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Juin 2015

Ecole des Trévois : rue du Pont des Champs

Le 1er septembre 1876, une pétition signée par les parents du quartier des Trévois est adressée au Conseil municipal afin d’obtenir la création d’une maison d’école de filles. Les écoles les plus proches étant éloignées et difficile d’accès, la sécurité des enfants était compromise. Cette demande, adoptée en juin 1879, se voit très vite agrémentée d’une école maternelle et d’une école de garçons.

« Le quartier des Trévois acquiert tous les jours de l’importance par suite des établissements industriels qui s’y construisent et de la population ouvrière qui vient s’y grouper.
Les écoles primaires les plus rapprochées sont situées boulevard du 14 Juillet, rue du Temple ou à la Vacherie, endroits forts éloignés, ou difficilement abordables pour les enfants, surtout pendant la mauvaise saison.
Le haut du faubourg Croncels, non moins populeux, et les rues adjacentes, sont également privés d’écoles »
(…) « Quant aux enfants âgés de moins de 6 ans et admis aux salles d’asile, ils en étaient exclus par l’absence complète d’école maternelle dans la partie extra-muros du 3e canton ».

C’est ce que Charles Baltet, en charge de la commission de l’Instruction publique, explique dans son rapport, le 26 juillet 1882, lors du Conseil municipal. C’est dans ce contexte, et avec une volonté certaine de la Ville de diffuser l’instruction publique gratuite, que la décision de construire un groupe scolaire aux Trévois voit le jour.

Pour réaliser ce projet, deux lots de terre intéressent tout particulièrement la Ville de Troyes. D’une surface de 1 hectare 37 ares et 06 centiares pour l’ensemble, elles sont situées dans le quartier des Hauts Trévois au lieu-dit « La Gayenne » bordées par la rue du Pont des Champs (anciennement la Grande Ruelle et actuelle la place Jean Macé) et traversées par le Canal de la Haute Seine (aujourd’hui boulevard Jules Guesde). Situé dans un emplacement aéré, il a l’avantage d’être à proximité du Faubourg Croncels tout en desservant le quartier des Trévois.

Bien que la prise de possession réelle débute le 15 octobre 1882, l’acquisition des propriétés de Monsieur Etienne Victor Alexandre Gaudinot et de son épouse Madame Anne Aline Vaucois n’est finalisée que le 27 février 1883 pour la somme totale de 18182 francs.

Après une enquête menée par la Commission d’Instruction publique, il s’avère qu’environ 105 filles et 93 garçons âgés de 2 à 5 ans et que 150 filles et 140 garçons âgés de 6 à 13 ans sont potentiellement concernés par l’édification d’un groupe scolaire. Celui-ci pourrait regrouper une école de filles et une école de garçons avec 4 classes de 50 élèves chacune ainsi qu’une école maternelle ayant la capacité d’accueillir 200 enfants. Divers projets sont à l’étude mais aucun n’est adopté. Les terrains sont alors mis en location auprès de cultivateurs vivant dans le quartier et les élèves reçoivent leurs cours dans un local loué pour servir de maison d’école, mais celui-ci est de taille insuffisante.

Ecole de garçons Trévois : proposition planVoir l'image en grand Ecole de garçons Trévois : plansVoir l'image en grand

Propositions de plans de la façade postérieure à l’échelle 1/50 pour le projet de construction d’une école de garçons, ruelle aux Ânes, aux Trévois. Dressés le 20 juillet 1893. Feuille cartonnée, 100x66,5 cm. Non coté

Plans de la façade et des classes à l’échelle 1/50 pour le projet de construction d’une école de garçons, aux Trévois. Dressés le 20 juillet 1893. Feuille cartonnée, 102x67,5 cm. Non coté

Il faut attendre le printemps 1893 pour voir un projet aboutir et la construction démarrer. Dessinée par l’architecte A. Vermot (voir biographie dans le document du mois de janvier 2015) l’école de garçons comporte 4 classes conçues pour accueillir un effectif d’environ 150 élèves, des vestiaires, un réfectoire, un préau couvert et des latrines. Un bâtiment d’habitations pour le directeur et les institutrices est également prévu. La rentrée des classes s’effectue dès le 1er octobre 1893 mais la réception définitive des travaux n’a lieu que le 2 avril 1896. Muni d’un puits comme point d’eau, ce n’est que deux ans plus tard qu’une distribution d’eau est installée. L’école est dotée d’une 5e classe en 1898 et une 6e classe est construite le 24 octobre 1913, date de la fin des travaux.

Ecole de filles Trévois : plansVoir l'image en grand Ecole de filles Trévois : plan habitationVoir l'image en grand

Plans de façade, des classes et coupe transversale à l’échelle 1/200 pour le projet de construction d’un bâtiment des classe d’une école de filles, rue du Pont des Champs, aux Trévois. Dressés par A. Vermot le 23 septembre 1896. Feuille cartonnée, 47,2x26,2 cm. Cote 4M383

Plans des façades et de coupes à l’échelle 1/100 pour le projet de construction d’un bâtiment d’habitation dans une école de filles, rue du Pont des Champs, aux Trévois. Feuille cartonnée, 75x52,3 cm. Non coté

L’école de filles n’est construite que quelques années plus tard. Bien que le projet soit dressé le 23 septembre 1896 et actualisé en 1898 par l’architecte A. Vermot, il n’est approuvé définitivement et signé que le 3 août 1903. Réalisé par Paul Mathieu, architecte municipal diplômé par le Gouvernement et membre de la Société Académique de l’Aube, l’établissement scolaire comprend 4 classes de 40 élèves, une cour, un préau couvert, des vestibules, des toilettes extérieures ainsi qu’un bâtiment d’habitation. Une cuisine est aménagée en juin 1904 et le chauffage est installé en septembre de la même année, marquant la fin des travaux dont la réception s’effectue le 24 février 1905. Les classes sont au nombre de 7 en 1939.

Maternelle des Trévois : plansVoir l'image en grand Plans de façade et des classes pour le projet de construction d’une école maternelle, aux Trévois. Dressés par A. Vermot le 13 août 1905. Feuille cartonnée, 103,1x70,6 cm. 

A l’instar de l’école de filles, l’école maternelle, dont le cahier des charges rédigé le 10 octobre 1898 mais approuvé le 3 août 1903, n’a été édifiée qu’entre 1904 et 1905. Trois classes, une cuisine, un réfectoire, un préau, un vestibule, des water-closets, un grenier, un débarras et un dépôt ainsi qu’un bâtiment d’habitation composent l’ensemble.

Suite à la transformation du terrain situé en face, en une place dénommée Jean Macé le 11 août 1906, les établissements prennent par usage le nom de Groupe scolaire Jean Macé.

Celui-ci est rattaché aux égouts vers l’année 1948. Puis des années 1950 et jusque dans les années 2000, plusieurs programmes de restaurations et de rénovations sont engagés mais aucune modification majeure n’est apportée à la structure initiale.

Cotes archives : 1D36, 4M378, 4M380, 4M382, 4M383, 4M384, 4M392, 4M394, 4M396, 4M556


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