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Décembre 2014

Ravitaillement pendant la Première Guerre mondiale 1917-1919

Le quotidien de la guerre à l'arrière-front devient difficile pour la population. Trois ans après le début des hostilités, les matières premières viennent à manquer, entrainant ainsi l'inflation des prix.

C'est dans ce contexte que le Conseil municipal de la Ville de Troyes, à l'instar de beaucoup d'autres communes françaises, adopte le 24 novembre 1917 une délibération permettant la création de Magasins municipaux, établis au sein de la Bourse du Travail. Calqué sur le modèle préexistant des Boucheries municipales, ces magasins ont pour but de vendre à prix raisonnable et/ou abordable les denrées de première nécessité uniquement.

Dès le 27 novembre, un projet d'organisation se met en place. Onze personnes composent initialement l'équipe du personnel : Un gérant-directeur/responsable, quatre commis, deux hommes pour la manutention, une caissière, un comptable, un distributeur de fiches aux tourniquets et un surveillant pour l'ensemble des services. Quant aux équipements, quatre comptoirs, six diables, un treuil mécanique et cinq bascules sont également prévus.

Magasins municipaux d’alimentation de la Ville de TroyesVoir l'image en grand Magasins municipaux d’alimentation de la Ville de Troyes – 1917-1919. Locaux au sein de la Bourse du Travail. Photographie, 17x11,5 cm (SD) Archives municipales de Troyes – Cote 4F263 

Magasins municipaux d’alimentation de la Ville de TroyesVoir l'image en grand Magasins municipaux d’alimentation de la Ville de Troyes – 1917-1919. Agents municipaux. Photographie, 17x12 cm (SD) – Cote 4F263

Les marchandises, arrivant par le train, sont transportées depuis la gare jusqu'aux magasins municipaux par la Compagnie de l'Est. Elles sont ensuite prises en charge par le gérant et les manutentionnaires qui les ranger dans les salles de stockage. Chaque matin les comptoirs sont approvisionnés en denrées et celles-ci sont rentrées et inventoriées tous les soirs.

Toute personne entrant dans le magasin reçoit une fiche du tourniquet. Celle-ci doit être remise au commis se trouvant au comptoir pour qu'il puisse y noter le nom de chaque article, son poids, sa quantité, son prix à l'unité et le coût total. Le consommateur récupère sa fiche et ses achats puis se rend auprès de la caissière qui vérifie le tout, encaisse l'argent du client et inscrit la transaction dans son livre de caisse. Celui-ci est contrôlé par le comptable qui reporte chaque opération sur son propre livre de comptes avant d'emmener la caisse à la mairie.

Parallèlement, le Ministère de l'Agriculture et du Ravitaillement met en place une Carte Individuelle d'Alimentation. Celle-ci est censée permettre une répartition équitable et juste des aliments soumis au rationnement.

Normalement pliée en deux, elle se présente de la manière suivante : le premier folio regroupe un formulaire condensé, nominatif et personnel permettant de connaître en détail l'identité de la personne et la catégorie de rationnement à laquelle elle appartient. Sur le deuxième folio un emplacement libre permet d'y apposer une photographie. Le troisième folio présente les recommandations faites au public alors que le mode d'utilisations se situe sur le quatrième et dernier folio. Cette carte comporte également plusieurs encadrements réservés au cachet de la mairie qui lui confère une valeur de pièce d'identité.

Un feuillet est encarté à l'intérieur et rassemble une trentaine de coupons nécessaires pour l'échange de nourriture. Ces coupons comportent trois éléments essentiels pour comprendre le fonctionnement de la carte et du rationnement.
Tout d'abord on retrouve la lettre qui détermine la catégorie de la population à laquelle on appartient. Le « E » correspond ici à « Enfant âgé de moins de 3 ans ». Il existe d'autres catégories : J pour les enfants âgés de 3 à 12 ans, A pour les personnes de 13 à 70 ans n'accomplissant aucun travail de force, T pour les personnes de 13 à 70 ans accomplissant un travail de force, C pour les cultivateurs professionnels et permanents de terres et V pour tous les autres consommateurs non classé en C et ayant plus de 70 ans).
Ensuite, le chiffre inscrit dans le coupon est associé à une catégorie de denrée spécifique. Pour exemple, le 1 correspond au pain et le 2 au sucre.
Enfin, le mois délimite la durée de validité de chaque coupon pour éviter une demande répétitive trop forte. On achète donc sa ration du mois en une seule fois. Le calcul est simple, pour une ration de 100g par jour, on le multiplie par le nombre de jour dans le mois et on obtient la quantité exacte reçue en échange du coupon mensuel d'alimentation.
L’ensemble de ces données évoluent au fur et à mesure des années, en fonction des événements, des besoins et de la population.



Cotes archives : 4F263, 4F144, 4F145, 6F25

CouvertureVoir l'image en grand Couverture nominative et descriptive suivi du mode d’utilisation.

RecommandationsVoir l'image en grand Recommandations au public et encadré réservé à la photographie du détenteur de la carte Petit feuillet attaché à la Carte IndividuelleVoir l'image en grand Petit feuillet attaché à la Carte Individuelle d’Alimentation regroupant les coupons d’échanges
Modèle vierge de la Carte Individuelle d'Alimentation. Celle-ci permet, dans le cadre du rationnement, d'obtenir une quantité précise de denrées. Pour cet exemple, on peut compter 60 rations mensuelles d'alimentation pour un enfant de moins de 3 ans, à raison de 10 par mois pour 10 denrées différentes pour 6 mois. Feuillet papier, plié 7x12 cm/déplié 20,8x12 cm, 1919. Cote 6F25

Cotes archives : 4F263, 4F144, 4F145, 6F25

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