avenue des Lombards est envisagée. Finalement, le projet est modifié et délocalisé vers le lycée Marie de Champagne. Parallèlement, le site des Jacobins accueille un Collège d’enseignement secondaire, dépouillé de toutes les filières techniques. Ce collège est nationalisé en 1968. L’augmentation croissante du nombre d’élèves oblige l’Etat à ouvrir deux classes supplémentaires, en plus des quatre classes déjà existantes. En 1971, le Conseil municipal décide la fermeture définitive de l’école primaire de filles des Jacobins, les effectifs étant répartis sur les écoles primaires les plus proches, et attribue les locaux au collège.

Cotes archives : 1M255, 2M45, 4M7, 4M57, 4M138, 4M258, 4M259, 4M260, 4M261, 4M262, 4M271, 4M274, 4M281, 4M284, 4M419, 4M420, 4M422, 4M424, 4M425, 4M426, 4M427

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