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Septembre 2014

Lutte contre l'espionnage pendant la Première Guerre mondiale
17 septembre 1914 et 28 septembre 2015

Lorsque la Première Guerre Mondiale éclate, l’intensité sans précédent des affrontements oblige la France à engager toutes ses ressources dans le conflit. Cette mobilisation totale se traduit par l’importance grandissante de l’arrière front dans l’effort de guerre. Son rôle crucial fait naître la crainte d’un ennemi intérieur cherchant à affaiblir le pays par le sabotage, la trahison ou l’espionnage. Entre 1914 et 1915, l’ « espionnite » – la crainte de l’espion – s’empare de la France entraînant de nombreuses dénonciations souvent suivies d’emprisonnements.

Pour faire face à cette menace, les autorités politiques et militaires ne tardent pas à prendre des mesures. Le 17 septembre 1914, un mois seulement après le début des hostilités, le général Edouard Laffon de Ladebat, Directeur de l’Arrière, fait placarder un ordre rédigé en français et en allemand afin que chacun puisse en prendre connaissance, proclamant que « Tout Allemand rencontré en arrière des troupes françaises ayant quitté son uniforme et revêtu des habits civils, sera considéré comme espion et traité comme tel. » Les ressortissants allemands en armes refusant de se rendre ou encore ceux surpris à commettre des actes de banditisme à l’arrière des lignes françaises sont exécutés sur-le-champ. Les autorités civiles ont pour ordre de participer à la recherche et à la capture d'éventuels Allemands au travers de la mise en place de patrouilles dans toute la région. En outre, chaque commune se doit de retenir captif les suspects appréhendés et de les tenir à la disposition des autorités militaires sous peines de poursuites.

Ces mesures ont permis notamment l’arrestation du Suisse Félix Malherbe ayant effectué pour le compte de l’Agence Sud, un service d’espionnage allemand, plusieurs voyages en France pour y réunir des informations sur l’état des troupes et de l’équipement. Arrêté et fusillé à Troyes en 1916, son parcours est détaillé dans l'Almanach du Petit Troyen de 1929.

  Septembre 2014 - Ordre QG Armées de l'EstVoir l'image en grand Ordre du Grand Quartier Général des Armées de l’Est. Affiche 65x50 cm, texte imprimé en français et en allemand. Cote archive 2H15 Septembre 2014 - arrêté vente pigeonsVoir l'image en grand Arrêté interdisant tout commerce de pigeons vivants. Affiche 40x30 cm, imprimée et publiée par la Ville de Troyes en 1915 | Cote archive 2H15

Les populations civiles sont elles aussi soumises à une surveillance constante. Ainsi, en septembre 1915, la préfecture de l’Aube prend un arrêté visant à interdire le colportage, le transport et la vente de pigeons vivants par crainte que ceux-ci soient employés pour transmettre des informations sensibles. Il faut rappeler que le nord la Champagne-Ardenne est le théâtre d'affrontements tandis que le reste de la région, en seconde ligne, supporte directement l’effort de guerre en servant de base logistique. La zone des combats fait l'objet d'une surveillance particulière, le respect dû aux morts et aux blessés mais également les villages désertés par les fuyards poussent les autorités à prendre des mesures sévères contre les pillards potentiels. Troyes, mais aussi Sainte-Savine, abritent des centres hospitaliers de première importance où stationnent de nombreux soldats. Le peu de distance séparant le département de l’Aube du front a pu faire craindre que des pigeons-voyageurs ne soient employés pour faire passer des messages de manière rapide et sûre.

La lutte contre l’espionnage a largement participé à la formation d’une culture de guerre, ciment de la cohésion nationale durant les quatre années de conflit.

 

Cote archive : 2H15 & 2I79
Bibliographies : SERFASS Pierre, Une affaire d’espionnage à Troyes in Almanach du Petit Troyen, 1929, p. 217-228, AD988


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